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Autelbas, entrée et ruines


Château d'Autelbas - 6706 Autelbas (Arlon)



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  • © Philippe Farcy

  • Entrée © Philippe Farcy

  • Ruines © Philippe Farcy



Official Name Château d'Autelbas
Location 6706 Autelbas (Arlon)
Construction
Style
Architect 1990: A. Vigneron & R. Louppe
Occupants "Vivre à Barnich" a.s.b.l. (bail emphytéotique)
Allocation Ruines
Protection Classé

Last udpate: 12/01/2013


Le château fort d’Autelbas, posé au sud d’Arlon évoque l’illustre famille d’Autel. Le château est en ruine ; la faute récente à des gens peu scrupuleux.


Edmond Jaaques, fermier de son état, est depuis quelques années le propriétaire du château d’Autelbas. Il en possédait la ferme depuis bien plus longtemps et un jour l’opportunité lui fut offerte de réunir les deux lots qui n’auraient jamais dû être séparés. Le site d’Autelbas est un château-ferme. Il reste remarquable malgré l’état piteux du castel, fière bâtisse de plaine qui eut trois tours d’angles attestées par des fouilles récentes menées par la Région wallonne. Il en reste deux pour ce qui fut un édifice de quatre côtés. Il évoque encore avec tout le romantisme que l’on imagine, la grandeur d’une famille illustre du marquisat d’Arlon et partant, du duché de Luxembourg. Emile Tandel dans ses publications des années 1880-1890 consacrées aux communes luxembourgeoises donne à cette famille une place de choix. Le nom du village était écrit Elter en 1214, Altare en 1223 et Autel en 1257.

Le village est presque à mi-distance entre Sterpenich et Clairefontaine. Le plus ancien site connu avec une présence des d’Autel est Lahr, actuel Tiercelet, à 20 km au sud de Esch-sur-Alzette. Le premier illustre membre de la famille fut semble-t-il Jean-Frédéric d’Autel mort à la bataille de Bouvines. En 1214, Simon d’Autel était présent aux noces d’Ermesinde de Luxembourg (fondatrice de l’abbaye de Clairefontaine), avec Walran de Limbourg. Les d’Autel furent très tôt prévôt d’Arlon. Très en cours, les d’Autel étaient conviés en 1370 à l’ouverture du testament de Wenceslas de Luxembourg et ils furent bien représentés quand Philippe-le-Bon se vit instituer duc de Luxembourg en 1451. Ils donneront deux abbesses à l’abbaye de Marienthal aux XIVe et XVe siècles, des militaires de haut rang dont Huard II qui fut sire de Laroche en Ardenne en 1400 (versé vers 1427 par mariage dans le patrimoine des La Marck-Arenberg), puis de Burscheidt et maréchal de Luxembourg. En 1412, Huard II fut assiégé dans son château d’Autel par les troupes du duc Antoine de Bourgogne. Le domaine leur fut confisqué en 1413 puis restitué en 1432. Les d’Autel donnèrent bien plus tard un ambassadeur à Trèves puis à Vienne, vers 1650, prénommé Godefroid. Les d’Autel furent sires à différents moments, entre bien d’autres, de Bertrange, de Neuville-sur-la Meuse, de Zonhoven. Le dernier du nom fut Jean-Frédéric, fils de Godefroid, sergent-major au régiment de Baden, sire de Lahr, Mersch, Fels (la Rochette), Heffingen, Remich (acheté en 1676), Vogelsang acquis en 1695 de la famille Knyphausen qui lui avait vendu également Waterscheid et Niewdorp. Il sera fait comte le 20 décembre 1685, nommé général puis gouverneur du Luxembourg en 1699 et créé chevalier de la Toison d’Or en 1706. Il est décédé à Luxembourg en août 1716, sans avoir été marié.

