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Oulhaye, tout le calme hesbignon


Château d'Oulhaye - 4470 Saint-Georges-sur-Meuse



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Category : Information Business Events
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  • © Philippe Farcy

  • Face d'accès © Philippe Farcy

  • Tableau ancien



Official Name Château d'Oulhaye
Location 4470 Saint-Georges-sur-Meuse
Construction
Style
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection

Last udpate: 24/03/2013


En 1963, Maurice Yans qui était un des grands archivistes de Belgique, publia dans le BIAL (Bulletin de l'Institut Archéologique Liégeois), une longue note relative à la seigneurie d'Oulhaye, sur la commune de Saint-Georges. Le château et sa ferme attenante se trouvent à moins d'un kilomètre du château de Warfusée (aux comtes d’Oultremont). Yans qui eut accès aux documents anciens a tout dit de ce lieu et de son passé par fois fort bousculé. Il se fait que Oulhaye que l'on écrivait jadis Houlhée ou Oulhée, était à la fin du Moyen-Age une sorte de donjon surveillant une zone intermédiaire entre la vallée de la Meuse et le plateau hesbignon. Entre les deux on trouve ici comme à Vezin ou ailleurs en bordure du fleuve, des vallons et des bosses bien indiqués aux temps jadis pour recevoir des tours de défense. Oulhaye était dans ce cas. Et le donjon primitif dont il ne reste pas grand chose fut intégré au XVIe siècle dans une résidence plus civilisée, transformée encore aux deux siècles suivants.

Maurice Yans cite pour ces temps reculés les Royer puis les Staskin comme serviteurs du lieu. En 1597 apparaît Jean Libon marié à Jeanne Jamar, issus de familles de marchands liégeois et hutois qui investissent leurs économies dans les campagnes. Leur fils Jean suivra comme seigneur de cette terre. Mais à sa mort en 1637, les dettes sont telles que sa veuve, née Marguerite Gosuin, doit vendre par enchères pour entretenir ses six enfants. La description du lot fait état d'une « maison, forteresse, graingne, tourres, stableries.... » accompagnés de soixante bonniers de terres arables plus dix huit bonniers de jardins et deux viviers. La mise à prix fut de 6.000 florins brabant liégeois. Et c'est le frère du défunt qui acheta aux conditions imposées. Il se nommait Mathieu Libon. Mais l'oncle ne garda Oulhaye que trois ans car il vendit dès le 20 octobre 1640 à Gilles de Nollet, propriétaire alors du château de Gaillarmont (fait découvert en écrivant cette notice; Gaillarmont est devenu de nos jours un hôpital dit« des Bruyères » vers Fléron), mis en gage pour assurer la bonne fin de l'affaire. Gilles faisait partie d'une famille qui allait posséder les fiefs de Bodeux et de Thon. La vente de Oulhaye se conclut à 20.500 florins.


Mais les beaux jours de Oulhaye allaient s'effacer pour causes de troubles militaires. Jusqu'à la fin du siècle le château sera très malmené à quatre reprises au point d'être totalement délabré. Le 17 novembre 1696, Gilles qui a pourtant un fils Jean cède le domaine au capitaine d'infanterie Antoine Dainsac ou d'Ainsa (orthographe variable) avec des clauses de retrait lignager dont vont profiter le 18 avril 1701 le couple Charles Collijns-Anne-Gertrude de Nollet, seigneur et dame de Tarsienne (Tarcienne). Le couple agissait de pair avec le capitaine de cavalerie Gaspard de Henne, au service du roi de France. Les trois repreneurs versèrent 11.600 florins à Dainsac, chez Pierre Degrady, échevin de Liège. Mais dès le 10 mai suivant les Collijns se retiraient laissant à Henne les charges du domaine.

Les Henne étaient des tanneurs fort prospères installés à Liège. Gaspard allait se marier avec Marie-Catherine de Bormans de Hasselbrouck, dont un parent possédait le château de Goyer (Jeuk). Le couple disparut vers 1640-1645 laissant deux filles. L'une épousa son cousin Laurent de Bormans sire de Cortis puis de Corswarem et l'autre Albert de Leyten, sire de Corbeaumont. Trente ans plus tard, en 1772, Agnès-Françoise de Henne, veuve de Laurent et son beau-frère Leyten se partagèrent Oulhaye avec ses 75 bonniers. En 1773, Leyten vendit ses biens à la douairière de Florent comte d'Oultremont, née comtesse de Lannoy-Clervaux pour 20.381 florins mais Agnès-Françoise se servit du retrait lignager pour racheter le lot en versant 169 florins de dépends. Warfusée ne fut pas agrandi de ce fait.

On se demande pourquoi la veuve Bormans racheta car elle n'avait pas d'enfant. Quand elle vint à mourir près de Saint-Remacle à Liège, en janvier 1789, ses biens passèrent à sa nièce Marie-Thérèse qui avait épousé Michel-François, baron de Selys-Fanson (1759-1837). Le 19 janvier 1815, les Selys vendirent Oulhaye à Jeanne Jamar de Montfort (1747-1829), veuve de Léonard Minette. Depuis lors la maison est restée dans la descendance directe de ce couple qui eut huit enfants. Les alliances Minette d'Oulhaye (ajout d'Oulhaye en 1927; titre de comte romain octroyé en 1884 à Léopold 1830-1905 par le pape Léon XIII) furent de plus en plus belles allant des Theux aux Macar, des d’Aspremont aux Pitteurs en passant par les Gillès (du château de s'Gravenwezel) pour atteindre le sommet chez les Croÿ. Notons encore que les terres d'Oulhaye riches en surface ne l'étaient pas moins en sous-sol car on y trouvait des filons de charbon dont Paul-Hubert le Bussy avait en partie la charge comme en témoigne la déclaration de succession signée avec son épouse Anne-Marie Donnéa d'Arcis vers 1829. Les Bussy dont la famille avait fait fortune dans la houille depuis le XVIe siècle donnèrent des marchands de fer, de plomb et d'alun et aussi un gouverneur du Kasaï. Un de leurs descendants est Olivier le Bussy, journaliste au quotidien La Libre Belgique.

Une chapelle se trouvait dans la partie nord du château, à droite du perron. Les deux tours carrées engagées sont de style et d'époque mosan du XVIIe siècle. La ferme est elle aussi de très belle qualité. Trois tours circulaires en agrémentent les coins. Un grand portail donne vers le parc au sud où paissent de nombreuses vaches au milieu de très beaux arbres dont un majestueux hêtre pourpre.

On ne visite pas.



SOURCES
:
Philippe Farcy
Maurice Yans, Le château et le bien rural d’Oulhaye à Saint-Georges-sur-Meuse, Institut Archéologique Liégeois, tome LIV, janvier-août 1963, pp. 55-84