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Breuze tout en lumière


Château de Breuze - 7543 Mourcourt (Tournai)



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  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Avant 1876

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Breuze
Location 7543 Mourcourt (Tournai)
Construction 1877
Style
Architect Désiré Limbourg
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 04/01/2013


Le château de Breuze date de 1877. Il est l’œuvre de Désiré Limbourg et fut bâti à côté d’un ancien château.

Nous revoici dans les environs de Tournai, en pleine campagne dans un lieu qui abrite une demeure élégante et sobre, très moderne en son temps notamment grâce aux larges baies privées de petits bois qui donnent un effet de mariage entre l’intérieur et l’extérieur. Cette touche naturaliste a été possible quand l’architecte imagina en plusieurs endroits de placer les cheminées à bois sous les baies. Point de manteau donc, sinon de grandes vitres qui vous projettent au dehors. Les conduits des cheminées filent par les côtés. C’est ingénieux. Tout ceci conserve une évidente fraîcheur et la lumière donne de la joie de vivre.

Le château est inscrit dans un petit parc et est posé en partie sur une motte faussement défensive ce qui lui permet d’être ceinturé d’eau au sud et en partie à l’ouest. La maison a été installée juste à côté de l’ancien château dont on voit encore les bases des tours circulaires. Elles font partie maintenant de la ferme datée de 1741 et qui jouxte le castel. De l’eau vient protéger la ferme castrale également, du moins sur deux de ses flancs.

De la seigneurie ancienne on ne sait guère de choses sinon qu’elle appartint aux comtes de Lannoy. Baudignies qui est assez proche possède une histoire bien plus charpentée. Le village où se trouve la demeure est cité dans les Albums de Croÿ, mais on n’y voit guère de château. Pourtant il existait et d’autant plus que l’on sait que l’arrière-grand-mère de l’actuelle propriétaire l’avait fait raser pour ériger ce que l’on voit encore. L’architecte choisi était un des meilleurs représentants de l’éclectisme entre Tournai et Bruxelles; il s’agissait de Désiré Limbourg (1810-1894), élève du très célèbre architecte Bruno Renard. Ces deux artistes étaient natifs de Tournai il faut le dire. Il est possible que cela favorisât le choix de Limbourg qui avait déjà à son actif une belle série de commandes prestigieuses.

La maison est de plan partiellement massé. A l’arrière on trouve quand même une aile de retour de deux travées ce qui donne à l’ensemble une forme de L ponctué par trois tours engagées. Les deux tours du sud et de l’ouest sont circulaires et sommées de toitures en poivrière. La troisième est à six pans et couverte d’une toiture du même ordre. Les toitures de la maison sont mansardées et elles sont protégées par des ardoises. Diverses lucarnes en arc surbaissé à clé sont parfois agrémentées parfois de boules sur consoles. Le château est totalement habillé de briques et de pierre blanche d’une origine incertaine. Cette dernière vient donner du mouvement à la bâtisse, notamment en partie centrale, vers l’accès situé au nord, où elle est abondante. La partie centrale dont question est en ressaut et limitées par deux pilastres à refends qui filent sur tous les niveaux et vont soutenir un chapiteau brisé où se logent les armoiries des édificateurs. Cette idée du ressaut est d’usage à l’arrière, mais les refends du devant deviennent ici des bossages et le fronton qui est complet, est vide de décor. Cette pierre blanche est typiquement décorative et elle donne un effet proche de ce que fut le décor du château de La Hulpe du temps des Béthune. Elle sert dès le départ pour le soubassement ajouré. On la retrouve ensuite aux encadrements des baies, entre chaque travée pour panneauter les murs et parfois elle sert pour des mascarons qui viennent se loger entre les bandeaux plats qui eux séparent les deux niveaux de la bâtisse. Elle fut employée encore pour des oeils de bœuf et aussi pour les trous de boulin. 

La date de 1877 est taillée dans cette pierre, de même que les chiffres H et V, pour Hespel et Vaillant. Ces chiffres se trouvent également aux ferronneries des baies du sous-sol. Le domaine avait été acheté (à qui ?), par César I Le Valliant du Châtelet, venu de France qui l’avait acquis pour son fils César II. Par mariages le bien passa aux d’Hespel puis aux Cossée de Maulde.


Breuze avant 1876


Le château de Breuze avait donc connu une existence avant son édification en 1877. Deux pierres sculptées portent cette date. La propriétaire des lieux nous a communiqué deux photographies anciennes très intéressantes. Elles montrent le château dans sa version du XVIIIe siècle. Sa position est délicate à établir par rapport à la ferme défensive dont les trois restes de tours d’angles circulaires témoignent de la grande taille ; un pont y mène, depuis le nord. Le château et la ferme sont actuellement sur une presqu’île commune.

D’après la propriétaire, le château du XVIIIe siècle était plus au sud, vers la fin de la pièce d’eau. Les deux photographies présentent deux ponts différents, à une seule arche en arc surbaissé. Un amenait les visiteurs à passer à travers une aile de retour en forme de pavillon d’angle carrossable. L’autre composé de schiste en partie basse et de briques, menait vers quoi ? Sans doute allait-il vers la ferme dont le terre-plein sud était alors plus vaste. A tout le moins, il menait à une aile de communs occidentale qui possédait peut-être son vis-à-vis.

La cause de la destruction du château n’est pas connue. Peut-être cette maison, jeune encore, quoique les fondations semblent par leur côté frustre remonter à plus loin que le XVIIIe siècle, était-elle considérée comme vétuste. Nous voyons que nous avons à faire à une résidence sobre et classique, élégante et en U grâce à l’apport de deux ailes en retour. La photo prise du sud-ouest livre à notre vue la bâtisse longue de onze travées montant sur deux niveaux et posée sur un très haut soubassement. La façade sud accueille une étroite porte d’entrée axiale et se poursuit par une terrasse. Les baies à petits-bois sont dotées pour certaines d’entre elles de volets en deux sections. La toiture est simple, en pavillon, à croupes et à coyaux. L’aile de retour de la maison affiche trois travées puis la demeure se poursuit vers le pavillon d’accès centré sur le passage en plein cintre somme d’une baie puis d’un fronton aveugle. La toiture de ce pavillon est à pignon débordant. Pour ce qui concerne la transmission du bien, en voici quelques éléments. En 1230 on trouvait en ce lieu un sire dit de Villers. Puis le bien échut à Gosuin de Lannoy, époux de Isabeau du Gardin. Sa descendante Marie de Lannoy épousa vers 1450 Antoine de Herrin ou d’Herain et le bien entra dans cette famille. En 1551, après trois générations de Herrin, une demoiselle Marguerite de Herrin noua alliance avec Andrien de Flechin.

Puis leur fille convola avec Adrien de Melun-Cottenes, des marquis de Cottenes. En 1708, les Melun qui vivaient à Paris vendirent les 4/5e de la propriété à Quentin de Vangermée qui avait acheté en 1707 le premier cinquième au marquis Jean-François de Saluces-Bernemicourt, vicomte de Thieuloy. Il résidait à Arras et avait hérité de cette part à travers son épouse, née Saluces comme lui et dernière de sa branche. Ensuite, les Vangermée transmirent Breuze à leur cousin le bailli de Léaucourt, né Jacques-Christophe Delis, en 1743. Enfin, en 1796, dès l’arrêt des troubles, le domaine fut vendu à Guislain-Joseph Le Vaillant du Châtelet, époux de demoiselle Marie-Louise de T’Serclaes-Tilly.

On ne visite pas.


SOURCES
:
Philippe Farcy