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La Tour, justement rafraîchie


Château de la Tour - 4130 Esneux



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  • © Philippe Farcy

  • Château de la Tour vu du Château du Fy © Philippe Farcy

  • Carte postale, ed. Anciens Ets. Ern. Thill

  • Hôtel du Château de la Tour, carte postale, ed. A. Dohmen

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de la Tour
Location 4130 Esneux
Construction XVIe au XVIIIe siècles
Style
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection

Last udpate: 06/01/2013


Sur la rive gauche de l’Ourthe, le château de la Tour joue la discrétion. Ce fut pourtant la plus importante seigneurie d’Esneux.


A Esneux on se trouvait jadis dans l’ancien duché de Limbourg. Esneux comme Sprimont et d’autres lieux tels Tavier, Villers-aux-Tours, La Chapelle, La Rimière et Baugnée, faisaient partie des seigneuries ducales dites« Au-delà des Bois », car elles ne touchaient pas directement le domaine de la capitale, à savoir Limbourg, près de Verviers. Louis Thiry suivit par Robert Dalem a donné l’histoire d’Esneux en détail, en étudiant les annexes d’Aywaille. Camille Simonis et Amédée de Ryckel les avaient précédés. Poswick allait les suivre. Les sources ne manquent donc pas pour qui voudrait s’enfoncer dans la profonde histoire de ce village qui ne comptait que quatre-vingt maisons jusqu’en 1750. Vu de 2011 c'est peu, mais à l'époque c'était un gros bourg. Cette terre avait une certaine importance stratégique du fait de sa proximité avec la principauté de Liège et les domaines stavelotains.

Les premiers seigneurs connus au château de la Tour furent les Duras. Cela nous place vers 1100-1125. Il faudra attendre 1192 pour voir apparaître leurs alliés sires de Walcourt. Mais dès 1314 (1300 selon Poswick) ce sont les d’Argenteau qui prirent la place, sans doute par achat. Notons que le château possédait bien une tour mais qu’il a perdu cet important appendice qui lui donne encore son nom, à la fin du XVIIe siècle lors d’une crue. Les d’Argenteau garderont Esneux dont ils portèrent le titre de comte d’Esneux depuis 1465, jusqu’en 1742. A cette date mourut Jean-Louis d’Argenteau. Sa femme lui succéda comme dame d’Esneux. Née Metternich de Mullenarck, elle alla mourir à Cologne en 1787. Le neveu de ce couple, Jules-Ferdinand baron de Rahier, dont la mère était née d’Argenteau hérita du bien en mars 1787. Puis il le laissa à sa nièce Marie-Antoinette de Rahier, décédée en 1816 à Liège, épouse du comte Philippe de Woestenraedt. Par son testament, faute d’avoir eu des enfants, elle laissa tous ses biens, dont Esneux à ses cousins germains comtes de Berlaymont, qui détenaient bien sûr Bormenville (Clavier) mais aussi Sterpenich (Autelbas).

En 1842, ces derniers et leur beau-frère le comte Charles de Bousies qui avait épousé une Berlaymont, vendirent le domaine qui comptait encore à la fin de l’Ancien Régime 165 bonniers (un bonnier vaut 92,40 ares) à Albert Simonis, mayeur d’Esneux, au nom de « La Tannerie d’Esneux ». Simonis devint personnellement propriétaire en 1857. Son fils puis ses petits-enfants reprirent le flambeau dont Mathilde Simonis épouse d’Alphonse Halflants au moins jusqu’en 1949. A la suite de leurs héritiers le château devint un restaurant. Depuis 2002 il est dans les mains de Garaï Coechea-Marin qui a mis fin à l’exploitation commerciale du site pour en faire une résidence privée.

La demeure pour ce qu’il en reste, est une curiosité par la façon dont elle est érigée. On y voit deux ailes accolées en long, l’une des XVIe et XVIIe siècles et l’autre du milieu du XVIIIe siècle. Elles sont chacune coudée vers le village, à l’est mais du côté occidental on ne voit qu’un coude. Dans l’aile la plus ancienne, vers l’avenue, les baies sont à meneau ou à croisée. Dans l’aile du XVIIIe siècle elles sont bien plus grandes pour se conformer aux règles du confort moderne, et à petits-bois. Puis il y a encore les toitures, en bâtière à croupe et coyaux vers la rivière qui cohabite avec une toiture mansardée vers l’est ornée de lucarnes à frontons triangulaires. La maison est postée à 50 mètres de la rivière. Elle donne une image plutôt trapue, à la limite de l’austérité mais elle a beaucoup gagné en clarté par sa restauration et son ravalement de façade. Les moellons de calcaire sont très majoritaires. Il y a parfois usage de moellons de grès. Jadis, le château était un des deux passages obligés pour aller vers la Meuse. Sauf à prendre une barque pour passer la rivière vers Tilff ce qui donnait droit à un payage aux sires de la Vaulx, il fallait passer par ici. Or, le voyage vers Hout-si-Plou puis vers Plainevaux et la Meuse à Seraing, s’effectuait à travers les arvôs et le passage couvert qui traversait l’immeuble, menant ensuite à une cour intérieure car on sait que l’aile sud-ouest a été démolie. Ce corridor défendu par des archères imposait un autre droit financier.



Les d’Argenteau, un sacrée famille.


La branche aînée des Argenteau d’Esseneux (Esneux) comme on l’écrit parfois s’éteignit dans les Bruce, comtes d’Aylesbury et d’Elgin, mais apparemment Esseneux était passé à la branche cadette. Ces Bruce (à qui l'on doit la fontaine de la place du Sablon à Bruxelles) sont ceux que l’on retrouve à Melsbroeck au château partiellement disparu de ce village, à ne pas confondre avec le « Cleyne Hoeve » dit aussi « Meerbeke ».

Le titre de «comte d’Esseneux» fut porté dès la fin du XVe siècle par Jean d’Argenteau, second fils de Guillaume, sire d’Argenteau, et de Marguerite de (Walcourt) Rochefort, nous dit le marquis de Trazegnies. Mais il fait partie de ces titres médiévaux que certains prenaient sans aucune lettre patente (au XVIe siècle, la branche aînée se donna du «prince de Montgléon»). La terre d’Esseneux se trouve chez les Argenteau dès le grand-père de Guillaume (mort en 1363), soit Gérard Ier d’Argenteau, époux de Philippa de Grandpré, dame d’Houffalize, laquelle était l’héritière d’une des plus illustres maisons du Moyen Age européen. Sa sœur cadette avait épousé Wauthier de Walcourt-Rochefort. Ces cousinages expliquent sans doute comment Esseneux est passé des Rochefort aux Argenteau ».


SOURCES:
Philippe Farcy
Amédée de Ryckel, Les communes de la province de Liège, Ed. Culture et Civilisation 1979

Robert Dalem, Petite histoire des anciens hameaux d’Esneux et de ses lieux-dits habités, Editions Petitpas 1976
Robert Dalem, Esneux dans le passé, 1954
Robert Dalem, Abrégé de l’histoire d’Esneux, 1938
Dr Louis Thiry, Histoire de l'ancienne seigneurie et commune d'Aywaille (5 tomes), 1937
Eugène Poswick, Histoire de la seigneurie libre et impériale d’Argenteau et de la maison de ce nom, aujourd’hui Mercy-Argenteau, Imprimerie Lins 1905

Camille Simonis, La seigneurie et le comté d’Esneux, Bulletin de l’Institut Archéologique Liégeois, tome 24, 1894, édité en 1895, p. 217