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Bouchout, un paradis de la nature


Kasteel van Bouchout/Château de Bouchout - 1860 Meise



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  • Le châteaux des Beauffort reste magnifique de prestance. Le site du Jardin botanique est à voir et à revoir. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Kasteel van Bouchout/Château de Bouchout
Location 1860 Meise
Construction XVIe et XVIIe siècles; 1832; restaurations en 1985-1988.
Style Médiéval et éclectique
Architect 1832: Tilman François Suys
Occupants Jardin Botanique de Belgique
Allocation Bureaux, lieu d'expositions
Protection Bien classé comme site le 7 août 1967

Last udpate: 04/01/2013


Une forteresse pour protéger plantes et oiseaux

À une encablure de Laeken, le site royal de Bouchout (Bois de Hêtres) donne à Meise un prestige incomparable. Déjà Alphonse Wauters en 1850 ne tarissait pas d’éloges sur ce site remarquable où les personnages les plus illustres du duché de Brabant puis de la jeune Belgique croisèrent sinon le fer du moins leurs esprits et sans doute leurs destins. Le dernier en date fut celui de la princesse de Belgique et impératrice du Mexique Charlotte, fille de Léopold Ier et de Louise-Marie de Bourbon-Orléans, dont le convoi funèbre traversa durant l’hiver 1927 le parc pour s’en aller vers le panthéon de nos souverains. Tout était blanc. On ne voyait que le noir du corbillard tiré par des chevaux. Avec Charlotte décédée à 87 ans, s’en allaient sept siècles d’histoire.


Interventions de Suys

Meise aime le blanc comme les façades enroulées des tours à crénelages, comme les tapis de petites marguerites qui poussent au printemps quand les lames mécaniques ne sont pas venues couper le surplus de vie d’un gazon généreux. Les parties les plus anciennes du château remontent au XIIe siècle. Aux XVIe et XVIIe siècles, on le transforma un peu pour lui donner des airs de plaisance. Mais c’est surtout au XIXe siècle sous l’impulsion du marquis de Beauffort que le château fut amélioré pour rejoindre la modernité de l’époque. L’architecte ostendais Suys (1783-1861) qui venait de travailler au palais royal de Bruxelles, qui allait aménager l’aile droite du palais d’Arenberg et qui achevait la construction du château de Mariemont pour les Warocqué, fut appelé. Ce chantier marqua pour l’architecte le passage de son goût néoclassique vers l’éclectisme.


Tours arrondies

Le château entouré d’eau compte trois ailes limitées à chaque fois par des tours cornières presque en hors d’œuvre et arrondies, exception faite du donjon sud; il est de forme carrée. À l’est, l’angle droit de la cour est calé par une autre tour carrée ornée d’une tourelle d’escalier à six pans menant à une terrasse. Chaque aile comporte par ailleurs une tour médiane en demi-cercle. Meise est érigé en pierre blanche alors que la cour intérieure est couverte de briques animées de bandeaux. L’aile donnant sur la drève d’accès compte cinq travées tout comme celle donnant sur l’ouest. Le château s’élève sur deux niveaux posés sur de hauts soubassements de caves. Les tours grimpent sur trois niveaux parfois séparés par des bandeaux larmiers. Suys dessina aussi les réseaux d’arcatures et le bel encadrement de la porte d’entrée.



Mariages intelligents

Si le village de Meise relevait en grande partie des Berthout, sires de Grimbergen, le château de Bouchout dépendait directement et dès le Moyen Âge des ducs de Brabant. Ceux-ci octroyèrent aux Crainhem le droit d’ériger une demeure destinée à surveiller les puissants voisins Berthout. Cela nous placerait vers 1150-1170. Les Crainhem étaient de très fidèles sujets des ducs de Brabant. On les trouvait alors sires de Saventhem, Sterrebeek et bien sûr de Crainhem. Plus tard par des mariages intelligents, ils devinrent seigneurs d’Anderlecht, à Dilbeek, à Wambeek, de Ruysbroeck, Goyck et Wemmel. Les Crainhem devenus Bouchout gardèrent la maîtrise du domaine jusqu’au décès de Marguerite de Bouchout qui survint en 1472. Elle releva le domaine en 1465. Elle était fille de Daniel et de Marguerite de Poucques. Elle avait surtout épousé Evrard de la Marck, sire d’Arenberg, frère de Guillaume et de Robert. Evrard sera gouverneur du Luxembourg, de Chiny et de La Roche. Veuf, Evrard (+ en 1496) devint capitaine de la ville de Bruxelles en attendant le majorat de son fils, un autre Evrard qui allait épouser Marguerite de Hornes, famille rivale des la Marck. Evrard avait entre-temps renoncé à ses droits sur Bouchout en faveur de son frère Robert, sire d’Arenberg et de Mirwart. Ce Robert, décédé en 1541 est l’aïeul de tous les Arenberg actuels. Mais c’est aussi lui qui allait aliéner les domaines de Bouchout et bien d’autres encore.

Bouchout passa alors à Maximilien Transilvain, secrétaire du Conseil privé du Brabant. Sa première fille Jeanne, unie à un Veltwijck, hérita de ceci tandis que son autre fille Marie, épouse de Bernard de Merode, reprenait le château de Houthem à Raemsdonck. C’est Jeanne qui, avant le 23 février 1590, vendit Bouchout à Christophe d’Assonville, seigneur de Hauteville. Ambassadeur du roi d’Espagne, ce nouveau seigneur procéda à des embellissements. Pour lui, les archiducs Albert et Isabelle firent de Bouchout une baronnie. Le domaine passa au fils d’Assonville puis à la fille de ce dernier, mariée à Jérôme de France, sire de Noyelles-Wion en Artois. Une génération passa et le bien fut remis en vente. Ferdinand Roose, sire de Ham, Froidmont, Jemeppe, Loupoigne et Baisy devint vers 1678 seigneur de Bouchout (Zorgvliet). Son père était seigneur de Seclin, en France, et son cousin fut le premier baron de Leeuw-Saint-Pierre. À la mort de Ferdinand, le territoire fut laissé à un neveu et jusqu’au milieu du XIXe siècle, Bouchout resta dans la famille Roose. La dernière des Roose, Marie-Elisabeth avait épousé le comte Louis de Beauffort (1806-1858), fils du marquis Philippe, titre français, et de la comtesse Jeanne de Wignacourt. Les Roose de Baisy offraient aux Beauffort les châteaux de Bouchout et de Mielmont. En 1879, le fils de Louis, Amédée (1834-1914) fait marquis de Beauffort (titre belge de 1897), marié à la comtesse Emilie de Marnix de Sainte-Aldegonde, céda cette terre au roi Léopold II qui cherchait avec insistance une résidence digne d’accueillir une impératrice : sa sœur. Depuis 1935 l’Etat belge est propriétaire du domaine qui s’étend sur 98 hectares fort bien tenus.



Visites furieusement conseillées. L’endroit est magnifique.



 


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel V, Hobonia 1993
J.G. de Brouwere, Un phénomène curieux en matière de quartiers généalogiques. Biographie et ascendance du lieutenant colonel Abel Tillier, officier d’ordonnance de l’impératrice Charlotte du Mexique et commandant du Palais Royal de Boechout à Meise, Le Parchemin, n° 210, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 1980 
Alphonse Wauters, Histoire des Environs de Bruxelles ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette ville 1855