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L'Hermitage ou le faste à l'état pur


Château de l'Hermitage - F-59163 Condé-sur-l'Escaut



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Category : Information Business Events
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  • Le plus beau château belge de France !



Official Name Château de l'Hermitage
Location F-59163 Condé-sur-l'Escaut
Construction 1545; 1718-1723; 1753; 1760-1772; 1784-1789
Style communs: Louis XV; château: Louis XVI
Architect Jean-Baptiste Chaussard
Occupants
Allocation Résidence privée; accès au public pour certaines manifestations et visites
Protection Bien classé le 9 décembre 1924

Last udpate: 20/10/2011


Les princes de Croÿ au premier rang de la modernité.


La terre de Condé était un ancien domaine des seigneurs de la Hamaide. Le domaine fut plus tard offert par Charles-Quint à un de ses généraux, Christophe de Roghendorf qui dut s’en séparer pour félonie. Il fit construire le premier pavillon de chasse. En 1560 le bien fut acheté par Marie de Montmorency, épouse de Charles de Lalaing. De là l’Hermitage passa par des alliances aux princes de Croÿ qui le conservèrent presque sans discontinuer jusqu’en 1965. En 1757 l’architecte Jean-Baptiste Chaussard, né en 1729 à Tonnerre et décédé en 1818 à Paris, livra les plans d’un nouveau château à son commanditaire. Il s’agissait du prince Emmanuel de Croÿ (1718-1784), gouverneur de Condé, futur maréchal de France. L’Hermitage fut longtemps pensé et lentement achevé; finalement il sera reconstruit de 1785 à 1789 juste avant la tourmente révolutionnaire.

Liens professionnels

Si Chaussard arrive près de nos terres de Bon-Secours et de Péruwelz, c’est grâce aux contacts noués par son maître à l’Académie et futur patron, l’architecte Contant d’Ivry. Ce dernier avait été appelé par le prince de Soubise récemment nommé gouverneur de Lille; il lui fit construire un hôtel particulier (détruit). Dans la foulée, Contant d’Ivry allait ériger pour le prince de Croÿ l’église Saint-Wasnon à Condé-sur-l’Escaut. Mais Chaussard n’était pas le seul sur ce coup fameux de l’Hermitage. Son maître avait donné des projets pour les communs datables entre 1751 et 1755. On sait aussi qu’un autre illustre collègue nommé Chevotet, qui travaillait aux dessins du parc de Beloeil, avait fourni au futur maréchal de Croÿ d’autres plans de maison et communs dès 1754. Même Gabriel sur proposition du roi de France fut approché et Louis XV lui aussi donna des avis sur les projets,s’intitulant du coup « architecte du prince de Croÿ ».

Tout pour la chasse

Le prince, qui avait épousé en 1741 Angélique d’Harcourt, était venu chasser en 1748 sur des terres ancestrales de sa famille. Il y avait hérité d’une maison de chasse datant de 1545, agrandie d’une aile entre 1718 et 1723. Voilà monseigneur désireux de se donner une jolie campagne et en 1757 après avoir consulté le Tout-Paris des architectes, il choisit Chaussard. Le 13 mai 1757, le contrat fut signé mais assez curieusement Emmanuel laissa le chantier à son fils Anne-Emmanuel, prince de Solre, âgé de... quatorze ans. Emmanuel allait encore commander à Chaussard le château de Uytkerque près de Bruges, en 1762 (détruit en 1790). Le château de l’Hermitage sera massé, presque carré, aux courbes rentrantes, centré sur un salon circulaire, avec des baies inscrites partout de manière à pouvoir suivre les chasses depuis les salons. C’est dans ce château que le 19 novembre 1757 le prince Emmanuel signera avec M. Desandrouin et le marquis de Cernay la création des Mines d’Anzin (Villers-sur-Lesse et Saint-Roch). Maître d’un huitième des mines, Croÿ allait s’enrichir considérablement. En 1772 le château sera inauguré en grandes pompes d’autant que le fiston s’était marié avec Frédérique princesse de Salm-Kyrbourg, fille de Philippe-Joseph et de Marie-Thérèse de Hornes, princesse d’Yssche. De 1784 à 1789, le château dût être reconstruit après qu’il se fut détérioré sérieusement. Anne-Emmanuel étant devenu duc de Croÿ, les sequins d’or lui tombèrent sur la tête. Il fallut 460.000 livres pour payer Chaussard à qui le prince n’avait pas retiré son estime. Il en reste ce que l’on voit aujourd’hui : une merveille. Confisqué, racheté par les Croÿ sous l’Empire, confisqué en 1919 car ils étaient regardés comme princes allemands (ils étaient en effet souverains de Dülmen depuis 1803), les Croÿ rachetèrent leur bien pour le vendre en 1965 au couple Antonini qui l’aura sauvé d’une
inéluctable ruine. Mme Antonini l’a revendu en février 2001 à un défenseur français du patrimoine qui restaure la demeure avec un sens parfait des sources historiques.


Édifice moderne


Le château est simple extérieurement. Le château est une masse oblongue aux angles arrondis. La façade ouest fait face aux communs de 1753. On s’en approche par un large escalier de deux volées qui conduit au perron. Des trois portes, celle du centre mène au vestibule. Il est suivi vers l’est par le grand salon central dont l’élévation s’achève par un plafond en forme de calotte applatie ceinturé par un étage de chambres et sommé par un belvédère. Le château construit totalement en pierre de France monte sur deux niveaux et demi posés sur un haut soubassement à bossages percé de jours carrés. Le niveau de réception est séparé de l’étage par un cordon larmier fort épais. L’ensemble de la bâtisse est couronné par une balustrade ajourée qui dissimule une toiture en plomb avec des pentes à 30°. À l’est le grand salon central est éclairé par un profond retour des ailes latérales. Cela crée une sorte de cour intérieure encadrée par deux tours rondes. Visites possibles sous conditions.

Le château s’admire depuis les grilles dans son parc de 14 hectares.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004