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L'âme artiste de l'ancienne forteresse de Voorde


Kasteel van Voorde - 9400 Voorde (Ninove)



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  • Constitué de briques dans un esprit à la fois moyenâgeux et renaissant, Voorde est devenu une demeure de charme. © Philippe Farcy

  • Derrière des frondaisons, le château de Voorde se découvre comme une place forte très bien défendue par ses tours et son étang. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Kasteel van Voorde
Location 9400 Voorde (Ninove)
Construction Vers 1540 et début du XIXe siècle
Style Forteresse et néoclassique
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien classé le 16 janvier 1987

Last udpate: 03/01/2013


Un château-fort atelier, parent de Kruishoutem.


Finies les agressions du Moyen Âge, finies les armes blanches qui tranchaient les gorges des assaillants. Voorde a délaissé le sang pour les arts parce qu’un sculpteur, Yves Rahyé, avait les arts dans le sang. Ses armes furent des marteaux, des pinces, des chalumeaux et, s’il tortura la matière, c’était pour lui donner des aspects de fantaisie où des grâces enfantines voisinaient avec des forces bien masculines.

En contrebas d’une allée ombragée, sous la protection de l’église posée sur une butte au-dessus de la propriété, Voorde était une forteresse de plaine. On la doit aux van Ideghem ou van Yedeghem, dont un Jean était vers 1410 mayeur de Grammont.



Apparenté à Kruishoutem

Pendant l’Ancien Régime, Voorde dépendait de la cour féodale de Silly, en Hainaut, comme la baronnie de Steenhuyse. Mais la seigneurie possédait tous les niveaux de justice.
D’après de Seyn, le dernier seigneur de Voorde était de la famille des van der Meere, comtes de Kruishoutem. Ils furent propriétaires du château de 1539 à la fin du XVIIIe siècle.
 
D’après de Potter, le château aurait été construit vers 1540 par Joost van der Meer. À en croire la maîtresse de maison actuelle, Vinciane Rahyé, née en Lorraine, le château trouve ses fondements au XIIe siècle, avec Zeghers de Voorde. Voorde signifie « gué ». Le château est ceinturé par les eaux de l’Oppembeek. La bâtisse fut donc plantée dans des marais, en guise de défense, comme l’est son voisin à Zandbergen, fief des comtes de Lalaing, vicomtes d’Audenarde. Voorde est toujours entouré d’eau sur trois de ses quatre faces. Madame Rahyé nous précisait que son château appartint un temps à Roland de Wedergraed, bâtard, dit-on, d’un duc de Bourgogne.


État pitoyable

Bâti en carré et orné jadis de quatre tours cornières, le castel fut incendié par les gueux venus de Gand en 1580. Et Madame de préciser qu’avant son arrivée en ces lieux en 1968, le château était dans un état pitoyable. « Mon mari, décédé malheureusement trop tôt en 1995, et moi-même, l’avons acquit d’une communauté religieuse grâce au notaire Jo Verbrugghe. La communauté était arrivée à Voorde au début du XXe siècle, vers 1904. Les nonnes avaient été précédées par les Pessemier, devancés par les de Brakel qui avaient suivi des fermiers inconnus. Ce sont les religieuses qui mirent par terre les tours manquantes. De plus, elles enlevèrent des cheminées et des portes. Voorde est une petite maison mais ce n’est pas un château popote. C’est une maison qui a beaucoup vécu et qui vit toujours. Nous nous sommes battus contre vents et marées pour lui redonner de sa beauté et de son âme. C’est une maison que je veux ouverte sur le monde, qui vit avec mes amis, amoureux eux aussi des vieilles pierres. Ce genre de bâtisse a besoin de soins constants; mais en contrepartie, elle donne une bouffée d’énergie ».

En arrivant au château jadis chaulé, on est accueilli par un châtelet d’entrée. Il est privé de son pont-levis, mais il possède encore ses deux tours circulaires en briques. Les tours sont joliment effilées et reliées entre elles par un arc surbaissé en moellons de grès. Leurs trois niveaux, presque aveugles, reposent sur un soubassement plongeant dans l’eau. Les étages sont séparés par deux bandeaux profilés. L’ensemble est couvert d’une toiture d’ardoises conique reliée par une autre toiture en bâtière, à hauteur de la frise des trous de boulin.


Système de défense

Des murs de briques relient ces tours aux extrémités des murs d’enceinte, percés d’arquebusières à distance régulière et achevés par les deux tours cornières. Ces tours massives sont hautes de quatre niveaux et à peine éclairées de rares jours carrés. Les bandeaux qui séparent les niveaux sont dans l’alignement de ceux qui sont placés aux tours d’entrée. Les toitures sont coniques. L’une et l’autre sont précédées par les pignons de deux ailes annexes, de trois niveaux. Celui du centre est percé d’une baie à croisée. À gauche, on voit un jour carré dans le pignon. Les ailes latérales sont aveugles. À l’est, les Rahyé installèrent de hautes baies et aménagèrent une terrasse. Le château ancien qui avait l’importance de celui de Moortsel a été démoli au début du XIXe siècle et remplacé par le petit corps de logis néoclassique actuel. Cet édifice monte sur deux niveaux et compte cinq travées placées sous une bâtière d’ardoises, piquée en son centre d’un petit clocheton.

On ne visite pas. Le château s’aperçoit de la rue. Les chiens veillent.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)
Frans de Potter & Jan Broeckaert, Geschiedenis van de Gemeenten der Provincie Oost-Vlaanderen, Annoot-Braeckman 1864