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Walhain, des tours liées au Louvre


Château de Walhain - 1457 Walhain-Saint-Paul (Walhain)



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  • Walhain, c’est une longue histoire qui ne s’est pas arrêtée aux murs chancelants. © Philippe Farcy

  • Issu des Mémoires de Madame de Créquy, un couplet satyrique du comte de Maurepas à propos de la comtesse de Marsan, donné lors d’un Noël de la Cour de France : « Je suis, sans être vaine, Dit la prude Marsan, Princesse de Lorraine, Et (qui plus est) Rohan ! J’amène prudemment, À Joseph et Marie, Une fille de ma maison, De peur que le divin poupon Un jour se mésallie. » © Philippe Farcy



Official Name Château de Walhain
Location 1457 Walhain-Saint-Paul (Walhain)
Construction Milieu du XIIe siècle et XIIIe siècle; restauration au XVIe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants Institut du Patrimoine Wallon (IPW)
Allocation Sans
Protection Bien classé en 1955, extension de classement en octobre 1980 et après

Last udpate: 03/01/2013


Les Walhain, des ministériales surveillant les frontières


Le château comme le village évoque le souvenir d’une famille qui était devenue relativement puissante. Les Walhain furent à la tête d’un chapelet de maisons fortes dans un périmètre assez restreint. Les nombreuses seigneuries détenues par eux entre le XIIe et la XVe siècle s’étiraient de Corbais à Bonlez, d’Alvaux à Opprebais, de Blanmont à Saint-Géry. Le village de Walhain dépendait en partie de l’abbaye de Gembloux dès le Xe siècle. Le château de Walhain, en ruine partielle déjà à la fin du XVIIe siècle, puis abandonné aux vents qui eurent raison de sa superbe en 1794 sous l’effet de la foudre qui enflamma toutes les couvertures, était protégé par une enceinte de plan polygonal irrégulière et piquée de trois tours rondes aux angles. La première muraille était précédée par un réseau aqueux, toujours présent, qui en faisait le tour. Le château était, quant à lui, installé plus à l’est, sur une seconde zone défendue par d’autres fossés remplis d’eau devenus des marais.



Tour tronconique


On accédait à la haute cour par un châtelet d’entrée campé de deux autres tours. Le donjon principal monte encore sur trois niveaux. D’apparence tronconique, on sait que sa base présente un diamètre de onze mètres. Ses murs à ce niveau sont épais de plus de deux mètres. La porte ancienne est obturée, mais il reste quelques baies et même trois archères qui rappellent le caractère militaire des bâtiments. Un escalier intramural, comme à Moriensart, relie le rez au premier niveau. Au-delà, l’escalier était en bois. Du côté des élévations, on remarquera qu’elles sont construites en grès ferrugineux et parfois on trouve du schiste. Du châtelet, on ne conserve que la base et le premier niveau d’une des tours rondes. L’entrée était jadis défendue par un pont-levis qui faisait face à un pont de bois comme le montre la gravure d’Harrewijn datant de la fin du XVIIe siècle (1696). Il ne reste du corps de logis qu’un soubassement bien peu épais. Enfin, un long bâtiment rectangulaire bordait un des fossés, mais il n’en reste presque rien sinon des pans de murs de ce qui était le logis des maîtres de céans. Il s’agissait des marquis de Berghes.


La fierté des Berghes


Au XIVe siècle, Walhain échut par mariage aux Looz, seigneurs d’Agimont. Jean III de Looz avait épousé Mathilde, dame de Walhain et de Hemricourt. En 1435, signale Jean Bataille, le domaine fut acheté par les Glymes, futurs marquis de Berghes et comtes de Walhain. L’héritière des Berghes, Marie-Marguerite de Merode, épousa en 1577 Jean de Witthem. Leurs deux filles aînées épousèrent deux frères, les comtes de Berg. La troisième fille, Ernestine, donna la main à Claude-François de Cusance, baron de Belvoir. Ils eurent cinq enfants (deux fils et trois filles) dont: Béatrice qui épousa d’abord le prince de Cantecroix puis Charles IV de Lorraine et sa sœur qui devint comtesse de Champlitte (Beersel). À cette époque, Walhain avait comme fief secondaire le château de Beaurieux à Court-Saint-Etienne dont on garde la ferme.



Entre Versailles et les Tuileries


Francis Dugardyn nous apprend pour la suite que la comtesse de Marsan, décédée à Linz en 1803, « avait légué ce bien à sa nièce la princesse Armande-Victoire-Josèphe de Rohan-Soubise, épouse de Henri de Rohan, prince de Guéménée ».

« Maîtresse des enfans de France » à Versailles, résidant aux Tuileries dont le Louvre conserve le pavillon à son nom le long de la Seine vers le parc, la comtesse de Marsan tenait Walhain de son ascendance Witthem et non des terres « flamandes » de son mari. Ce dernier les tenait de son aïeul Charles-Henri de Lorraine, comte de Vaudémont, fils du duc Charles IV et de Béatrice de Cusance. Charles les avait reçues en guise (forcément) de payement de la part du roi Philippe IV d’Espagne. On y trouvait Flobecq, Lessinnes, Ellezelles (300 hectares) et Ninove.

Dès 1804, l’héritière (Armande) se défaisait des ruines en faveur de la maison de commerce tournaisienne de Piat Lefebvre et fils, associés aux Boucher (Vieusart). Wauters signale pour sa part que Mme de Marsan vendit juste avant de rendre l’âme tous ses biens pour 2 millions de livres au sieur Lefebvre sauf son domaine de Grammont. En 1808, François-Joseph Lefebvre-Boucher était devenu seul propriétaire de Walhain. Sa fille allait épouser un sieur Crombez, de Tournai. À leur suite, vinrent de multiples proriétaires jusqu’au fermier de Walhain, M. Hautbruge. En 1989, les actuels propriétaires lui achetèrent le domaine. Depuis 1998, l’Université Catholique de Louvain et l’Université de l’Illinois à Chicago fouillent le site. La haute cour a été partiellement dégagée en cet été 2005 pour la première fois. On y a découvert les bases de deux édifices. De plus, il est désormais avéré que les terres ont été apportées pour ériger sur un lieu stable le futur château posé sur des marais.


Visites parfois autorisées. Les ruines se voient de la route. Les ruines sont à plaire.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Jean Bataille et Philippe Seydoux, Châteaux et manoirs du BrabantÉditions de la Morande 1980

Christophe de Fossa, La noblesse du Pays de Liège aux XIIIe et XIVe siècles. Le cas des Looz-Agimont et des Berlo, Le Parchemin, n° 167, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, septembre-octobre 1973



REMERCIEMENTS:
Christian Jouffroy, Château de Belvoir (France)