FR - NL - EN
HOME AGENDA CONTACT FAQ CHATEAU OWNER LOGIN

Saive, souvenir des comtes van den Steen


Château de Saive - 4317 Celles (Faimes)



Contact

Category : Information Business Events
First Name
Last Name
E-mail
Phone
Please enter CASTLE in the below field:



Official Name Château de Saive
Location 4317 Celles (Faimes)
Construction XIIIe siècle; XVe siècle; 1707
Style
Architect
Occupants
Allocation
Protection

Last udpate: 06/01/2013


Le château de Saive est une ancienne ferme qui monta en grade juste avant que les barons van den Steen n’achètent Jehay aux Merode. Saive perdit en importance alors.

L’histoire de Saive où il ne s’est presque rien passé est simplicime. Nous sommes juste à côté de Waremme, et à deux pas du château de Waleffes que le baron de Potesta continue à faire vivre avec intelligence et dynamisme. A Saives, que l’on écrivait jadis Sayves, ce sont les Gerbehaye (patronyme qui survit dans les Moreau de Gerbehaye) qui détinrent les premiers une seigneurie en ce lieu. Ceux-ci cédèrent, léguèrent ou vendirent leur bien au XVIIe siècle aux van den Steen.

Les van den Steen gardèrent Saives jusqu’en 1936 quand ils vendirent leur domaine à Monsieur Lambrechts dont la fille occupa le bien jusqu’à son décès survenu le 12 mai 2010. Elle géra avec bonhomie et détermination cette grande maison dont la puissante façade dissimule une ferme en carré. Le bien est à plaire du fait de l’absence de descendance directe, après avoir été offert à une école des environs de Waremme. Madame Georgette Lambrechts nous avait dit en août 2006 que son père, propriétaire terrien « avait pu acheter ce bien en 1936 car les comtes van den Steen qui détenaient ceci et qui habitaient en France, se faisaient construire une grande maison à Rome qui leur coûta un pont d’or. Il fallait financer le projet et Saives fut vendu ».

Quand les van den Steen arrivèrent ici nous étions en 1615. Si les van den Steen s’intéressèrent à la chose c’est qu’elle devait avoir de l’intérêt vu qu’ils en avaient beaucoup à déployer leur influence sur la principauté de Liège où ces descendants des Gand-Vilain, prirent dès le XVIe siècle une importance croissante. On les verra en effet occuper des charges considérables tant sur le plan religieux que dans la société civile. La famille a donné des chanoines tréfonciers à la cathédrale Saint-Lambert de Liège. Le tréfoncier était le troisième personnage écclésial de l’Etat derrière l’évêque qui en ces temps-là était souvent issu de la Maison des Wittelsbach et le grand-doyen. On vit à ce dernier poste les Groesbeeck ou les Bocholtz (noms choisis exprès car il existe encore en Hesbaye une ferme dite de Gerbehaye où leurs armes d’alliances trônent avec la date de 1619; cette ferme appartint au frère de Madame Georgette Lambrechts, qui était notaire). La famille van den Steen fournit à plusieurs reprises des conseillers au Conseil du Prince-Evêque (équivalent du gouvernement) et de multiples dignitaires à la cour. Leur rôle militaire fut moins éloquent.

Il faut savoir que les van den Steen possédaient le comté de Lombeecke, les vicomtés de Leuwe et de Denderleuwe. Ils achetèrent Jehay en 1720 aux Merode, délaissant alors Saives, car ils avaient des fermes à Jehay et à Bodegnée. En cette même année 1720, ils prirent le contrôle de la vicomté de Harduemont. On était alors du temps de Pierre van den Steen, époux de Gertrude de Thier. De leur union naquit entre autres Lambert-Amand, échevin de la souveraine et haute cour de justice de la principauté de Liège, du comté de Horn et de celui de Looz. Lambert-Amand allait épouser une liégeoise du duché de Luxembourg, à savoir Marie-Charlotte baronne de Trappé (1758-1808), dame de Losange, ce qui fit venir cette propriété dans la famille des van den Steen, laquelle a vendu ce château aux parents de la princesse Mathilde. Lesquels Trappé donnèrent leur nom au très intéressant et discret château de la Trapperie à Habay, propriété d’une princesse de Merode. Le fils du couple précité, Charles-Herman-Amand, né en 1781, sera propriétaire de Saives, entre autres bien sûr. Il fut auditeur au Conseil d’Etat sous le régime hollandais, sénateur en notre jeune Etat, gouverneur de la province de Liège, ministre plénipotentiaire à Rome. En 1846, le pape Grégoire XVI fit comtes tous les van den Steen en reconnaissance des services rendus par Charles-H.-A.. Ce dernier avait épousé une Grumsel d’Emale. Ce sont les aïeux des trois dernières jeunes, belles et ô combien délicieuses comtesses van den Steen de Jehay.

Pour ce qui regarde l’histoire de la demeure il faut encore signaler qu’elle avait été saisie en 1796 comme bien national mais que dès 1802, les van den Steen récupérèrent leur domaine de Saives. Ce hameau ne tient pas que dans la classe évidente et un peu froide de la demeure qui nous occupe. Saives c’est un ensemble composé de deux châteaux accolés l’un à l’autre (le second appartient aux Pecsteen) qui font face à une ravissante chapelle posée sur un monticule et qui était la chapelle castrale des comtes van den Steen.
 
Au-delà de la chapelle, quelques vieilles maisons viennent compléter un décor très délicat, classé comme site grâce à la chapelle (datée de 1754), ce qui laisse entendre que plus rien ne peut bouger par ici sur le plan visuel. La bâtisse est constituée d’un vaste quadrilatère des XVIIe et XVIIIe siècles. La façade d’accès ancestral, qui n’est plus guère d’usage de nos jours, a de quoi impressionner par sa longueur et la beauté du portail sommé des armes Steen-Méan, et datée de 1707. Mais avant d’accéder à ce corps de logis il faut passer une grille et effleurer une gueritte en briques, ronde et chapeautée de manière conique, en encorbellement corniche de briques rédentées et sommée d’une boule. Cette pièce d’architecture est rare sous nos contrées et jadis un mur amenait à la demeure.

On arrive alors sur le château, en longeant des balustrades ; il est composé de deux fausses tours carrées en net ressaut qui constituent deux ailes de retour vers la ferme. La maison est posée sur un haut soubassement de pierre bleue biseauté. L’édification liégeoise traditionnelle impose la brique et la pierre bleue pour les décors et les structures portantes aux arètes. Les baies sont à croisées et les montantssont plats, partout de ce côté mais aussi sur les flancs. Les étages sont inégaux et sous la corniche à modillons se trouve des jours carrés ou oblong selon les cas. Les toitures sont en pavillons à croupes couvertes d’Eternit. Georgette Lambrechts a fait don de son château à une école spéciale des environs de Waremme. Cette école cherche à liquéfier ce patrimoine qui en juillet 2011 était toujours à vendre auprès d'une étude de notaires de la dite ville de Waremme, avec près de trente hectares de terres.


L’essentiel se voit de la rue et Saive vaut le déplacement.


SOURCES
:
Philippe Farcy


HOMONYMIE
:
Vieux Château de Saive, 4671 Saive (Blégny)