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Grand-Marchin erre dans son Condroz


Château du Grand-Marchin - 4570 Marchin



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Category : Information Business Events
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  • © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne



Official Name Château du Grand-Marchin
Location 4570 Marchin
Construction XIXe siècle
Style
Architect
Occupants
Allocation
Protection

Last udpate: 12/04/2012


Un château qui n’est qu’un morceau de projet grandiose reste plongé dans une sorte d’indifférence ou plutôt de mal-être.

Grand-Marchin est un petit hameau proche de Marchin, comme on peut l’imaginer sans peine, dans le Condroz liégeois. Le château est méconnu parce que trop jeune et il ne fut pas traité dans le volume du patrimoine monumental de la Belgique sans doute pour cette raison. Il date des environs de 1875. C’est une bâtisse de qualité toute érigée en brique et pierre bleue comme le veut la tradition mosane que l’architecte d’alors a respectée. Le château en ce lieu est un morceau d’un bien plus grand ensemble. Le plan de base est conservé dans une famille proche de cette demeure qui aurait marqué le paysage de son empreinte. Là, il  est modeste et limité à une tour d’angle circulaire engagnée et une paire d’ailes de trois et quatre travées. La maison se signale d’abord par cette tour haute de quatre niveau, en ce compris le haut soubassement ajouré en pierre bleue réglée. Puis la tour grimpe en étant divisée par des bandeaux carrés ou en quart-de-rond pour la division entre le soubassement et le deuxième niveau qui est le rez de la résidence. Le quatrième niveau est posé en encorbellement et repose sur une corniche à modillons. La toiture en poivrière a fière allure. Elle file comme une flèche sur deux niveaux et se termine en débordant la corniche. De nombreuses lucarnes décore cette partie. On en trouve beaucoup d’autres sur les deux ailes du bâtiments, étagées là aussi sur deux niveaux au sein d’une toiture en batière. L’aile qui regarde à l’est se termine par un façade pignon et on ne trouve pas de chaînage aux arète ; et cette façade est quasiment aveugle, sinon une baie verticale fort mince. La raison en est simple car le projet était du double de la bâtisse actuelle. Ces chaînages se trouvent sur l’aile orientée au nord qui regarde donc vers Marchin. Les baies de cette partie qui compte trois travées sont comme ailleurs bordée de linteau chaînés et sommées de linteaux bombés à clé. Et la toiture de cette aile nord est constituée de la batière et d’une large croupe.

Qu’en est-il du château lui-même et de son histoire ? Les choses sont assez simples. Le domaine a été constitué sur les territoire du château de Marchin qui appartenait et appartient toujours aux comtes de Robiano. Il se fait que le présent château a été construit par la comtesse Victor de Robiano (1807-1864) qui une fois devenue veuve, a laissé Marchin et le magnifique château de Belle-Maison aux enfants nés du premier lit de son défunt mari (il avait vécu avec Louise de Namur d’Elzée de Dhuy (1812-1846), qui lui donna dix enfants). L’idée suivie par la comtesse Victor était de construire un château qui évoquât un château familial qui se trouvait dans le patrimoine de son père, le comte (au prédicat d’altesse illustrissime) André de Stolberg-Stolberg (1786-1863), ou de sa mère. La mère de Madame était née comtesse Anne de Hompesch-Bollheim (1802-1833). On a évoqué une ressemblance avec le château de Söden (près de Hanovre), mais Söden est un château baroque qui ressemble plus à un palais qu’autre chose. S’il fallait trouver un apparentement ce serait plutôt avec celui de Bollheim que les Hompesch allaient vendre en 1843 contre 86000 talers au duc Louis-Prosper d’Arenberg. Huit travées de chaque côté et à chaque coin une tour circulaire caractérisaient Bollheim. Ceci eut donné à Grand-Marchin son juste nom. Pour ce qui concerne Bollheim, les d’Arenberg délaissèrent ce bien et finirent par l’abattre vers 1882, le mobilier allant en partie à Neuwied et la bibliothèque à Schleiden (ancien château des La Marck au sud d’Aix dans l’Eifel, vendu par les d’Arenberg vers 1920 aux pères lazaristes). Pour ce qui concerne Söden, le comte André l’avait vendu en 1862. Il y avait donc là une double nostalgie pour la comtesse Victor de Robiano née comtesse Elise de Stolberg-Stolberg (1826-1901); elle vit le jour à Söden. Elle eut quatre fils et une fille. Par Gaëtan, elle est l’aïeule directe du comte de Robiano (Serge), ambassadeur honoraire du roi, né en 1922. La mort d’André Stolberg son père donna donc quelques moyens financiers à Elise et les projets, connus par un plan-rouleau (pas vu de nous) montrent que la comtesse avait l’ambition d’ériger un château imposant. Celui-ci n’est que le quart voire le cinquième du projet, arrêté faute de ressources financières suffisantes. Il devait y avoir un corps central en avancée et la demeure devait posséder quatre ailes complètes. Ce qui est certain c’est que la maison possède une vue extraordinaire, mais il lui manque une vraie terrasse pour pouvoir admirer la nature. Le château n’est pas classé donc tout est permis.

Revenons à la suite des propriétaires. Les Robiano allaient finalement vendre cette grande demeure au vicomte de Herbais de Thun et de Cambrai et à son épouse née Baglion de la Dufferie, qui résidaient dans le Hainaut alors ; le vicomte n’avait que 21 ans alors. Thun se trouve dans le Nord, près de Iwoui (France). Les Herbais possédaient aussi les châtaux de Kérestat (Finistère) et de Kervasdoué à 18 km de Guigamp. Les Herbais (titre des Pays-Bas du Sud) garderont Grand-Marchin cinquante ans, jusqu’en 1977. Depuis lors ce fut une succession de propriétaires. En vingt ans le château a changé au moins cinq fois de mains. Et il est à nouveau à plaire.


SOURCES:
Philippe Farcy