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Vieusart, une merveille d'équilibre et de poésie


Château de Vieusart - 1325 Corroy-le-Grand (Chaumont-Gistoux)



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  • © Philippe Farcy

  • Vieusart est un sommet belge de l’art romantique. © Philippe Farcy



Official Name Château de Vieusart
Location 1325 Corroy-le-Grand (Chaumont-Gistoux)
Construction 1858
Style Éclectique, néoroman
Architect Jean-Pierre Cluysenaer; parc: Égide Rosseels; gravé par Harrewyn pour Cantillon
Occupants
Allocation
Protection Bien non classé

Last udpate: 11/11/2014



Un domaine à l’anglaise construit pour un ministre du roi.


Le lieu-dit de Vieuxsart, comme on l’écrivait jadis, était une seigneurie sans doute indépendante du village lui-même. Les prélats vendirent le bien à Charles de Roly le 1er décembre 1610. Cantillon écrit que le roi d’Espagne engagea la terre à Charles Roly en 1561... Ce Charles, ou un autre vu les dates, allait épouser le 14 mars 1611 Jeanne de Croÿ, fille de Michel, mort après 1604, et de Jeanne de Tenremonde, dame de Neeryssche. Elle était issue des van der Hofstadt de Tenremonde que l’on croise aussi à Bornival. Michel avait convolé avec la fille d’Antoine de Tenremonde, sire de Sart-Messire-Guillaume et de Catherine de Huldenberghe, dite van der Borcht, dame de Neeryssche. Avant de nouer des liens avec Charles de Roly, Jeanne avait enduré le décès de son mari Arnould de Gottignies. À son tour, elle s’en alla vers le ciel le 22 novembre 1650. Son mari vécut encore onze ans. Le couple avait fait construire un château en 1633 et une ferme en 1638; elle est toujours in-situ. Ces Croÿ étaient de la branche de Sempy. On ne sait qui hérita de la terre de Vieusart aux décès des Roly-Croÿ. Comme il s’agissait d’une branche bâtarde en voie d’extinction, il est possible que le fief soit retourné aux Domaines ou qu’il ait été vendu.


Adoption liégeoise

Quoi qu’il en soit, avant 1630, on voit poindre le nez du Liégeois Guillaume de Beeckam. Ce dernier est décrit par Léon de Herckerode comme le fils de Guillaume et de Pétronille de Scagier, sœur du suffragant de trois princes-évêques de Liège (Autriche, Berghes et Groesbeeck). Herckenrode parle de Guillaume, sire de Vieux-Sart, Montreville (ou/et Monstreuil), Orsmael et Oignies. Il fut six fois mayeur de Liège. Il décéda le 29 février 1630. La seigneurie passa alors à son fils né en 1614 des œuvres de Marguerite de Bau. Il se prénommait Ferdinand. Il fut uni avec Anne de Fontigny dont les parents possédaient le très beau château-ferme de Neerheylissem. Leur fils Jean-Nicolas né en deuxième position, reprit la seigneurie et sans doute Neerheylissem qui fut aux Beeckman de ce temps. Or, à propos de Vieusart, de Seyn écrit qu’en 1703 un décret du Conseil de Brabant privait de cette terre Philippine de Ghistelles, dame de Thy et de Corroy, arrivée là on ne sait comment si ce n’est par un conflit de cousinage, en faveur de Jean-Nicolas de Beeckman. Elle aurait partagé le bien avec les enfants de Grégoire Beyens. Le frère de Jean-Nicolas, Philippe-Antoine, sera sire d’Avernas-le-Bauduin et de Bertrée, près de Hannut. Il le sera aussi de Schore, ce qui nous place à dix kilomètres de... Ghistelles. Cette branche des Beeckman allait s’éteindre dans les d’Oultremont, Copis et Lannoy.

D’autres Liégeois

Les Beeckman, faits barons en 1774, auraient pu se nommer Beeckman de Vieusart, comme écrit sur les lettres patentes de 1822 et de 1842 émises en faveur du baron Auguste (1786-1876). Mais les lettres ne furent pas relevées, pas plus que le nom. Sans doute est-ce Auguste qui décida de se défaire de Vieusart. En tous cas, on entra dans une nouvelle ère avec Mathieu-Nicolas-Joseph Leclercq à qui la commune de Saint-Josse-ten-Noode rend hommage par une plaque posée à la façade du 306 de la rue Royale. Membre du Congrès National en 1830, député de Liège, ministre de la Justice dans le cabinet libéral de 1840, procureur général à la Cour de Cassation, membre de l’Académie Royale des Sciences puis président de l’Académie Royale de Belgique, il était né à Herve en 1796. Il décéda en 1889. Il est le commanditaire du château actuel à l’architecte Jean-Pierre Cluysenaer. Le parc allait être dessiné à l’anglaise par Égide Rosseels en 1858 sur 40 hectares. Le domaine passa ensuite à son neveu Cyrille-Martial Le Clercq, né le 3 mai 1811 et enlevé à l’affection des siens le 7 septembre 1887. Il allait épouser Hortense-Marie de Dorlodot, née à Bruxelles le 30 juillet 1827. Hortense était la fille d’Eugène, sénateur-bourgmestre (1783-1869) et de Thérèse Houyoux (1799-1849). La fille d’Hortense et de Martial, prénommée Gabrielle (1846-1931), épousa Benjamin Crombez (1832-1902). Ils eurent un fils Martial (1870-1914). Benjamin était le fils de Benoît et d’Henriette Lefebvre (1790-1873), fille du célèbre entrepreneur Piat et de Marie-Robertine Boucher (Walhain). Après la disparition de Gabrielle survenue le 19 juillet 1931, le domaine passa à leur neveu.


Un palais de briques


Comme on le voit écrit dans le patrimoine monumental, Vieusart conserva à un moment donné deux châteaux. Celui de 1858 côtoya le plus ancien qui ne fut abattu qu’en 1864. Ce château datait de 1633. Il en reste une plaque d’époque. Cluysenaer donne ici un avant-goût de la magnificence du château de Dilbeek qu’il construira en 1862 pour le baron de Viron. Vieusart est un chouillat plus modeste en termes de décors et d’artifices médiévaux. De style néoroman, Vieusart est un immense quadrilatère posé sur un soubassement de pierre bleue. Il est constitué de briques et de pierre blanche utilisée à profusion mais sans excès. Le corps central du côté de la vallée est étiré sur neuf travées; il est encore augmenté par les deux travées finales des tours carrées en fort ressaut. Au centre du logis, se trouve un trio de travées en ressaut. Ce massif est à pans coupés et cantonné de deux tourelles hexagonales à toiture en poivrière. Le château monte sur deux niveaux et demi. Une paire de lucarnes à gradins répond au pignon central de même apparence. Ce que l’on remarque le plus peut-être, ce sont les tours latérales tant elles sont hautes. Elles montent sur quatre niveaux sous de hautes toitures en pavillon à coyaux très cabrés sommées de galeries de plomb ouvragé. Latéralement, le château compte quatre travées et des pignons à gradins. Les angles du côté de l’entrée sont assortis de tourelles en encorbellement. Du côté de l’accès, au nord, on ne compte plus que sept travées. Celle du centre est occupée par une tour carrée de cinq niveaux dont le rez est un passage couvert carrossable, percé de trois arcs en plein cintre. Voilà une vraie merveille, tenue au bouton.



On ne visite pas. Le château se voit de la rue.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)
Philippe de Cantillon, Délices du Brabant et de ses campagnes, chez Jean Neaulme 1767