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Gingelom, souviens-toi de Surlet


Kasteel van Gingelom - 3890 Gingelom



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Category : Information Business Events
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  • Face arrière, carte postale ancienne, ed. Adrien Rietjens

  • Ferme du château © Philippe Farcy



Official Name Kasteel van Gingelom
Location 3890 Gingelom
Construction 1855
Style Néoclassique
Architect F. Paulussen
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Classé en 2003

Last udpate: 06/01/2013


Dans ce beau château classique liégeois vécut notre régent, Surlet de Chockier qui y mourut en 1839. La ferme voisine est remarquable.

Le village de Gingelom se situe non loin du Brabant, plus près encore de la province de Liège et se situe bien sûr au Limbourg. Nous sommes à côté de Velm, pas très loin de Saint-Trond et de l’autre côté à mons de quinze kilomètres de Hannut. Gingelom était une terre personnelle du prince-évêque de Liège. La terre a été mise en gage par l’Etat liégeois à une date inconnue, sans doute au début du XVIIe siècle, en faveur de la famille de Stiers, famille de la principauté.

En 1758 elle revint à la famille Surlet le Chokier. Il s’agissait alors d’Arnold-Nicolas de Surlet, père sans doute du futur régent. Le château était déjà construit car il est signalé en 1710. Ainsi le château devint le point d'attache du baron Erasme-Louis Surlet le Chokier (1769-1839). Le château fut son unique résidence nous signale Franz Aumann, notaire à Saint-Trond, qui précise que des travaux furent engagés en 1835. Il y aura deux autres campagnes de travaux en 1855 sous les ordres de l’architecte F. Paulussen à qui on doit les communs qui précèdent le château (sans le toucher physiquement) et encore en 1870. De cette dernière campagne il faut ajouter les ailes de retour sur la cour d’honneur, qui sont mitoyennes à la maison, et les tours à crenelages. On en compte quatre. Deux sont accolées au château et elles sont carrées. Deux autres se trouvent en bordure de propriété, sur le chemin communal ; elles sont à peine engagées dans les dépendances. Ces deux tours, plus petites que les deux autres sont hexagonales. Ceci dit, vu leur décor de pierre bleue panneauté et à refends et les baies du deuxième niveau en plein cintre, proches du vocabulaire employé par Paulussen en 1855, on peut se demander si ces deux petites tours n’ont pas été augmentées en 1870. Le château compte encore deux autres tours carrées et éngagées à toitures en pavillon, qui donnent sur le parc. Le château en tant que tel est une demeure classique sous toiture en pavillon à croupes couvertes d’ardoises. On y trouve deux niveaux et demi de résidences posés sur un mince soubassement ajouré. Les trois travées centrales sont en léger ressaut  dont les arètes supportent à travers des pilastres à chapiteaux doriques. Cette partie axiale dont les baies du bas sont en plein ciontre et à petits-bois rayonnants, supporte un fronton aux armes des Corswarem.

Sans entrer dans les détails de la vie du régent, il est juste bon de rappeler qu’en 1830-1831 il joua un rôle éminent dans l'indépendance de la Belgique en tant que président du Congrès National. Il avait été élu le 11 novembre 1830 à ce poste. Un peu plus tard en mars 1831, il devint le premier chef d'État de notre pays, par défaut, le temps de trouver un prince capable de gouverner la nation. C’est donc Surlet qui transféra le pouvoir au roi Léopold Ier le 21 juillet 1831. Surlet de Chokier fut aussi maire de Gingelom de 1824 jusqu'à sa mort. Dans le village il possédait de nombreuses terres agricoles et bien sûr la magnifique ferme dite de « Kamerijck » qui se trouve sur le flanc nord du château. Elle est classée et le château itou ; lui l’est depuis le 22 octobre 2001. Dans la ferme on trouve un bed-and-breakfast de belle qualité et une petite fabrique de bières qui portent le nom du baron de Surlet. La dite ferme est exploitée par Bernadette et Jean Lejeune depuis 1977 (www.regalys.be).

Le château pour sa part fut hérité à la mort de Surlet par son meilleur ami le gouverneur du Limbourg,  Jean-François Hennequin, car Surlet n’avait pas d’héritier direct. Son fils Charles passa la commande des travaux de 1855 à Paulussen. Et ce Charles eut une fille Jeanne Marie Cécile qui épousa le 23 décembre 1867 le duc Charles de Looz-Corswarem (1833-1911), ce qui fit entrer Gingelom dans le patrimoine de cette famille voisine pour le moins car elle détenait le château de Niel à quatre kilomètres d’ici. Lequel château a disparu, mais il en reste les dépendances. Jeanne Hennequin (1848-1892) avait eu pour mère Cécile Magnin. Charles lui avait eu pour mère une Lockhorst dont le père était sire de Bonlez. Charles et Jeanne n’eurent que deux filles, Cécile (1869-1942) et Hermine (1870-1952), décédées sans hoirs. A la suite de leur décès, le château fut vendu en 1954 aux aïeux des actuels propriétaires.

Notons que sous la période de leur père, le duc Charles, Gingelom a été habité durant les années 1880 par Henry Sandford (1823-1891), ministre plénipotentaire du président des Etats-Unis Abraham Lincoln. Sandford était un conseiller du roi Léopold II dans ses conquêtes territoriales au Congo. Il fut un personnage important à la Conférence de Berlin (1885-1886). En 1870 il fonda la ville qui porte son nom en Floride. Notons que dans le parc se trouve un petit pavillon blanc, carré, perdu dans les orties, où Henri Morton Stanley (1841-1904) venait se reposer. Sachant que le roi Léopold II avait ses habitudes au vieux château de Velm, on peut imaginer combien le sort du futur Congo fut discuté dans ce petit coin du Limbourg entre ces trois personnalités.


SOURCES:
Philippe Farcy
Egide Lismond en Katelijne Beerten, Mogelijke bescherming kasteeldomein Gingelom stuit op verzet: "Meest waardeloze kasteel van Zuid-Limburg", Nieuwsblad.be 19 januari 2002 http://www.nieuwsblad.be/article/detail.aspx?articleid=DEXA19012002_062