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Humelghem tient à sa devise : endurer pour durer


Kasteel van Humelgem - 1820 Steenokkerzeel



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  • © Philippe Farcy

  • De sombres et anciens conflits locaux poussent Humelghem sur la piste de la mort annoncée. Lamentable commune. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Kasteel van Humelgem
Location 1820 Steenokkerzeel
Construction 1872-1874
Style Éclectique, néorenaissance flamande
Architect
Occupants Gemeente Steenokkerzeel
Allocation Service de la Jeunesse
Protection Bien classé le 22 septembre 1982

Last udpate: 04/01/2013


Posté à l’opposé de Diegem, ce château subit les arrivées d’avions à Zaventhem.




Dans le fronton qui surmonte la porte d’entrée du château de Humelghem, on voit un blason. En haut vole une colombe tenant un rameau d’olivier. C’est à l’évidence un message de paix. En bas, un damier que l’on appelle dans le jargon héraldique un échiqueté évoque évidemment un jeu d’échec. Humelghem c’est un peu tout cela. Le château demande la paix et donc la prospérité mais on lui offre comme avenir une impasse dans laquelle il perd et manque de mourir si on ne fait rien pour lui. Pour couronner l’ensemble, la devise placée sous l’écusson dit ceci : « Endurer pour Durer ».


Spectacle affligeant


Pouvait-on mieux écrire à voir le spectacle affligeant de cette demeure de qualité et de style éclectique où l’art de la Renaissance et le monde baroque voisinent avec un bonheur certain ? Certes non. Le comble vient de ce que ce château appartient à la commune de Steenokkerzeel qui n’en fait rien et qui voulait même jadis abattre le bâtiment pour y construire sans doute quelque chose de moderne et de fonctionnel.


Heureusement que les autorités flamandes en charge du patrimoine firent le nécessaire pour bloquer tout projet qui ne respecterait pas le site dont la qualité est évidente. Afin de protéger ce qu’il reste du parc (public) et des abords où prennent place une belle église du XVIe siècle, un ancien colombier du même âge absolument étonnant et quelques jolies maisons, le ministre d’alors fit classer le château en date du 22 septembre 1982 (Moniteur du 8 février 1983). Voilà qui stoppa les projets sans donner raison à la colombe. Depuis lors les faucons rôdent sur l’échiquier cadastral en attendant que la vieille bâtisse lâche prise. Ils avaient oublié la devise !


Le bien d’un Gantois



Cette maison de campagne avait été érigée par Jules de Kerchove d’Exaerde, conseiller à la Cour des Comptes. Né à Bruxelles en 1830, il décéda ici le 22 février 1901. Jules était le fils aîné d’Emmanuel et d’Eulalie Claessens. Il épousa Aline Kenens (1836-1866) dont le père possédait le château de Hénégouw à Hasselt.


Décès et remariage mal perçu


Vivant à Bruxelles, le couple eut deux filles. Mais sa femme vint à mourir. Après quatre années de solitude, Jules convola à nouveau et cette fois avec Marie Wartel (1843-1894), demoiselle « de petite extraction » ce qui provoqua l’ire de la famille et poussa le couple à s’exiler, nous confiait le baron Réginald de Kerchove d’Ousselghem. Illico Jules et sa femme se décidèrent à quitter la capitale pour les campagnes de Humelghem. Jules se fit construire cette maison. « La demeure n’est pas immense mais bienvenue pour les trois enfants qui allaient naître », comme nous l’apprenait Werner de Kerchove d’Exaerde.



Touché par la politique


Le 24 octobre 1874, la famille s’installa dans ses murs. M. de Kerchove se lança tout de go dans la politique avec l’appui de son voisin le marquis de Croix d’Heuchin, châtelain du Ham à Steenokkerzeel et de son épouse née Antoinette de Durfort-Civrac. Les de Croix sont de l’Artois, alliés aux Bryas (Morialmé) et aux Locquenghien-Pamele (Meerbeke). Jules de Kerchove sera mayeur de Steenokkerzeel en 1882. Il mourra d’ailleurs porteur de l’écharpe maïorale. Dès son décès survenu, le château fut vendu. Les de Croix s’en emparèrent afin d’installer des religieuses françaises chassées par la loi Combes. Dans l’entre-deux-guerres, le château devint un restaurant puis partiellement un hôtel après 1945. On y installa ensuite une colonie de vacances. En 1954 la mairie acheta le bien.



Festival éclectique


Du point de vue architectural, le château construit en briques et sans doute de pierres de Grimberghen est centré au sud sur la tour couverte en bâtière. Cette face sud compte six travées, plus un édicule à l’ouest d’un seul niveau. Le bâtiment grimpe sur deux niveaux posés sur un soubassement à jours rectangulaires. La tour compte cinq niveaux terminés par un léger encorbellement où les angles sont limités par des échauguettes. Sa toiture en bâtière remplace un clocheton ajouré à huit pans sommé d’un bulbe. Les arêtes des façades sont chaînées. Par contre, les baies aux arcs en plein cintre sont décorées de jambages alternés. Les deux travées orientées à l’est sont posées en légère avancée et les deux niveaux sont couronnés par un fronton de deux niveaux à crénelage. La face est comporte deux travées dont une aveugle mais garnie d’une cheminée qui se donne des airs de contrefort.

La façade nord compte elle aussi six travées. Le massif central en avancée est couvert d’une toiture d’où émerge une lucarne en forme de pinacle d’esprit Renaissance.


Visites extérieures possibles.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004