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Là-Bas, quand la caravane passe comme le Temps


Château de Là-Bas - 5310 Aische-en-Refail (Eghezée)



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  • © Philippe Farcy

  • Cet important ensemble formé par le château et la ferme sert de cadre bucolique à un camping au cœur de la belle campagne hesbignonne.



Official Name Château de Là-Bas
Location 5310 Aische-en-Refail (Eghezée)
Construction XVIIe et XVIIIe siècles puis vers 1875
Style Éclectique
Architect
Occupants Le Manoir de Là-Bas (Europa-Camping-Caravaning s.a.)
Allocation Camping
Protection Bien non classé

Last udpate: 06/01/2013


Là-Bas, un parc de qualité pour un camping de luxe.


À Aische-en-Refail, se trouve le domaine du vieux château. Ses ruines sont en cours de réaffectation. Elles émergent dans les verts pâturages. Mais le village compte, dans sa partie nord, le domaine de 23 hectares – muré partiellement – du château de Là-Bas assorti de sa ferme. Les terres postées au-delà d’un grand étang sont nommées « La Couture ». Le nom curieux du domaine n’est expliqué par aucune source. La ferme très belle dans son aspect des XVIIe et XVIIIe siècles est déjà signalée au XVe siècle. Elle touche le château dans toute sa longueur par le logis en double épaisseur; une partie est réservée aux châtelains et l’autre abritait jadis les fermiers. Celui des fermiers est un peu austère et sec. Son très beau porche à colombier prolonge la façade latérale du château. Un autre porche clôt la perspective de la cour. Le château actuel se présente dans un aspect de la seconde moitié du XIXe siècle. Sans doute a-t-il été rhabillé à cette période sur la précédente maison dont on devine le rythme ancien des structures et un système décoratif des baies où les montants plats parfois chaînés et leurs jambages harpés n’ont rien de l’éclectisme. L’architecte qui intervint vers 1875 était d’origine londonienne.


Fief des princes Pignatelli


Le premier seigneur connu serait Jean de Vaulx d’Avennes. Il est mentionné en 1513. Mais on sait que le domaine existait en 1405. Au XVIIe siècle sans doute par mariage, Là-Bas aurait été propriété des de la Bawette. Le Fort signale en effet que Jean de la Bawette, seigneur de Frizet près de Vedrin (la ferme seigneuriale borde le Ravel) uni à Jeanne de Vaulx d’Avennes, maria sa fille Marie-Charlotte à Philippe d’Auvin (Hodoumont). Après eux, Là-Bas devint la propriété de Nicolas Pignatelli, duc de Bisaccia, général d’artillerie de S.M.I., chargé de réorganiser les armées des Pays-Bas. Nicolas était le fils Charles et de Claire del Giudice. Il avait épousé Marie d’Egmont, fille de Philippe et de Marie-Ferdinande de Croÿ. Les Pignatelli, qui furent héritiers des comtes d’Egmont à Sottegem (Zottegem en flamand), étaient dans les terres liégeoises dépendantes du duché de Bouillon, barons de Hierges. À Hierges, leurs héritiers furent les princes d’Arenberg. Les Pignatelli princes napolitains – sous domination espagnoles comme les Pays-Bas du Sud – eurent un pape de 1691 à 1700; il avait pris le nom d’Innocent XII. Nicolas était son neveu. Toujours par succession, les Pignatelli devinrent sires en partie de Beauraing qu’ils partagèrent au XVIIIe siècle avec les comtes de Beaufort-Spontin. Leur présence à Là-Bas vint sans doute des Arenberg ou des Egmont. On sait en effet que Léopold-Philippe d’Arenberg était le fils de Philippe-Charles et de Marie-Henriette d'Alcaretto Savona y Grana, duc d’Arenberg, duc d’Arschot et duc de Croÿ, prince de Rebecque, marquis de Montcornet, comte de Lalaing, etc.

Léopold-Philippe mourut au château d’Héverlé le 4 mars 1754. Il avait épousé à Bruxelles le 29 mars 1711 Marie-Françoise Pignatelli (1696-1766), fille de notre Nicolas, duc de Bisaccia. À la suite des Pignatelli, le château entra en possession des Posson. Ils réaménagèrent la ferme en 1734, comme en témoigne une pierre armoriée (gratée) datée. Deux tours d’angle portent encore les armes des Pignatelli (trois burettes). José Douxchamps signale que le mariage de Philippine de Posson, avec Lambert Philippart offrit le domaine à cette dernière famille. Au milieu du XIXe siècle, Joséphine Philippart convola avec Philippe van Goidtsen-hoven, patricien de Jodoigne. Vers 1870, ils firent aménager le château. Leur parent Léopold van Goidtsenhoven hérita du bien en 1903. Il était l’époux de la comtesse Henriette van der Burch et garda le lot jusqu’en 1929, date de son décès. Leur fille, prénommée Madeleine (1882-1927), allait unir en 1907 sa destinée à celle de Guy, comte d’Aspremont-Lynden. Madeleine aurait fait ériger l’aile droite du château où se trouve l’actuelle conciergerie, dit une source, alors que son père vivait toujours. Quoi qu’il en soit en 1929, la Compagnie Bernheim achetait le terrain. En 1955, la firme « Governor », dirigée par deux frères et une sœur qui avaient une entreprise de draperie, se fit un devoir de vider tous les décors intérieurs du château et créa un premier camping. En 1958, le professeur abbé Paul Bouts de l’Université Catholique de Louvain acquit le bien et y établit un centre international d’études; Douxchamps dit qu’il y mit des réfugiés ukrainiens. Enfin en 1968, la société anonyme « Europa-Camping-Caravaning », dirigée par le sénateur-mayeur de Woluwé-Saint-Pierre Jacques Vandenhaute, rachetait l’ensemble castral et y édifiait un camping de 620 emplacements. Ce fut le premier camping permanent de Belgique.



Un palais de briques


Le château est bordé par un rau qui ira se jeter dans la Mehaigne et plonge son aile sud dans des douves canalisées dont on admirera le garde-corps néorenaissance en fonte aux chiffres de LVG. Si la ferme est peinte en blanc, le château a gardé son coloris de briques. La petite face est large de quatre travées et une tour circulaire engagée crée la césure avec la partie réservée à la ferme. La façade donnant sur le parc s’étire sur douze travées. Des pilastres plats scandent l’alignement des baies tandis que deux tours carrées engagées et à pans coupés donnent de l’élévation à une bâtisse très longue. Ces deux tours sont ornées de clochetons ajourés. Vers le nord, il a été ajouté une tour carrée en fort ressaut plus basse que les précédentes et des écuries joliment ornées de médaillons.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005