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La vie festive du château Bourgogne à Estaimbourg


Château de Bourgogne - 7730 Estaimbourg (Estaimpuis)



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  • Le château de Bourgogne est une grande réussite éclectique qui mélange les effets romans, gothiques et traditionnels du XVIIe siècle.



Official Name Château de Bourgogne
Location 7730 Estaimbourg (Estaimpuis)
Construction 1854
Style Éclectique
Architect Antoine-Justin-Joseph Bruyenne (1811-1896)
Occupants Du-Biez Traiteur
Allocation Mariages, séminaires, soirées de gala, fêtes de famille ...
Protection Bien non classé

Last udpate: 04/01/2013


Un chef-d’œuvre éclectique dû à Justin Bruyenne, élève de Bruno Renard


Le château de Bourgogne à Estaimbourg est un beau et gros gâteau de style éclectique mêlant le néoroman au néogothique. Il a été érigé en 1854 par Charles de Bourgogne, mayeur de son village de 1835 à 1886. L’architecte de ce très important château, nous apprend Laure André, est Justin Bruyenne (1811-1896). Élève de Bruno Renard (Bellem, Hornu), Bruyenne livra plusieurs châteaux et des églises au Tournaisis (Obigies, Hérinnes) et au Hainaut jusqu’à Seneffe. Ses châteaux sont ceux de la Marlière à Orcq, d’Ere et des Six à Froyennes, de H. Duquesne à Vaulx et de La Quenelée à Antoing. À Estaimbourg, il y eut toutefois, avant ce bel édifice en U, un château fort qui fut détruit en 1340 durant la guerre de Cent Ans. Remonté, il fut à nouveau démantelé par les troupes françaises de Louis XI, en 1478 quand le sire d’Estaimbourg, Osterard de Frasnes fut raccourci à Tournai pour crime de félonie envers son suzerain. Gaston Preud’Homme dans les Communes de Belgique ne cite pas ce seigneur, mais il reprend O. Colin qui donna en 1932 toute la liste des seigneurs et maîtres de céans. On se souviendra ainsi de Baudouin d’Auberchicourt (dès 1302) époux de Yolande de Roisin. Le bien passa par alliance à la famille dAntoing au XIVe siècle puis, au début du XVe, il échut à Isabelle de Sainte-Aldegonde, unie à Jacques d’Ollehain, mort en 1417. Quinze Ollehain allaient tenir le fief qui fut repris par Philippe d’Ollehain, onzième sur la liste. Sa lame funéraire, superbe, est conservée dans l’église du village. Elle date de 1507. En 1566, Jehan de la Broye, dont la mère était une Ollehain, était seigneur d’Estaimbourg. Dix de la Broye allaient se succéder dont Alexandrine-Françoise qui avait épousé l’architecte de la ville de Tournai, Arnould Théry. Avant 1664, Antoine Sanderus donna une aquarelle du château ancien. Elle est conservée à la Bibliothèque royale de Bruxelles au département des Manuscrits (réf: Ms.n. 16.823).


Fief des Villegas


En 1715, le domaine échut aux comtes de Villegas par mariage. Il s’agissait de l’arrière-petit-fils du premier Villegas établi dans nos contrées, à savoir Diego, gentilhomme de la Chambre de Charles-Quint. Il était marié à Adrienne de la Corona, fille de Lopez et de Françoise de Joigny de Pamele remariée à François de Griboval, seigneur de Berquin. Les Griboval se sont éteints dans les Nassau-Corroy. Leur descendant Jacques-Ferdinand de Villegas était baron dHovorst, seigneur de Bouchout, de Viersel et de Wester, au marquisat d’Anvers (1658-1723). Il était le fils de Paul-Melchior et de Marie-Isabelle van Ophem. Jacques-Ferdinand épousa en secondes noces Marie-Jeanne de la Broye, dame d’Estaimbourg, fille unique et héritière de Guillaume-Albert et d’Anne-Marguerite de Koeller. Du second lit, sortirent six enfants après les deux aînés nés de premières étreintes. Jacques-Ferdinand hérita d’Estaimbourg. Il transmit le témoin à Melchior-Joseph qui en fit autant avec Charles. Les Villegas gardèrent ce bien jusqu’en 1806 quand Charles-Emmanuel vendit une grande partie du domaine au marquis de Brand de Maizières (y a-t-il un lien avec les comtes français de Brandt de Granmetz ?).

La fille du marquis Marie-Claire épousa alors Philippe de Bourgogne (1774-1851) qui était un descendant d’un bâtard des ducs de ce nom. Grâce à l’aide précieuse de Laure André, nous savons que leur fils Charles (1801-1886) hérita du site et érigea le château que l’on voit toujours. Il avait épousé Marie-Antoinette de la Chaussée décédée elle aussi en 1886. L’héritage passa à leur fille connue sous le nom de Marie de Bourgogne Herlaer. Elle est née à Lille en 1839. Le 29 mai 1864, elle épousa Gaston (Martin) de Marolles, fils de Philippe-Jacques dit « James » (1800-1884), mort au château d’Allouis dans le Cher, et d’Anna (des marquis) de Beaucorps Créquy (1813-1906) décédée au château de Champmartin, à Mehun (Cher).

Leur fille Anne de Marolles née à Estaimpuis en 1874 (elle décéda en 1964), allait convoler avec Louis Gaëtan Martin de La Bastide, né en 1866. Par donation du 27 décembre 1899, le domaine fut offert à Louis-Gaëtan et à son cousin Pierre-Louis de Marolles. Louis-Gaëtan était fils de Paul et de Mme née de Maussion. Louis-Gaëtan habitait au château de la Cour à Allogny, en Charente. Les propriétaires vendirent finalement le domaine le 12 décembre 1912 à Maurice Caulliez-Leurent, industriel de Tourcoing. Ce dernier décéda en 1926 et ses huit enfants se partagèrent le lot. Louis Tiberghien et divers consorts reprirent la gestion. En 1936 Louis décéda et laissa le château à son fils Jean (+1957) marié sans doute à sa cousine Maria-Emmanuelle Caulliez. La commune d’Estaimpuis racheta le château et son parc le 9 février 1959 à cette ultime succession.



Parc public


Le château est implanté dans un parc de 18 ha. Il est construit sur l’ancien fort dont on a retrouvé, il n’y a guère, les bases du pont-levis. Il est ceinturé d’eau sur ses quatre côtés. Il pose sur de très épais soubassements biseautés en pierre bleue dont la puissance, l’épaisseur et les éléments défensifs pourraient laisser penser qu’il s’agit des restes améliorés de l’ancienne demeure médiévale. Le château, érigé en briques et pierre, bleue monte sur deux niveaux d’égale hauteur, séparés par d’épais bandeaux larmier. Il s’étire sur sept travées. De style Renaissance flamande animé de frises d’arcatures, le château ne manque pas de grandeur. Il est disposé en U pour la cour d’honneur à laquelle on accède par un terre-plein. On remarquera d’emblée l’abondance des décors de pierre bleue aux arêtes des façades, chaînées, aux montants des baies à croisées ou à petits-bois, aux consoles des encorbellements qui agrémentent les diverses tours et tourelles, aux échaguettes et autres balcons. Ce château est bourré de fantaisie soulignée avec majesté par les pignons à gradins que l’on retrouve aux ailes en retour sur la haute cour mais aussi sur les travées en ressaut des angles et aux larges lucarnes. Une grande œuvre en somme qui vaut bien Tilleghem, près de Bruges.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005
C. et G. Preud’homme,  Communes de Belgique. Dictionnaire d'histoire et de géographie administrative 1979