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Entre poésie, histoire et bonne chaire, le Pont d'Oye festoye


Château du Pont d'Oye - 6720 Habay-la-Neuve (Habay)



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  • Perdu dans la forêt le Pont d’Oye perpétue le souvenir des maîtres de forges et des maîtres ès littérature, à commencer par Voltaire.



Official Name Château du Pont d'Oye
Location 6720 Habay-la-Neuve (Habay)
Construction Fin du XVIIe siècle et XIXe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants
Allocation Séminaires, mariages, événements, Festival (annuel) des Arts du Pont d'Oye, théâtre, musique, expositions, livres, ateliers enfants; hotel-restaurant
Protection Bien non classé

Last udpate: 04/01/2013


Isolement et paix absolue rendent le site du Pont d’Oye très attachant.


Dans les profondeurs de la forêt d’Anlier (10.000 ha entre Etalle et Martelange) le site du Pont d’Oye est des plus remarquables. Du château ou de ce qu’il en reste, on sait qu’il fut édifié à la fin du XVIIe siècle, voire au début du siècle suivant, sur le site d’une très belle exploitation de fer dont le maître était une femme: Jeanne Petit. Il devait sans doute y avoir un château plus ancien que celui-ci car la très belle cheminée du fumoir, quoique baroque, est encore sous influence de la Renaissance flamande. La plaque de l’âtre date des années 1650. Elle constitue un souvenir intéressant d’une commande qui ne fut pas livrée au Gallo de Salamanca, comtes de Noirmont; Noirmont est un village posté près de Corroy-le-Château. Une autre plaque des Gallo de Salamanca est conservée dans le donjon de Laval, entre Tenneville et Bastogne.


Affecté par la Révolution

Le château ne possède plus que deux ailes alors qu’il en compta quatre et dominait largement l’étang de 25 ha et la vallée de la Rulle. C’est là que vécut la célèbre et dépensière marquise du Pont d’Oye, née Louise de Lambertye. La demeure actuelle est constituée des communs montés en grade par l’édification en 1846 et 1847 de deux tours carrées en avancée posées aux angles. Ces tours de deux niveaux et demi aux arêtes chaînées furent édifiées par le baron de Vauthier de Baillamont, acheteur du domaine en 1827.

Le château est construit en schiste et en calcaire. Le corps de logis se compose de neuf travées montant sur deux niveaux. La travée centrale est assortie de pilastres superposés qui semblent soutenir le fronton à volutes agrémenté d’une baie en plein cintre sommée d’une clé à boule. La porte d’entrée à deux vantaux et baie d’mposte à petits-bois rayonnants est limitée par des montants et un fronton de style Louis XV. L’ensemble de cette aile aux baies égales animées de leurs volets est couverte en bâtière d’ardoises neuves. On y compte huit lucarnes à frontons courbes. L’accès à la cour d’honneur s’effectue en passant par l’aile des écuries longue de sept travées. Le passage couvert carrossable est centré et décoré de deux portails d’époque Louis XIV à arcs en plein cintre limités par deux paires de pilastres soutenant un fronton anciennement armorié vers la rue. Il est aveugle sur la cour.

Terres de forges

La région de Habay était truffée de forges comme plus loin sur la Semois depuis le XVe siècle. Les forges du Pont d’Oye furent créées au XVIe siècle par Bernard d’Everlange, seigneur d’Arloncourt, gouverneur d’Arlon. De son premier mariage avec Gillette, dame de Vance et du Châtelet (+avant 1545), il eut une fille Anne (°1604). Elle fut l’épouse de Jean de Nothomb ou Nothum, justicier d’Arlon, fils de Henri et de Marguerite de Bassenheim, auteur de la branche des seigneurs de Vance et de Montauban, éteinte à la fin du XVIIe siècle. Les Nothomb actuels descendent de son frère Huart de Nothomb, seigneur de Rachecourt. Jean se remaria avec Catherine de Dave d’où sont issus les barons d’Everlange de Witry. Bernard d’Everlange, dit Kessel, mourut à l’âge de 110 ans, en 1592 ou en 1595.


Un Chimacien


Pierre du Moustier, natif de Chimay (Epioux et Macon) allait s’installer ensuite au Pont d’Oye. Dès sa mort survenue en 1642, sa veuve, la Jeanne Petit, précitée, reprit les affaires. Elle retourna au Père vers 1662-1663 après avoir épousé un fils Montecuculi, frère du général. Pour ses descendants dont sa petite-fille Jeanne-Ersile de Raggi, le lieu devint un marquisat en 1669. Passé aux du Bost Moulin – Lambertye, le Pont d’Oye fut laissé à leur fils Stanislas. Ruiné par ses parents, le marquis vendit le domaine en 1790 au duc de Looz-Corswarem et de Corswarem-Looz (Guillaume). Celui-ci était veuf depuis 1788 de Marie-Emmanuelle, baronne d’Aix de Denée dont la mère était une Nassau-Corroy. Ce nouveau propriétaire était le cousin germain d’Amélie de Nassau, marquise de Trazegnies. Par décret impérial de 1807, un sixième de la succession du duc fut restitué à ses héritiers. Parmi ceux-ci, se trouvait sa fille Marie-Charlotte, épouse de Charles-Florent, baron de Vauthier de Baillamont. Alard-Antoine de Vauthier, son fils ?, reprit le bien en 1827. En 1846, le château fut acquis par Constant d’Hoffschmidt, ministre des Affaires Etrangères de Léopold Ier; il reçut le roi et ses trois enfants au château le 8 octobre1851. En 1932, le bien fut acheté aux Mutualités socialistes par le baron Pierre Nothomb, homme politique et écrivain. La fille de celui-ci allait épouser le marquis de Trazegnies. Les Nothomb possèdent toujours le Pont d’Oye mais le louent. Pour leur part, les amateurs de grâce et de paix loueront sa beauté et se souviendront peut-être que la marquise reçut en ces murs le roi Stanislas Leszczynski et Voltaire. Sa petite cour se comparait à celle du château de Baudour (détruit) où régnait le prince de Ligne.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 3, Editions Aparté, novembre 2004