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Leuth, une maison pour le plaisir des yeux


Kasteel van Leut - 3630 Leut (Maasmechelen)



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Category : Information Business Events
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  • Leuth dans sa diversité marie l’époque Louis XV à celle de l’Empire. On ne s’ennuie jamais de tant de grâce sauf à oublier que contre le château démarre l’aile inesthétique d’un hospice. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Kasteel van Leut
Location 3630 Leut (Maasmechelen)
Construction Tours des XVe et XVIe siècles; château édifié vers 1750; aménagements divers au
Style Principalement Louis XV liégeois
Architect
Occupants 't Kasteelhof
Allocation Bureaux, salles de réunions, concerts de jazz et de musique classique
Protection Bien classé depuis le 7 décembre 1987

Last udpate: 04/01/2013


Leuth est un petit village longé par la Meuse.


Idyllique, l’endroit l’est encore malgré certains outrages que le regard ne peut éviter comme la construction à fleur de la tour sud d’une très longue aile destinée à abriter un hospice. Mais en arrivant, on n’imagine rien de cette proximité.

Après avoir traversé une zone boisée de l’ancien parc on suit une drève. Elle mène à un pont dormant posé sur des douves enflées de boues. Une part des fossés est asséchée. La maison se dévoile alors derrière deux charmants corps de dépendances reliés par une superbe grille en fer forgé chiffré. Tout en arrivant ici est d’époque Louis XV et de style liégeois du meilleur aloi.



Ailes inégales


Le logis érigé sur deux niveaux de briques et posé sur un mince soubassement de pierre bleue percé de jours carrés est harmonieux à défaut d’être parfaitement équilibré. En effet, construit en U, il possède des ailes de retour d’inégales largeurs. Celle de gauche présente un écartement nettement plus important entre les baies que du côté droit. Par ailleurs, les baies sont limitées par des montants droits harpés alors que les arêtes des façades sont chaînées. Les toitures mansardées et à coyaux sont couvertes d’ardoises. De menues lucarnes surplombent les corniches.

Au centre, la bâtisse s’organise en trois travées aux étages dégressifs autour d’un très beau perron dont les degrés sont arrondis à leurs extrémités. Le garde-corps est une dentelle Louis XV en fer forgé. Le portail central animé de refends se poursuit à l’étage après un bandeau sculpté vers la baie centrale du palier. Cette baie possède elle aussi des refends puis elle se trouve couronnée par une horloge muette dont la partie haute et concave s’aligne dans la corniche de pierre bleue. Au-delà encore, la travée se termine sous un fronton brisé soutenu par deux pilastres plats. Au centre émergent sans doute les armes de Mewen-Feltz ou des Mewen-Speckhewer.


Deux tours ventrues


La face arrière du château témoigne d’une évidente originalité. Le corps central de cinq travées sur deux niveaux est surmonté par un fronton large posé sur un soubassement percé de trois lucarnes en demi-lune, ce qui évoque La Thylère, à Hastière. De part et d’autre du logis, s’élancent alors deux tours circulaires d’inégales circonférences mais sommées de toitures en poivrière achevées par des lanternons en bois dont les vantaux sont ouvragés comme des volets. Les tours conservent le souvenir d’un château des XVe et XVIe siècles. Leur couverture remonte aux années du Premier Empire. De ce côté, les élévations sont en moellons de pierre locale, tendre comme du tuffeau. Pour ce qui regarde l’histoire, de Seyn en énonce les grandes lignes voire les lignées. Terre d’empire relevant du comté de Looz, Leuth devint liégeoise en 1469 par l’action du prince-évêque Louis de Bourbon. La seigneurie de Leuth incluait celle de Meeswijk et de Eysden. Vers 1300 on y trouvait Guillaume de Leuth et sa descendance jusqu’au mariage de Elisabeth von dem Weyer, dame de Leuth avec Guillaume de Flodrop ou Vlodrop (Reckheim).



Apparenté au Gotha


Leur neveu était vicomte de Ruremonde, drossart de Montfort et maréchal de Gueldre. Toujours par mariage le bien arriva à Amélie de Wartensleben (Dorth 1715 - Berlin 1787), fille du comte Charles et de Jeanne-Marguerite Huysseman de Cattendyck, comtesse de Flodrop. Amélie devint en 1743 l’épouse de Henri, neuvième dans sa lignée, comte Reuss von Schleiz zu Köstritz (1711-1780), ce qui nous propulse dans le Gotha.

De là, le bien fut transmis à la famille Mewen, originaire de Brée. Après trois générations de Mewen, on vit le mariage de Théodore de Billehé de Valensart, baron de Vierset (Farciennes) avec Marie-Joséphine de Mewen. Par ailleurs, Leuth cousinait déjà par les Feltz, avec le château de Kruibeke sur la rive gauche de l’Escaut, car la mère de Marie-Jo était une Feltz, ce qui nous rapproche de Bazel.

En effet, par les Feltz on organisa le mariage à Leuth de Pauline de Billehé, fille de Théodore, avec Charles-Guillaume, vicomte Vilain XIIII, fils de Philippe et de Zoé de Feltz, seigneurs de Bazel. Bazel se trouve sur la rive droite de l’Escaut, presque en face de Kruibeke. Théodore de Billehé, fils d’un célèbre général des Gardes wallonnes eut de deux mariages, deux filles et son nom s’éteignit. Les Vilain XIIII ne firent à leur tour que des filles toutes très bien mariées et personne ne voulut garder Leuth.

Le bien fut vendu à des religieuses qui y installèrent une maison de retraite puis la commune reprit le bien à sa charge. Elle y organise souvent des concerts de jazz et de musique classique.


Visites possibles.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VI,  Hobonia 1995
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)