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Le Steen, maison de plaisance de Rubens


Rubenskasteel - 1982 Elewijt (Zemst)



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  • Le Steen vu du parc semble ne rien redouter du temps qui passe. © Philippe Farcy

  • L’entrée du château face aux communs en U, s’effectue par un beau pont de quatre arches. © Philippe Farcy

  • Laurent-Benoît Dewez, architecte et seigneur de Steen, Le Parchemin, 52e année, n° 249, mai-juin 1987



Official Name Rubenskasteel
Location 1982 Elewijt (Zemst)
Construction 1304; 1635-1640; 1867-1875
Style Traditionnel brabançon
Architect Après 1844: Eugène Carpentier (1819-1886)
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien classé le 28 octobre 1948

Last udpate: 03/06/2012


L’ombre du grand homme plane sur les murs dans cet illustre manoir.

Sur la commune de Zemst, la route menant à Eppegem passe le long de l’ancienne propriété de Pierre-Paul Rubens (1577-1640). La seigneurie où coule le Baerebeek ne date pas de cet illustre hôte, mais remonte d’après les sources au XIIIe siècle.

À cette époque, Arnould de Wilre dit aussi Arnold de Lapide ou Arnold de Steen en est l’administrateur en lieu et place des Berthout. Au XIVe siècle, on y vit les Taye (Wemmel), suivis par les Oudart (Diegem), puis par les Borchgrave. En 1585, Paul de Carondelet, seigneur de Maulde, occupa le Steen. Ensuite Marie-Christine d’Egmont devint dame du Steen. Elle avait épousé un comte de Bournonville puis elle convola avec le comte de Mansfeld. Le nom de Steen est issu d’un ancien donjon qui subsista jusqu’au XVIIIe siècle. En 1622, il fut vendu à Frédéric de Maerselaer, sire d’Opdorp et à son épouse Marguerite de Baronaige ou Bernage (Perck). Une autre source prétend que l’acheteur de 1622 fut Jan Cools, seigneur de Corbais. En 1635, ce couple se défit du Steen en faveur de Pierre-Paul et d’Hélène Fourment quand David Teniers et Érasme Quellin vivaient à Perck et que van Dijck avait coulé des jours heureux à Saventhem. Rubens consentit d’importants aménagements pour transformer la place forte en une maison de plaisance. À tel point qu’il fit changer le cours du Baerebeek. Rubens acheta encore la seigneurie voisine de Oudenhoven en 1637, puis la ferme d’Attenvoorde en 1638. Les domaines de Perck et d’Elewyt furent érigés en baronnies en 1659. À cette dernière date, le Steen était occupé par Hélène et son second mari, Jean-Baptiste de Brouchoven, baron (1665) puis comte (1676) de Bergeyck, conseiller des Finances et ambassadeur de S.M.C. le roi d’Espagne. Hélène Fourment, fille de Daniel et de Claire Stappaerts, décéda le 4 août 1673. Le comte se remaria en 1674 avec Marie-Françoise d’Ennetières, fille de Jacques, baron de la Berlière et de Marie de Baudequin (Huldenberg, Batenborch). Le comte mourut à Toulouse le 13 novembre 1681. Son fils Hyacinthe, né du premier lit, reprit le Steen. Il était aussi seigneur de Spy. Il avait épousé en 1678 la namuroise Marie-Adrienne de Zualart, fille de Ferdinand et de Constance de Monin.


Visite royale

Dès 1682, le domaine fut vendu sans que l’on sache à qui. Dans la première moitié du siècle suivant, apparaissent les Provyns puis Albertine (peut-être des comtes de Wynants (Houtain-le-Val). Madame fit construire le quartier des invités en 1754, sans doute après avoir dû constater leur utilité quand le roi Louis XV se présenta aux grilles et vint dormir le 11 mai 1746 avec sa Cour. Après le décès d’Albertine survenu en 1771, le domaine de plus de 100 ha passa en 1773 dans les mains du premier architecte du gouverneur Charles de Lorraine, Laurent-Benoît Dewez. À cette époque, Dewez construisait la prison de Vilvorde, sorte de Bastille bruxelloise. Il ne semble pas être intervenu sur le château. Le passage d’un siècle à l’autre fut délicat; le Steen était abandonné par Dewez qui avait filé à Vienne. Il fut pillé par les Français. Dans le courant du XIXe siècle, le bien fut acquis, après 1844 sans doute, par le baron Charles Wouters-Coppens, de Gand, qui le restaura avec l’aide de l’architecte Carpentier, nous apprend Paul Arren. En 1913, le futur baron (1922) Auguste de Becker-Remy, sénateur, acheta le domaine. Né à Anvers en 1862, il épousa Clémence Remy en 1886 et décéda en 1930. Auguste maria sa fille Madeleine à Elewyt en 1919, à Adalbert de Ryckman de Betz. Ensuite, Elewyt entra dans le patrimoine du neveu d’Auguste, le comte de Borchgrave. Mais le bien resta vide et à nouveau abandonné durant plusieurs années, sauf pendant l’Occupation. Montgomery résida ici. Il aura fallu attendre 1955 pour que l’industriel tournaisien Paul Maison (1916-1990) vint à son tour sauver ce lieu chargé d’histoire. Le château se trouve toujours dans sa descendance, mais il ne reste plus que dix des quatre-vingts hectares du temps des Becker-Remy. Le reste a été loti.


Long vaisseau

Bordé d’eau, le château flotte comme un illustre vaisseau sur les vagues de l’Histoire. Il est construit en briques, grès et pierre blanche. Le château est en L et composé de deux blocs de hauteurs inégales. La plus petite a été surélevée par le baron Coppens. Une gravure de F. Stroobant de 1844 montre cette partie limitée à un seul niveau de baies sommées de jours en attique. La demeure est reliée aux communs par un pont dormant; jadis il était à pont-levis. L’édifice compte sur sa totalité quatorze travées. L’architecte Eugène Carpentier (1819-1886) intervint pour restaurer les façades, les unifier et agrandir les annexes. La partie basse de la maison est en grès jusqu’au cordon qui limite les deux niveaux de résidence des maîtres. L’entrée vers la cour s’effectue en passant sous un châtelet carrossable de trois niveaux sous une bâtière d’ardoises à pignons débordants crénelés, centrée sur une lucarne passante. La façade arrière donne sur des étendues de pelouses comblant ainsi les anciens fossés. Cette partie possède une aile de retour qui abrite un grand salon. On voit aussi une tourelle d’escalier de cinq pans, engagée. Elle jouxte une galerie vitrée extérieure. De l’autre côté de l’eau, se trouve la basse-cour et ses très beaux bâtiments.



Les lieux se louent pour des fêtes privées.


SOURCES
:
Dominique de Kerckhove dit van der Varent, Généalogie de la famille de Baronaige (alias Barnage, Bernage ou Bornaige), Le Parchemin, 73e année, n° 378, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 2008
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel V,  Hobonia 1993