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Marneffe: des punis dans un palais


Château de Marneffe - 4210 Marneffe (Burdinne)



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  • © Philippe Farcy

  • Le côté nord, carte postale ancienne de l'Ecole Française des Pupilles de l'Armée, ed. Ern. Thill & Nels

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Marneffe
Location 4210 Marneffe (Burdinne)
Construction Vers 1850
Style
Architect Vers 1850: Emile Vierset
Occupants Centre Pénitentiaire Ecole (CPE) de Marneffe (propr.: Etat belge depuis 1919)
Allocation Centre de formation des agents pénitenciers du Service Public Fédéral (SPF) Justice
Protection

Last udpate: 14/01/2013


Le château de Marneffe et les terres avoisinantes sont un centre pénitentiaire école. C'est une création éclectique posée sur des terres de l'abbaye de Floreffe
.

Nous voici sur la commune de Burdinne, sur une crête qui sépare la vallée de la Mehaigne de celle de la Burdinale et de son célèbre parc protégé.

Le village dépendait de la cour de Wanze et était un élément du comté de Moha. En 1619, le prince évêque de Liège Ferdinand de Bavière donna le fief en engagère au comte de Fallais, Hermann de Bourgogne. Ce dernier s'en défit dès 1624. En 1718, Liège engagea à nouveau Marneffe à la faveur cette fois des comtes de Berlaymont.

Sous l'Ancien Régime il n'y avait pas, semble-t-il, de château à Marneffe, mais bien de grosses fermes dont celle dite "du Sart". Celle du Sart était située à l'écart du village, à proximité du futur et admirable château construit vers 1850 par l'architecte hutois Emile Vierset (1824-1891). On précisera quand même grâce à Laurence Ancion, "que Vierset qui stoppa sa carrière en 1875, avait acheté le château d'Abée et le domaine de la Paix-Dieu à Amay". Ladite ferme du Sart appartenait, selon monsieur et madame André Van der Ghinst, aux comtes de Grunne vers 1830.

Gros propriétaires

Cette ferme possédait plus de 300 hectares de culture. Le domaine "du Sart" fut acheté par Jean-Baptiste de Diest (1822-1889) et son épouse Félicité Cartuyvels le 12 janvier 1841, alors que Grunne habitait Stockholm. Le couple Diest était installé à Marneffe depuis quelque temps puisque trois de leurs quatre enfants naquirent sans doute au château. Notons qu'un Jean-Nicolas de Diest avait acheté juste après la Révolution la "Ferme de la Dîme", à Jandrain. Jean-Baptiste de Diest allait aussi posséder l'un des deux châteaux d'Avin, malheureusement détruit dans la seconde moitié du siècle passé. "Au Sart, Jean-Baptiste de Diest fit raser la vieille ferme après un incendie (vers 1847-1848 ?)", nous dit Laurence Ancion, "pour en reconstruire une nouvelle dans la proximité du château qu'il projetait d'édifier". Emile Vierset était le meilleur architecte de la région et peut-être bien de l'ensemble de la vallée mosane. Premier prix d'architecture à Liège et à Gand en 1841, parti à Paris dont il revint en 1849, on lui confia le chantier de la collégiale de Huy en 1850. Les Diest firent donc appel à ses talents pour le château (qui a dessiné la ferme ? Mystère !). Félicité de Diest, épouse de Paul Farcy, fille de Jean-Baptiste de Diest, qui avait hérité de Marneffe du vivant de son père, allait revendre le château dès 1902 à des jésuites venus de France.

Jeanne d'Arc

Ceux-ci restèrent en Hesbaye jusqu'en 1919, après avoir construit en 3 ans un pensionnat qui devint l'aile carcérale. En outre, on conserve de leur passage une chapelle et une superbe sculpture de Jeanne d'Arc, proche de celle de la rue de Rivoli à Paris. Le piédestal est gravé des noms des jeunes morts aux combats et passés par Marneffe : c'est un vrai Bottin mondain !

En 1919, l'Etat belge devint propriétaire du bien et il l'est encore. Des 300 ha originaires, il n'en reste que 42. Les affectations varièrent. On y installa une école pour les pupilles de la nation, puis un home pour les anciens des PTT, puis de 1930 à 1936 ce furent à nouveaux des jésuites, mais espagnols cette fois.

Prison école

Juste avant le début de la guerre, l'Etat a repris la main et les passagers israélites fuyant le Reich de divers bateaux ayant vogué vers les Etats-Unis d'où ils furent refoulés, arrivèrent ici pour quelques mois. Finalement, l'Etat fit du château et de ses annexes une prison de 125 places pour des condamnés principalement issus des cours correctionnelles, vivant en régime semi-communautaire et semi-ouvert.

Comme lors de la courte période des Israélites, la prison obéit à un système d'auto-gouvernance où les détenus sont représentés par des délégués auprès de l'administration. Vierset a imaginé un grand rectangle de 33 mètres de long, profond de 12 mètres, tout en briques, pierre calcaire et tuffeau pour les corniches, fronton et médaillons.

De plan massé le château aligne treize travées. L'accès au nord s'effectue par un magnifique perron qui donne sur une tour de cinq côtés en fort ressaut, sommée d'une couple et d'un clocheton ajouré. Au sud, on passe à quinze travées, calées par deux tours carrées et centrée sur un avant-corps placé sous un fronton.

Le vocabulaire extérieur est très sobre comme souvent chez Vierset. L'intérieur est par contre presque exubérant. Inutile de dire que cette demeure n'est pas classée. Les responsables de notre patrimoine continuent à mépriser l'éclectisme fut-il doux. Pour combien de temps encore ?



SOURCES:
Philippe Farcy, Des punis dans un palais, Vie de Château 410, LaLibre.be 24 août 2007 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/365920/des-punis-dans-un-palais.html