Par héritage le bien qui nous occupe serait arrivé aux barons de Tornaco avant d’être transmis aux comtes de Liedekerke-Beaufort comme on le lit dans un annuaire. Dès lors on pourrait penser que le château d’Autel comme Sterpenich (n°530) soit passé par achat à Jean-Baptiste d’Henron ou Henron ou d’Heuron, qu’il avait hérité par sa femme née Pellot ou Billot. Le sieur Henron eut une fille Anne-Claire qui épousa le baron Arnold-François de Tornaco. Ce dernier couple eut une fille Anne-Marie qui allait épouser son cousin germain Jean-Théodore baron de Tornaco. Ces ultimes firent quelques enfants dont Félicité-Gabrielle (1774-1846) qui fut unie à Alexandre-Joseph de Liedekerke (Fontaine, 1764 – Géronsart, 1846), fondateur des Liedekerke-Beaufort, gouverneur de la province de Liège, chambellan de Guillaume Ier. Mais dans le patrimoine monumental on donne une autre histoire. Le château serait passé dès 1578 aux d’Inhausen et vers 1650 aux Reichling, ce qui est impensable en lisant la généalogie des Autel. Tandel, juste avant 1900, quand on parlait toujours l’allemand à Autelbas, évoque à cause d’une pierre tombale placée jadis dans la chapelle datée de 1629 du premier étage du château, le baron Jean-Guillaume de Unruhe, sire de Wenstat, mort le 7 décembre 1728 à 66 ans. Le baron était commandant du régiment impérial badois. Peut-être a-t-t-il acheté ce bien à la succession du dernier Autel, Jean-Frédéric, qu’il connaissait forcément à travers l’armée badoise et d’autant que Unruhe fut prévôt de la ville de Luxembourg en fin de carrière. La pierre indique qu’il est accompagné de sa dame, Catherine de Schauntorff, décédée en 1722 à 46 ans. Sans faire de lien, dans ce hameau qui reste minuscule, Tandel signale dans les extraits paroissiaux d’Autelbas, le baptême en 1742 de Joséphine, fille du baron de Hinderer et de Madame, née de Rayville. Charles, deuxième enfant du couple, naîtra en 1745, puis en 1774 on voit que Béatrix de Hinderer épousa ici P.-J. de Celles d’Awan en Noville, sire de Recogne, assesseur à Bastogne.

Vers 1900, le domaine appartenait au banquier liégeois M. Frésart. Le XXe siècle verra passer des propriétaires nombreux dont un antiquaire anversois qui ne se priva pas d’enlever toutes les boiseries nous disait le propriétaire actuel.

Un premier bâtiment défensif remontait pour ses éléments les plus anciens au XIIIe siècle. On accédait au château en traversant la basse cour, accessible par une très beau portail qui est presque un arc de triomphe. Les éléments de la bâtisse actuels datent pour leur plus grande part du XIVe siècle avec des ajouts au XVIe siècle, avec une intervention sur la chapelle en 1629, et début du XVIIIe siècle au portail. Au XVe siècle on renforça semble-t-il les trois tours et les courtines et on aménagea les terrasses pour l’artillerie. Les ailes nord (en partie) et ouest disparurent à une date non déterminée. Au début du XVIIIe siècle on entama des travaux d’agrément dont un très beau porche à terrasse jadis orné d’un garde-corps en fer forgé. En 1815, l’aile sud fut supprimée. L’aile nord-est entre les deux tours rondes comptait deux niveaux. Les tours en compte quatre, le dernier sous toiture en encorbellement soutenu par des corbeaux de pierre. Côté cour, on devine le corps central en ressaut composé de trois travées sur deux niveaux. En partie latérale on trouve le portail d’époque Louis XIV cantonné de pilastres à chapiteaux corinthiens. Le portail est sommé de la terrasse ; il vient précéder la petite entrée d’origine en plein cintre.

Notons encore que le village compte une chapelle Saint-Nicolas qui fut une église fortifiée de l’époque romane. Tandel la qualifiait d’église forteresse. Elle servit encore de refuge en 1794 quand les Français incendièrent le village. On y reviendra un jour. Le même Tandel donne par ailleurs des éléments sur un château daté vers 1600 qui appartint aux Gerber puis par eux aux Feller. Le château fût brûlé en 1794.

Autelbas est classé. Des fouilles et des campagnes de restauration ont été menées avec l’aide de l’Institut du Patrimoine Wallon (IPW) voici moins de dix ans mais les fonds manquent pour poursuivre.