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Si Scy métait conté


Scy Sanssouci - 5361 Scy (Hamois)



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  • Vu de loin, le château de Scy semble inclure le clocher de l’église dans son domaine. Voilà une demeure pleine de rythme, colorée à la joie de vivre. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy 14 mars 2012



Official Name Scy Sanssouci
Location 5361 Scy (Hamois)
Construction De 1993 à 1996
Style Néoclassique
Architect Emmanuel de Callataÿ ; entrepreneurs: Macors
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 03/01/2013


Un rêve devenu réalité.

Le vieux Scy a été dynamité par les forces armées en 1960 ou 1963, selon les sources. Eric Speeckaert et son épouse Elisabeth, née comtesse Cornet d’Elzius, héritière par les d’Espiennes du parc et des terres avoisinantes, demandèrent à l’architecte bruxellois Emmanuel de Callataÿ de reconstruire une demeure en harmonie avec le village. Callataÿ voulut rendre hommage à ses collègues des temps passés, français comme Blondel et Gabriel, belge à l’instar de Dewez.



Travail à l’ancienne

Cette enfilade de bâtiments érigés sur deux niveaux inégaux séparés par un bandeau-larmier s’étire sur plus de septante mètres. Mais elle n’est large que de six à neuf mètres selon les éléments. À en croire son concepteur : « ce fut un réel plaisir de travailler à l’ancienne, de dessiner la totalité des éléments jusqu’aux décors en ce compris les parquets et les poignées de portes. Surtout, nous avons, en équipe, ressenti beaucoup de satisfaction à voir la finesse du travail des artisans, leur enthousiasme et leurs exigences pour réussir un travail impeccable. Les corps de bâtiment sont scandés par des porches semblables à ceux que l’on rencontre dans les environs ». Le château présente un premier corps de dix travées, à gauche, en ce non compris la percée véhiculable large comme deux travées. Cet accès permet de relier la cour intérieure donnant sur la rue de l’église avec le parc. Le porche est sommé d’un fronton triangulaire. Il répond à son frère jumeau séparant la bibliothèque des communs. Au centre de la composition, la toiture s’élève quelque peu pour recevoir un haut fronton mouluré percé d’un œil-de-boeuf ovale à petits-bois. Ce fronton couvre les trois larges travées des réceptions et de la chambre des maîtres de maison. Viennent ensuite trois autres travées puis en retrait l’aile de la bibliothèque, haute d’un niveau et demi si on tient compte des œils-de-boeuf. La bibliothèque ouvre par trois baies en arc surbaissés. Le second porche, sommé d’un lanternon carré où se loge une horloge, précède alors deux portes en bois percées d’un fin jour.



Enclave namuroise

Sur le plan historique, Scy était une enclave namuroise dans la principauté de Liège. Par héritage des comtes de Namur et des ducs de Bourgogne, la terre de Scy fut la propriété des archiducs de Habsbourg d’Espagne jusqu’au milieu du XVIe siècle. Elle semble avoir été donnée à cette époque à un baron de Spontin (voir plus bas). Par ailleurs, on sait que dame Isabelle de Croÿ, fille du seigneur de Corroy-le-Grand, épousa avant juin 1615 don Luis de Casujo Maeda, Contador général de l’armée espagnole. Il avait prit en engagère en 1626 et 1627 les seigneuries de Haekendover, Wommersom, Walsbergen, Gussenhoven etc...

Mais surtout, le 21 août 1629, ce Maeda acquit la pairie de Scy. Luis de Maeda et Isabelle de Croÿ eurent une fille, Marie, première épouse du marquis Alonso Strozzi, fils de Lorenzo sénateur florentin et de Dianora Bandini, soeur du cardinal Bandini. De ce mariage naquit une Isabelle-Eléonore Strozzi qui releva le fief le 9 novembre 1666. Strozzi se remaria avant le 6 juillet 1655 avec Dorothée de Hamal, fille de Henri, baron de Vierves (branche cadette des marquis de Trazegnies) et d’une comtesse de Merode, sans qu’on sache s’il s’agissait d’Hélène ou d’Agnès. Isabelle vécut à Bruxelles, rue Haute et se fit enterrer à Léau en 1636. Isabelle était issue d’une branche bâtarde des Croÿ, éteinte au XVIIe siècle, mais les Sempy possédaient une autre branche d’où sont issus tous les Croÿ actuels. L’origine de ces branches remonte à Jean, premier comte de Chimay en 1470, mort en 1472, dont la mère était née Craon. Uni à Marie de Lalaing, il eut un fils prénommé Michel qui épousa Isabeau de Rotselaer, ce qui nous amène à la tour de Rotselaer. Décédé le 4 juillet 1516 sans hoir, Michel laissa un fils naturel, Michel II, dit le « Bâtard de Sempy ». Il épousa Marie van Halle, fille de René seigneur d’Elsmeeren à Geet-Betz et d’une dame Pylipert, issue d’une famille établie à Léau, d’où le désir d’Isabelle d’aller reposer à Léau.



Fief des Spontin

La dernière vente du domaine remonte à 1757, quand le comte de Beaufort-Spontin (comte de Beaufort, baron de Spontin) céda ce bien au sieur de Propper de Hun. Les Beaufort, originaires au Xe siècle des environs de Huy, étaient déjà établis à Spontin à la fin du XIIe siècle. D’après Alex Wouez, le premier Spontin qui obtint Scy était Guillaume, fils naturel de Jean de Beaufort (mort en 1517). Ce Jean, seigneur de Spontin et de Wavre, n’eut de son mariage avec Philipotte le Veau de Bouzenton que trois filles, dont Marguerite qui épousa le baron Jean de Glymes-Brabant. A la fin du XVIIe siècle, on retrouve Scy dans les mains de Poncian-Ermelin de Spontin, fils de Jacques. Poncian était aussi le petit-fils de Hubert de Beaufort-Spontin qui fit construire le château de Freÿr en 1637, hérité des Orjo. Devenus de petits seigneurs pauvres du Namurois au XVIe siècle, les Beaufort-Spontin remontèrent lentement la pente par diverses unions intelligentes, jusqu’à ce que l’un d’eux épousa au XVIIIe siècle une cousine, la dernière et richissime comtesse de Glimes, marquise de Florennes, dame de Spontin. Jacques de Beaufort-Spontin (mort en 1669), était seigneur de Crupet, Wasseiges, Onhaye et Chestrevin. Il racheta Scy probablement par la procédure du retrait lignager. Il disposait de beaucoup de capitaux grâce à son mariage en 1655 avec Jeanne-Catherine de Harscamp, issue des fameux métallurgistes et marchands d’armes du comté de Namur (équivalents des Curtius à Liège). Cela nous place sans doute juste après que la marquise Strozzi eut relevé le fief. Ces superpositions de dates s’expliquent sans doute par le partage du village en deux fiefs distincts. Selon l’actuel propriétaire: « Depuis 1757, Scy s’est transmis par héritage ou par donation sans connaître le moindre démembrement ou partage. La fille du sieur Propper de Hun épousa un de ses cousins Desmanet de Biesme, de la célèbre famille des maîtres de forges. On lui doit le deuxième château, construit vers 1830.


On ne visite pas. Cette très belle bâtisse qui enchante le regard se voit de la route.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002