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La seigneurie de Tervueren


Château Stolberg - 3080 Tervuren



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  • © Philippe Farcy

  • Vu depuis la rue, le château apparaît comme une seule création éclectique inspirée de la Renaissance. Mais Tervueren est bien plus ancien. © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, ed. Decock

  • Carte postale envoyée en 1902, ed. Nels, série 11, n° 68

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill & Nels n° 48



Official Name Château Stolberg
Location 3080 Tervuren
Construction Vers 1870
Style Éclectique
Architect
Occupants SAS Institute
Allocation Bureaux
Protection Bien non classé

Last udpate: 06/01/2013


Le château des comtes de Robiano-Borsbeek puis des comtes de Stolberg-Wernigerode poursuit sa route dans la modernité.


Tervueren, tout le monde connaît. On y va pour le Musée Royal d’Afrique Centrale. On y va plus encore pour le magnifique parc, fut-il orphelin de son château ducal, résidence favorite de l’archiduc Charles de Lorraine. Non loin de là pourtant, se trouvaient deux anciennes seigneuries. La première était inféodée à la résidence royale. C’est le « Hof over het Waeter » que Raymond Van Uytven dans « Les Communes de Belgique » nomme « Hof van Melijn » ou encore « La Maison des Chapons ». D’après Alphonse Wauters (1855), les droits de cette terre n’existèrent qu’à partir du XIIIe siècle. Les premiers cités furent les seigneurs de Mélin, Loupoigne, Génimont, Glabais, Houtain, etc. Ensuite, par héritage, y passa Arnoul Vandenbossche, seigneur de Ohain. En 1435, le domaine fut vendu à Jean Hinckaert (+1457), issu d’une branche bâtarde des ducs de Bourgogne. De son union avec Gertrude, fille de Jean, époux de Gasparine de Witthem (Overijse et La Follie à Ecaussines), naquirent deux filles. L’une, prénommée Jeanne, épousa Jean de Cortenbach, seigneur de Belmont, dont la mère était Catherine Berthout ou de Berlaer (les Berthout étaient les très puissants seigneurs de Grimbergen).



Fief des princes d’Orange

Les Cortenbach possédèrent la seigneurie pendant plus de deux siècles. Le 31 juillet 1688, Edmond, époux d’une princesse de Mantoue de la Maison des Gonzague et sa soeur Isabelle mariée au comte Albert d’Arberg de Valengin vendirent le château à Libert Christyn. Le bien fut pour lui élevé en vicomté de Tervueren et Duysbourg le 1er avril 1690. Mort sans postérité, le territoire fut repris par les descendants de son frère, les barons de Meerbeek, faits comtes de Ribaucourt le 20 avril 1718. L’ancienne demeure du vicomte, gravée par Harrewijn, est devenue une ferme. La seconde est l’ancien « Hof van Buren » et c’est celle qui nous occupe.
En 1965, le père Albert van Iterson, de l’abbaye de Rochefort, a publié un long article dans « Le Folklore brabançon » (n°166). D’après lui, le château appartint en 1551 à Anne de Buren, fille de Maximilien d’Egmont. Elle épousa Guillaume, comte de Nassau dit « le Taciturne ». Il était le fils de Guillaume « le Riche » et de Juliana de Stolberg. Ces deux derniers sont considérés comme les fondateurs de l’actuelle dynastie des princes d’Orange-Nassau. Le frère de Juliana, Louis, devint comte de Rochefort en 1544 et seigneur d’Agimont, par héritage des comtes de la Marck-Rochefort.



Transmission par les femmes

Le fils de Anne de Buren vendit le domaine en 1592 au comte Florent de Berlaymont. Par héritage, le bien passa dans l’ordre aux familles Espinosa, Vaca y Benavides, Sotomajor, van der Laen en 1722 et Limpens en 1765. Le 2 septembre 1772, Jean-Joseph, comte de Robiano, installa ses pénates à Tervueren en épousant Jeanne de Limpens. Par les Villegas (sa mère et son oncle), il devint seigneur de Beyssem, Bueken, Assent... Leur fils Louis épousa la comtesse Amélie de Stolberg-Stolberg; cela fut un retour aux sources de l’Histoire. Leur fille Clotilde (1834-1915) convola en 1855 avec le comte François de Stolberg-Wernigerode (converti au catholicisme le 7 décembre 1854), fils de Ferdinand et de Marie de Stolberg-Stolberg. Après la Grande Guerre, une école de cavalerie s’installa au château suite à un séquestre. Les Stolberg étaient, à l’instar des princes d’Arenberg, considérés comme Allemands. Le territoire fut acquis en 1927 par le comte Eugène de Grunne, époux d'Alix d’Ormesson (voir les liens avec les Merode et les de Man) et mayeur de Wezembeek-Oppem, aux héritiers des Stolberg. Il y installa des religieuses espagnoles.



Colonie scolaire

Le château, inscrit dans un parc d’à peine un hectare, fut ensuite vendu par la comtesse Alix et son fils Baudouin de Grunne en 1952, à la v.z.w. (a.s.b.l.) « Duynen en Heide », soit « Dunes et Bruyères ». Cette association dépendait des « Oeuvres nationales des Colonies scolaires catholiques » qui s’occupait d’enfants abandonnés. Cette oeuvre avait déjà acquis en 1951 le château de Beusdael à Sippenaeken. En 1994, l’Oeuvre a vendu Tervueren à la société internationale « S.A.S. e-intelligence ». On aborde la bâtisse par l’ouest en longeant la ferme. Elle est jointe au château par une tour-porche. Les bâtiments sont érigés en briques et moellons de pierre. L’aile ancienne du château s’élève sur deux niveaux posés sur un soubassement de caves, sous une bâtière d’ardoises mansardée, animée de cinq lucarnes pour autant de travées. Au centre, prend place un oriel de la fin du XIXe siècle. Une tour circulaire de quatre niveaux dont le dernier est octogonal, crée un lien avec le nouveau corps de logis posé en avancée. L’ornementation, éclectique, se veut principalement néo-renaissance. Le soubassement est strié de refends et percé de quatre jours. Les baies des deux niveaux sont de hauteurs identiques mais leurs décors varient, notamment aux linteaux. On remarquera la richesse de la corniche. La dernière travée est accentuée dans ses proportions afin de l’isoler comme une tour carrée, ce que confirme le dessin de la toiture dont les lucarnes sont richement découpées.



Toiles peintes dans le hall

Sur la façade sud de la tour se trouve une porte-fenêtre surmontée par un balcon et des baies jumelées sommées du chiffre d’Amélie. L’aile sud se développe sur six travées dont trois pour l’avant-corps d’accès. La dernière, à droite, est en ressaut. Une travée supplémentaire mène à la chapelle néo-romane qui a perdu son édicule d’accès vers la crypte. Les corps des comtes de Stolberg-Wernigerode enterrés là ont été déplacés contre le transept sud de l’église de Tervueren. Enfin, le hall d’entrée du château est orné de diverses toiles peintes avec beaucoup de charme montrant aux visiteurs les différentes propriétés que les princes et comtes de Stolberg possédaient en Allemagne.


On ne visite pas.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Le Folklore Brabançon, n° 166, juillet 1965, Service de Recherches Historiques et Folkloriques du Brabant