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Barse, cavalcades seigneuriales


Château de Barse - 4577 Vierset-Barse (Modave)



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  • Un coin de la cour intérieure © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Vue générale sud © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Façade côté Nationale 641 © Philippe Farcy



Official Name Château de Barse
Location 4577 Vierset-Barse (Modave)
Construction 1635; 1692
Style
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection

Last udpate: 06/01/2013


Le château ferme de Barse contrôle le Hoyoux et un coin où régnèrent des macralles.

De grandes familles en furent maîtresses depuis des temps fort reculés.

 

La vallée du Hoyoux peu longue mais riche en carrières de grès, est creusée par une rivière poissoneuse où les truites font la joie des pêcheurs quand les écrevisses enchantaient les riverains jusqu'il y a cinquante ans. Le captage des eaux par la Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux (aujourd'hui Vivaqua) a réduit le débit  de cette « rivière impétueuse faisant grand bruit » pour évoquer Saumery et ses « Délices du Païs de Liège » (1742). Mais les actuelles cascatelles offrent encore bien de la joie aux amateurs de cannes et de lignes et aux chasseurs d'images.

Le château que l'on admire toujours malgré le désagrément d'une route fort fréquentée est venu remplacer une forteresse implantée plus haut sur la rive droite. Elle est attestée dès le XIe siècle (1088, en une charte stavelotaine) et fut détruite en partie en 1313 par les Hutois précisait Jacques Delattre qui ajoutait dans son son volume « Les Derniers Seigneurs de Barse » qu'alors le bien était en main des Beaufort, dits de Barse. Ce premier château fut occupé malgré tout jusqu'en 1751, comme l'a prouvé naguère Alain Beydts. Cette lignée des Beaufort s'éteignit en 1345 par Wauthier. Sa soeur Agnès hérita et fit passer le domaine dans la famille des Ramelot. Par les dames, Barse échut ensuite aux d’Orjo, Dongelberg, Gesves et à nouveau aux Ramelot. Pour des raisons de confort sans doute, les seigneurs de l'endroit déplacèrent leur résidence principale dans la vallée au début du XVIe siècle selon les auteurs; il s'agissait alors des barons de Chrisgnée (ou Crisgnée) arrivés ici par mariage. Notons qu'il existait une deuxième tour forte en amont du présent château dont il reste également quelques vestiges.


Successions féminines

 

Les barons de Chrisgnée firent de belles alliances entre autres avec les Arschot-Schoonhoven et en 1704 avec Marie-Thérèse de Nassau-Corroy. Anne-Marie d'Arschot, devenue veuve de Gilles de Chrisgnée, releva la terre de Barse en 1688 puis elle épousa le comte Charles-Ernest d'Argenteau, sire de Mehaigne (près de Eghezée). Elle lui donna cinq enfants dont une fille qui devint baronne d'Harscamps. Du premier lit il ne vint pas de petits-enfants, alors le dernier Chrisgnée légua Barse en 1731 à l'un de ses demi-frères, Charles-Joseph, comte d'Argenteau. Il était chanoine tréfoncier de Liège, ce qui était la première place politique et religieuse après le prince-évêque. A sa mort en 1781, le tréfoncier fera hériter un neveu, Florimond-Claude d'Argenteau, fils d'Antoine (feld-maréchal) et de Thérèse de Rouveroit; à la condition qu'il se marie.



Fief des d’Argenteau

 

Florimond-Claude sera élevé à Lavaux-Sainte-Anne, à la charge d'ambassadeur et au titre de comte de Mercy-Argenteau par adoption, par volonté d’un oncle et désir d’une impératrice. Attaché de légation à Turin puis à Paris, sous les ordres de Kaunitz, on le verra ensuite à Saint-Petersbourg puis à Varsovie. En 1766, sur ordre de Marie-Thérèse il se retrouva à Paris.  Il y restera 24 ans et sera un confident pour Marie-Antoinette. En 1790, pour pallier à l'absence de la gouvernante des Pays-Bas du sud, l'empereur d'Autriche François II nomma le sire de Barse à ce poste intérimaire à Bruxelles. L'aile Argenteau du Musée d'Art Ancien de Bruxelles fait référence à notre personnage hutois qui habitait là, près de la Cour. Mais c'est comme ambassadeur à Londres que ce chevalier de la Toison d'Or mourra en 1794, non marié. Son neveu François comte de Mercy-Argenteau (1780-1869) hérita de tous ses biens et rentes seulement en 1802.  Il reprit donc Barse, puis Mehaigne, Eghezée, Saint-Germain, Lizen, Noville-sur-Mehaigne, Fologne, Momalle, Pondrôme et Tongrenelle et par son père mort en 1795, il reçut Ochain, Dongelberg, Pair, Roux-Miroir, Avennes et une moitié d'Abée (dont il finit par tout racheter). Sa mère lui laissait Argenteau où il rendit l'âme. Il allait acquérir Vierset en 1817.

A Paris, son hôtel particulier était l'actuelle ambassade de Belgique. Cette fortune considérable fut dilapidée par ses petits-fils en vingt ans. Barse fut vendu en 1880. Paul Delloye-Godin, maître de forges s'empara de ce lot. Par les filles, Barse passa aux Mélotte puis aux barons d'Otreppe de Bouvette et enfin aux barons de Crombrugghe. Un agent immobilier l'acheta ensuite à destination de sortes de mandarins chinois qui ne vinrent jamais. C'est alors que les Lanson en 1998, devinrent maîtres de céans.



Château-ferme en calcaire

 

Barse est un château ferme de plan irrégulier totalement fermé et dans lequel on accède par un porche en anse de panier situé sur la face sud regardant vers le château-ferme de Royseux. L'accès de la ferme s'effectue par l'ouest et sous un passage charretier couvert. L'ensemble du bâti est érigé en moellons de calcaire et la distinction entre haute et basse cour n'est guère évidente. La cour était jadis centrée sur un bassin évoqué par Saumery. Et l'accès au château s'effectuait en passant par le jardin fort bien planté d'ifs et de haies qui créaient des perspectives. Le logis est à dire vrai posé sur la face nord. On y compte douze travées sur deux niveaux sous une toiture en bâtière. Trois des quatre coins sont piqués d'une tour circulaire couverte d'une poivrière.  Celle du coin nord-est servait jadis de chapelle. La face sud côté intérieur est joliment animée d'oculi circulaires à quatre clés. La face orientale est datée 1692 tandis que celle du nord en sa partie gauche porte les ancres de 1635.

 

On ne visite pas.


SOURCES:
Marc Belvaux, Louise Goubau (1795-1855) et ses seize quartiers d’ascendance, Le Parchemin, 74e année, n° 384, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 2009
Philippe Farcy, En selle vers Barse, Vie de Château 444, LaLibre.be 25 avril 2008 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/417437/en-selle-vers-barse.html

Alain Beydts, Chronologie des monnaies découvertes sur le site du château féodal de Barse, Marchin « Bia Viyèdje », XII, 1990-1991, pp.14-23

Jacques Delattre, Les derniers seigneurs de Barse, causerie, Vyle 1990
Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738