FR - NL - EN
HOME AGENDA CONTACT FAQ CHATEAU OWNER LOGIN

Montigny, seigneurie hautaine méconnue


Château de Montigny - 5310 Hanret (Eghezée)



Contact

Category : Information Business Events
First Name
Last Name
E-mail
Phone
Please enter CASTLE in the below field:

  • Le château-ferme de Montigny est une demeure du XVIIe siècle érigée sur un seul niveau, mais agrémenté de nombreuses tours rondes et à pans coupés.



Official Name Château de Montigny
Location 5310 Hanret (Eghezée)
Construction Vers 1652; début du XVIIIe siècle
Style Traditionnel mosan
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 03/01/2013


Un vaisseau perdu au milieu des champs.


Repris dans les « Albums de Croÿ », dessiné et gravé par Gramaye entre 1600 et 1623 pour les « Délices du Pays de Namur », le vieux château de Montigny ne présente plus l’aspect qu’il avait précédemment. Mais il est toujours partiellement entouré d’une eau alimentée par la Soile avant qu’elle ne se jette dans la Mehaigne. Le château aurait été reconstruit, d’après les sources, à partir de 1652 et amélioré par la suite. La gravure expose aux regards un château oblong assez étroit montant sur deux niveaux bien séparés par un bandeau plat. La façade est animée d’une tour d’escalier. Il ne reste presque rien de tout cela. On arrive à ce qui est devenu un château de style traditionnel mosan par les routes chaotiques venant de Hanret ou en faisant un détour plus carrossable par la rue de Montigny à Seron. Elle précède la rue des Arsys ce qui signifie d’après Serge Chasseur, l’historien local, une zone de terres brûlées (ou brûly). De la route qui descend lentement vers le château, on découvre une longue façade percée de neuf baies à croisées piquée au nord d’une tour circulaire sommée d’une toiture en poivrière en mauvais état.



Modestie et simplicité


La demeure est constituée de briques et décorée de pierre bleue. L’élévation est modeste, mais élégante. Elle se limite à un rez-de-chaussée posé sur un soubassement assez haut façonné de grès et agrémenté d’un cordon biseauté. Le niveau du bas est simplement surmonté d’une belle toiture à la Mansard couverte d’ardoises profitant de la courbe des coyaux et piquée de quelques lucarnes à croupe. La façade latérale est limitée par des chaînages harpés. On retrouve ces chaînages à tous les angles de la bâtisse. Trois baies éclairent ce flanc; elles ne sont pas disposées de manière symétrique. Vers la cour fermée de la ferme, l’édifice est rendu moins austère par la présence dans le corps central d’un portail sommé d’un fronton en plein cintre. Il est placé en retrait des ailes latérales de manière à créer une petite cour. L’effet décoratif qu’il procure est inattendu et donc garanti. Le fronton qui surmonte une baie à meneau vertical semble s’appuyer sur des pilastres à refends. La porte, elle aussi en plein cintre et agrémentée d’une imposte à petits-bois, est encadrée par des piliers en pierre bleue. Un petit bandeau sépare les deux niveaux de cet espace central à hauteur des corniches qui courent tout au long de l’immeuble. Les angles donnant sur la cour sont heureusement occupés par deux petites tours circulaires octogonales. Montant sur trois niveaux, elles sont terminées par deux toitures en poivrières à coyaux qu’allègent encore de jolies flèches en fer forgé. Vers la petit jardin, placé au nord-est, se trouve une autre tour, cornière cette fois, beaucoup plus large et moins haute que ses deux voisines. Vers le jardin clos, les rares baies à meneaux semblent dater de l’ancien édifice. 

La cour est pavée. Les corps de bâtiments de la ferme ont été partiellement démolis vers le nord par la famille Bauche; ceux-ci précédèrent les propriétaires actuels. L’aile nord a été remplacée par un hangar en béton. L’aile ouest conserve en partie ses fonctions d’étable mais un pan entier a été transformé en un gigantesque frigo. L’accès à la cour s’effectue sous un petit porche en arc surbaissé daté de 1652, entouré par des écuries où Serge Chasseur nous disait naguère que Jean Gabin y laissa reposer quelques purs-sangs de son élevage.


Une terre de bons cens

Reste à savoir qui vécut ici. La rare bibliographie concernant ce domaine qui conserve une bonne vingtaine d’hectares, offre à lire des brouettes de patronymes depuis la nuit des temps. Le fief était déjà connu au XIVe siècle. Il échut aux Hemptinne, puis aux Juppleu, puis aux Forville. Vint ensuite le sieur de Marotte de Montigny déjà installé à Ostin (› 174). En 1637, Jacques Legros acheta la terre. En 1664, l’abbaye Saint-Jacques de Liège en devint propriétaire. Elle le restera jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, tout en laissant cette excellente cense aux mains de la famille Bacquelaine pendant la presque totalité du XVIIIe siècle. On sait que Marie-Agnès Bacquelaine allait épouser le comte Dieudonné-Ferdinand de Hemricourt de Grunne. Leur fille Rose allait ensuite se marier à Acosse le 28 octobre 1827 avec le comte allemand Clément von Looz-Corswarem. Diverses personnes prirent les rennes de la maison au XIXe siècle jusqu’à ce qu’un Hemptinne n’achète la chose en 1912. Dix ans plus tard, l’ensemble était légué au CPAS (Centre Public d'Action Sociale) de Namur par le sieur de Hemptinne. Le CPAS allait s’empresser de revendre à J. Henry, célèbre éleveur de chevaux de traits, qui céda le domaine à Victor Mousset, prédécesseur des Bauche. Les Bauche ont quitté le château au début des années nonante mais ils ont gardé les terres. On ne visite pas. Le château se voit parfaitement de la route. On regrettera la construction de nouveaux hangars venus enlaidir un site fort agreste. Il devrait y avoir des limites à la préservation des sites.

On ne visite pas.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté 2002