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La Cense du Seigneur, un paradis de fleurs


La Cense du Seigneur - 1370 Mélin (Jodoigne)



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Category : Information Business Events
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  • Le romantisme est bien présent à Mélin depuis la création de superbes jardins par Gwendoline et Éric le Hardÿ de Beaulieu.Vue de la cour en U, la maison profite de belles dépendances et d’une perspective vers les campagnes.



Official Name La Cense du Seigneur
Location 1370 Mélin (Jodoigne)
Construction 1656; 1736 et 1885
Style Traditionnel
Architect
Occupants
Allocation Chambres d'hôtes, atelier d'architecture
Protection Bien non classé

Last udpate: 11/07/2011


À quelques pas de Jodoigne, le petit village de Mélin offre un caractère délicat et chaleureux qui lui vient, comme les autres villages des environs, de la beauté des pierres de Gobertange (grès calcaire). Dorée et moelleuse comme la mousse d’une bière qui ne pourrait être que de Hoegaarden si proche, la pierre locale ravit les habitants du cru et les touristes égarés. Puis s’y retrouvent les amoureux des fleurs qui s’y rendent chaque année en avril pour un festival de plantes. Dès le XIIe siècle, Mélin était une terre relevant du duc de Brabant, donnée en fief à un vassal. Comme le signale J. Schayes en 1974 dans « Maison d’Hier et d’Aujourd’hui » en reprenant Butkens, Mélin possédait tous les niveaux de justice et fut à un moment donné élevé au rang d’un marquisat. Schayes ajoute que le premier seigneur connu en ce lieu était Ségar de Mélin mentionné dans un acte de donation daté de 1177. Il offrait une terre à l’abbaye de Villers. N’ayant pas eu de descendance le fief retourna au duc.


Échange


En 1284, le duc Jean Ier éleva Mélin au rang d’une seigneurie indépendante pour la donner à son cousin Gérard II de Limbourg-Luxembourg, fils cadet de Walram IV, héritier du duché de Limbourg, et de la fameuse Ermesinde, comtesse de Luxembourg. Sire de Durbuy, il épousa Mechtilde de Clèves, fille de Thierry, héritier du comté, et d’Élisabeth de Brabant. Gérard II avait de légitimes visées familiales sur la minuscule cité de Limbourg. Cet échange mit fin à ses prétentions. Alors Mélin valait Limbourg, ce qui n’est pas rien quand on sait le poids stratégique de l’éperon ducal dominant la Vesdre. Mathilde, fille de Gérard, hérita du domaine de Mélin. Elle épousa Baudouin de Henin-Lietard, seigneur de Fontaine-l’Evêque, mort en 1295. Il était le chef d’une des plus illustres maisons de l’histoire du Hainaut dont on connaît surtout leur branche cadette, les Henin-Lietard, comtes de Boussu, princes de Chimay. Les Fontaine restèrent seigneurs de Mélin jusqu’en 1508 quand Baudry de Roisin fut désigné comme seigneur par son mariage avec une Fontaine. Un Roisin allait ensuite vendre Mélin en 1549 à son cousin Jean II de Hamal, baron de Trazegnies et de Monceau, époux de Jacqueline de Henin-Lietard, dame de Fontaine-l’Évêque, dont la mère était une Lannoy. Jean II laissa Mélin en 1554 à son parent le chevalier Claude Bouton (1473-1556). Époux de Jacqueline de Lannoy, il fut sire de Corberon, près de Beaune (Côte d’Or), membre du Conseil Souverain de Brabant et personnage influent proche des empereurs Maximilien et Charles Quint. Les seigneurs de Mélin jusque-là n’habitaient point leur domaine.


Présence espagnole


Thierry, fils de Claude Bouton, releva Mélin en 1556, comme de juste. C’est à lui que l’on devait en 1568 d’avoir une maison ornée de tours diverses. Il allait épouser Barbe Lopez de Villanova. Thierry Bouton était proche des réformés et ses biens furent saisis dès 1568 par le duc d’Albe. Le Thierry ne profita jamais de sa neuve demeure et sa femme ne retrouva le bien qu’à l’état de veuve en 1576 après la capitulation d’Anvers où les Bouton, qui n’avaient pas Eccloo (Ekklo) en tête, allèrent résider. Dame Bouton décéda à Mélin en 1622. Sa fille Sabine épousa Juan de Cordova. Elle hérita et en fit profiter son fils qui offrit le lot à trois neveux. Ils vendirent le domaine en 1653 à Anne-Marie de Cabiro d’Espinosa, veuve de Don Albert Vacca de Bénavides. Dès 1656, son fils Philibert de Sotomayor devint maître des lieux. Il était comte de Palomar et fut créé marquis de Mélin en cette année 1656.


Sa femme devint veuve et enterra même leurs quatre enfants. Elle s’en alla en 1722 après avoir testé en faveur de Philippe van der Laen, seigneur de Bisecq, écrit J. Schayes (lieu non repéré). Van der Laen dut affronter un incendie en 1736. En 1757, le fief passa à Isabelle-Norbertine van der Laen, épouse de Jean-Jérôme de Limpens. Leur fille Marie-Albertine fut unie à Jean-Joseph, deuxième comte de Robiano (1733-1785), sire de Beyssem, Bueken et Assent. Un de leurs fils, François-Xavier (1778-1836), sera le dernier seigneur de Mélin. Marié en 1805 à Marie Gillès, il allait reprendre en 1829 le château de Clerfayt qui avait appartenu à sa tante Polyxène de Croix de Clerfayt. Mélin passa à leur fils Maurice (1815-1869), marié à la comtesse Marie de Grunne, fille de Charles et d’Élisabeth de Sécus.



Aide de camp


Sous l’ère mauricienne, en 1855, le château brûla. Il ne sera restauré qu’en 1885 et mis dans sa disposition actuelle de simple quadrilatère. Leur fille Marie de Robiano (1845-1917) assuma ces frais avec son époux le comte Théodore d’Oultremont, aide de camp de Léopold II, fils de Ferdinand et d’Isabelle Bonham. La maison était alors louée à des fermiers et servit de cuisine pour l’aéroport de Beauvechain en 1940-1945. Mélin devint presque une ruine. Hervé d’Oultremont (1901-1972), petit-fils des précédents, marié en 1927 à la comtesse Charlotte d’Ursel, originaire du château de Durbuy, vendit la maison pour 400.000 francs avec un hectare et demi aux La Barre, vers 1960. Après avoir restauré les bâtiments, les La Barre (Mme était née Françoise Conotte) vendirent en 1984 Mélin à l’actuel propriétaire, Eric le Hardÿ de Beaulieu, époux de Gwendoline Lemaire.
La demeure placée en contrebas de l’église longe la voirie jusqu’au carrefour. Elle se signale par un puissant massif de résidence de deux niveaux aux baies à croisées ou à traverse, longue de cinq travées et large de deux travées latérales vers le porche d’entrée. Vers la cour en U – elle était carrée avec une grange en briques jusqu’aux La Barre –, la largeur est entamée par la suite du logis, plus étroit et long de trois travées. Les toitures à coyaux couvertes d’ardoises sont unifiées et rythmées de lucarnes en bâtière. À l’angle du logis, démarre les anciens communs transformés en résidence sous leur toiture couverte de tuiles. La cour a été pavée et agrémentée d’une mosaïque de surface herbeuse limitée de buis.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005