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Rethy, un chef-d'oeuvre trop oublié de Langerock


Kasteel van Rethy - 2470 Retie



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  • Rethy est une sorte de folie assumée pour des industriels sur des terres royales. Dommage qu’il y ait toujours cette horrible ajoute à droite. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Maison de Convalescence Levenslust, façade avant, carte postale, ed. Anciens Ets Ern. Thill & Nels

  • Maison de Convalescence Levenslust, façade arrière, carte postale envoyée en 1970, ed. Anciens Ets Ern. Thill & Nels



Official Name Kasteel van Rethy
Location 2470 Retie
Construction 1901-1907
Style Néogothique
Architect Pierre Langerock (1859-1924)
Occupants MBM b.v.b.a.
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 17/04/2012


Quand le goût néo-gothique battait encore son plein à la fin de la Belle Époque.

Rethy, petit village de Campine posé à l’est d’Anvers près de la frontière hollandaise, a longtemps été en des mains illustres. Fief des puissants Berthout de Malines, seigneurs de Grimbergen, la terre fut achetée par les Rotselaer. Par le mariage de Isabelle de Rotselaer avec Michel de Croÿ, seigneur de Chièvres et Sempy, elle aboutit à Jean de Ligne, gouverneur de Frise, marié à Marguerite de la Marck. Les la Marck, seigneurs de Lummen (Reckheim) et leurs successeurs d’Arenberg se chargèrent de gérer les lieux, comme à Vorselaar et à Lichtaart, hérité des Croÿ. Rethy hérité par Charles-Eugène d’Arenberg et son épouse Marie de Cusance, comtesse de Champlitte (Beersel) cédèrent en 1660 cette terre contre 100.000 florins à Jean-Etienne prince de Spinola. Le fils de ce dernier, Jean-Baptiste, uni à Marie-Françoise de Cottrel, dame de Bois-de-Lessines hérita. Puis le bien fut géré par son petit-fils, Louis de Nevers. Celui-ci céda Rethy en 1754 à Jean-François de Vos qui le vendit à Antoine van Marcke de Lummen. À nouveau par vente, en 1779, le domaine fut offert sur un plateau d’argent trébuchant comme à Turnhout au célèbre homme d’affaires Joseph-François de Pestre, édificateur du château de Seneffe.


L’intérêt du premier roi

De la Révolution française jusqu’en 1853, il ne se passa guère de choses illustres en ces paysages sablonneux. À cette date Léopold Ier jamais avare de ses achats jeta son dévolu sur 358 ha à Rethy. Il les compléta aussitôt par 600 ha la même année. Comme à Houyet, à Ciergnon et ailleurs près de la Lesse, notre premier souverain acheta à tour de bras suivi ici par son fils Philippe (1837-1905), comte de Flandre. Ce dernier porta l’ensemble à 4.500 ha. Au décès du comte de Flandre, frère de Léopold II, 163 ha furent accordés à François du Four (1871-1945). Il était le fils d’Arthur du Four, époux de Joséphine Dessauer, dame qui descendait de l’imprimeur et éditeur Corbeels, créateur de l’entreprise Brepols. Il fut guillotiné à Tournai. Ses affaires furent reprises par un Brepols, puis par plusieurs Dierckx avant de passer aux Dessauer et enfin aux du Four. L’ensemble de ce qui n’avait pas été vendu ou loti fut cédé au début des années 1970 à la province d’Anvers



Long chantier

Le château de l’architecte louvaniste Pierre Langerock (1859-1924) a été édifié entre 1901 (pierre gravée sur la terrasse) et 1907 selon une carte postale datée qui montre encore les échafaudages accrochés aux façades. François du Four, premier baron du nom (1929), fut mayeur de Turnhout et sénateur. Langerock, réputé comme restaurateur d’édifices anciens, était un chantre de l’art gothique brabançon, parfois flamboyant, revu à la sauce éclectique. Par là il était comme certains un défenseur de l’historicisme et des valeurs chrétiennes de cet art. Béthune, Van Assche, Van Kerchoven, Vaerwijck, Schadde, Helleputte et d’autres architectes agissaient parfois dans le même sens philosophique face aux idées libérales ou socialistes. Langerock construisit ensuite, de 1909 à 1911 le château de Westerlo. Il a travaillé aux châteaux de Ham-sur-Heure, de Hovorst, de Leefdael, de Rullingen. De manière plus visible, il créa la gare de Binche alors que Janlet rencontré au château des Cailloux à Jodoigne y avait dessiné la Poste et l’abbaye du Mont-César à Louvain.


Coup de cœur d’un particulier

Après la Seconde Guerre mondiale, le bien fut vendu par les huit enfants du couple François du Four-Germaine Herry, fille du bourgmestre de Saint-Denis-Westrem et de la baronne de Löen d’Enschedé (Faing). En 1948, la Centrale Chrétienne des Travailleurs du Diamant s’en porta acquéreur avec 27 ha. Jules Mermans acheta ensuite le domaine réduit à 16 ha en 1989. Pendant dix ans le château a été restauré. Posé sur un épais soubassement de pierre bleue il est élevé sur deux niveaux couverts totalement en briques et décorés de bandeaux de pierre blanche. À l’avant le corps central précédé par une large terrasse est limité au sud par une haute tour carrée à toiture bulbeuse. À l’arrière le logis est organisé en U par la présence de deux avancées sommées de pignons à gradins. Les avancées sont reliées entre elles au rez par un bow-window de trois travées. Le château est à l’évidence remarquable par la diversité de ses motifs décoratifs. Baies à croisées ou de style gothique, cheminées torsadées, pinacles variées, lucarnes élaborées, fers forgés et autre pierre bleue taillée comme de la dentelle ajoutent du bonheur à cette demeure pleine de fantaisie où des animaux dignes de Brueghel d’Enfer surgissent en divers endroits.



On ne visite pas. Le château se voit depuis les allées publiques.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel III,  Hobonia 1989