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Angleur, à la recherche de la splendeur des Horion


Château d'Angleur - 4031 Angleur (Liège)



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Category : Information Business Events
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  • Le château restauré par l'architecte Cédric Detaille pour la SPI+ (agence économique de la province de Liège) et le Logement Social de Liège et inauguré le 4 mars 2010. © Philippe Farcy

  • La face nord © Philippe Farcy



Official Name Château d'Angleur
Location 4031 Angleur (Liège)
Construction Vers 1720; restauré 2009-2010
Style Classique Louis XIV liégeois
Architect 2009-2010: AW Architectes (Cédric Detaille)
Occupants SPI+ (agence économique de la province de Liège) & Logis Social de Liège
Allocation
Protection Bien classé le 19 juillet 1984

Last udpate: 06/01/2013


Un peu de saveur dans un site oublié et oublieux de son prestigieux passé.


Sur l’ancienne commune d’Angleur, nous avons déjà évoqué le château de Kinkempois. Angleur possède aussi son château. Cette terre appartint au roi de Germanie Henri l’Oiseleur (vers 876-936) puis à la fille de celui-ci. Elle se nommait Gerberge (913-968) et fut mariée d’abord à Gislebert de Hainaut puis à Louis IV d’Outremer, fils de Charles III le Simple, roi des Francs et d’Ogive de Wessex. En 968 la gente dame Gerberge fit don d’Angleur qui dépendait de son alleu de Meersen (près de Maestricht) à l’abbaye de Saint-Rémy de Reims. En 1586, Saint-Rémy céda Angleur à Jean-Baptiste de Hardencourt. Mais la cession fut cassée par Rome. Angleur resta donc une enclave française. En 1598 le prince-évêque de Liège Ernest de Bavière racheta le domaine aux abbés remois. Il reste de ce temps la ferme dite « de 1313 ». En 1613 son successeur et neveu Ferdinand de Bavière inféoda Angleur aux barons puis comtes de Horion. C’est ici que le 14 février 1313 on signa la Paix d’Angleur.

Déplacement du château

Le premier des Horion à Angleur fut Conrad (+ 6 juillet 1574), époux de Madeleine de la Marck-Arenberg, branche cadette des comtes de Berg. Elle était fille d’Erard IV et d’une dame N. de Ryckel qui avait été mariée premièrement à Gérard de Goor. Les Horion, branche des Hemricourt, seront d’ailleurs châtelains de Ghoor (gravure dans les  Délices du Païs de Liège). La seconde noce amena dans l’escarcelle des Horion la seigneurie de Colonster qu’Erard IV donna à sa fille le 22 avril 1524. Cinq générations plus tard on vit Gérard-Assuère de Horion, sire de Colonster épouser Anne-Marie-Louise de Velbrück de Garath (+11 juin 1778). Leur portrait de famille se trouve au musée d’Ansembourg à Liège. Il avait un frère, Maximilien-Henri de Horion, premier ministre du prince-évêque Jean-Théodore de Bavière. Gérard-Assuère fit, du vieux castel jadis entouré d’eau, une ferme. Vers l’Ourthe, il déplaça sa résidence de 200 mètres et construisit vers 1720 la demeure que l’on voit encore. Elle était au centre d’un parc qui filait jusqu’à la rivière et d’un domaine de plus de 300 hectares. À présent, affichant son lustre décati par le temps, Angleur n’a plus que sa cour d’honneur comme parc et son bois se limite aux tilleuls qui longent la grille d’honneur.


Affaire de banquiers

À une date inconnue mais avant 1738, les Horion vendirent Angleur à François de Thier, sire de Grimonster, Lantremange, Skeuvre, Walhorn et Montgauthier (Kerkom). Il était l’époux de Marie de Plenevaux décédée à Angleur en 1738. Angleur passa les troubles révolutionnaires sans heurt puis en 1814 Vincent de Thier (les de Thier seront les futurs créateurs du quotidien « La Meuse » et en 1921 les co-fondateurs de Spa-Monopole avec les du Bois) vendit le domaine au banquier Gérard-Théodore Nagelmackers (1773-1859), fils de Gérard (Exel 1731 - Liège 1798) et de Marie Mouillard (1741-1782). Gérard était le fils de Pierre fondateur de la compagnie bancaire. Époux en 1802 d’abord de Julie Burdo, Gérard-Théodore tomba veuf. Il convola à nouveau en 1817 avec dame Marie-Anne Dupont, fille de Quirin et de Marie-Anne Fabry. Un de leurs fils allait donner naissance à Georges, inventeur des Wagons-Lits et de l’Orient-Express. Ce Georges ira vivre et mourir en son château de Villepreux, entre Versailles et Saint-Nom-la-Bretêche, aujourd’hui aux ducs de Clermont-Tonnerre. Mais comme tous ses proches, il dort pour l’éternité au délicieux cimetière « de la Diguette » à Angleur. Gérard-Théodore laissait à son décès outre Angleur, le château de Crawhez à Clermont et celui d’Everlange au Grand-Duché de Luxembourg dans une succession qui comptait 1.500 ha de terres et de bois. La fille de Gérard-Théodore, Valérie allait reprendre le château avec son mari Louis comte de Stainlein-Saalenstein, violoniste amateur. Le couple fit venir à Angleur, à deux reprises au moins, le célèbre compositeur Franz Liszt.



Début de la fin

La branche « versaillaise » revendit Angleur en 1929. Le bien fut alors acheté par une société immobilière et vendu illico à Ulrich de Fraipont qui dépeça le domaine et l’intérieur du château dont il ne reste presque rien. En 1939, la commune d’Angleur lui refusa la démolition et finit par racheter le castel. Durant la guerre, le général von Falkenhausen fit installer un blockhaus dans la cour d’honneur sous la verdure. Après la guerre, le château privé de parc devint une école de jeunes filles et en 1971 une aile des dépendances brûla. Abandonné le château a été sauvé par Marc de la Brassinne en 1994. Jusqu’en fin 1996 des travaux de sauvetage (toitures) furent effectués. En 2009 avec inauguration le 4 mars 2010, la SPI+ (agence économique de la province de Liège) et le Logis Social de Liège ont restauré le château, l'agence pour le corps de logis où elle a installé un Espace Entreprise et la société de logement social pour les dépendances et la cour.



Perfection et harmonie


La cour d’honneur est fermée par deux ailes de communs en retour, outre la grille. Dans le fond, le château en briques jadis chaulé en blanc surgit par des jeux de volumes en avancée et en retrait. Il monte sur deux niveaux sous des toitures en bâtière d’ardoises à croupes restaurées en 1995. Le fronton superbement travaillé accroche le regard. Il centre la composition et somme les trois travées axiales. Les arêtes sont en calcaire et chaînées. L’édifice s’étire par deux autres travées à gauche comme à droite. Elles sont en retrait et sommées par des lucarnes en bâtière ou en plein cintre. Vers le sud le jeu équilibré des volumes est identique à celui donnant sur la cour. La différence majeure tient dans la présence d’une terrasse qui couvre les sept travées centrales. On remarquera aussi la qualité des corniches, de leur support en pierre bleue et des trous de boulin.

On ne visite pas mais le château se voit de la rue.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004
Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738