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Le temps s'est immobilisé à Hodoumont


Château d'Hodoumont - 5354 Jallet (Ohey)



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Category : Information Business Events
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Official Name Château d'Hodoumont
Location 5354 Jallet (Ohey)
Construction Vers 1300; 1612; vers 1765
Style Traditionnel mosan
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien classé le 31 mars 1983

Last udpate: 25/07/2013


Le calcaire s’offre à Hodoumont une cure de légèreté


Perdu dans les campagnes du Condroz, bordé par un ruisseau au nom bien de chez nous, la Flemme, le domaine d’Hodoumont est à lui seul une entité. Il est comme jadis un lieu de vie indépendant du village de Jallet dont il dépend officiellement. Le château est posé dans un vallonnement, sur une butte qui domine un grand étang aux extrémités arrondies. L’accès à la demeure s’effectue en gravissant une légère pente bordée de quelques tilleuls imposants et de piliers sommés d’urnes couvertes du meilleur effet. Une drève prolonge l’effet de perspective quand on tourne le dos aux bâtiments. Grâce aux dépendances du XVIIIe siècle et à leurs toitures à la Mansard, Hodoumont profite d’une cour intérieure très délicate, non fermée en totalité. Mais le logis est bien plus ancien. Il fut construit sans doute dès le début du XIVe siècle en forme de donjon carré haut et puissant, aux murs épais de deux mètres. Le tout est édifié en pierre calcaire. La pierre calcaire unifie la presque totalité des édifices, exception faite des communs. Dans le fil du temps, on lui ajouta des éléments de défense comme les six tours d’angle ornées de plinthes biseautées que l’on trouve à part égale entre le château et la ferme fortifiée attenante. La résidence des maîtres fut améliorée à l’aube du XVIIe siècle. Le donjon compte quatre niveaux posés sur de hautes caves où l’on voit des voûtes en berceau. Une bretèche subsiste sur la face sud. La tour possède une corniche de pierre posée sur des corbeaux en quart-de-rond; elle est augmentée d’une autre corniche en bois. La toiture à croupes et à coyaux de cette tour est couverte d’ardoises. Vers 1612, semble-t-il, le château fut agrandi du logis longitudinal que l’on voit toujours. Il sera encore amélioré et agrandi en un double corps dans le courant du XVIIIe siècle. La maison court sur cinq travées dont deux sont inscrites dans le donjon. Sur le côté entre les deux tours d’angle arrondies, on voit quatre travées de hauteurs dégressives posées sur les caves qu’illuminent de petits jours carrés. Vers l’étang, la bâtisse file sur sept travées dont une sert d’accès vers le parc grâce à un escalier fort élégant.


Un château magnifique à l’histoire méconnue

D’après André Chapelle, une première fortification existait ici vers 900. Elle fut détruite lors de la Guerre de la Vache en 1275. À cette époque, Hodoumont était déjà une seigneurie hautaine qui dépendait de la prévôté de Poilvache. Le premier maître de céans connu est cité par les sources vers 1343. Il s’agissait de Jamekin de Jamotines. Il avait épousé la sœur de Lambert, seigneur de Goesnes. Jusqu’en 1278, Hodoumont appartenait aux Goesnes qui étaient des Beaufort, mais les documents font défaut.

Ensuite quand Goesnes la Liégeoise devint après la Guerre de la Vache une seigneurie hautaine du comté de Namur, on y trouva une famille de drapiers hutois qui prirent le nom de Goesnes. Les héritiers de Jamekin, à commencer par son fils Libier, prirent comme nom celui du fief; ils devinrent Hodoumont. Ils conservèrent le bien jusqu’à la seconde moitié du XVIe siècle, en 1553 pour être précis. Ensuite, le château entra dans le patrimoine de Jehan de Ceels dit aussi de Celles. Le 23 décembre 1756, Houdoumont fut hérité par le petit-fils de Charles d’Auvin, né vers 1630-1703, seigneur de Burdinne et de Vissoul, car il était le dernier héritier des Celles. Il s’agissait de Charles-Joseph d’Auvin (1756-1834) dont la mère était Françoise de Hamal. Il s’agit d’une branche bâtarde des Hamal qui étaient seigneurs de Petite-Somme dont le dernier représentant, père de la baronne d’Auvin de Burdinne, avait épousé une Hemricourt de Grunne dont la mère était née Lambertye. Celle-ci était la cousine germaine de la marquise du Pont d’Oye. La sœur de ce « comte de Hamal » – car il avait motu proprio pris ce titre qui revenait aux Hamal de Vierves, seule branche légitime – était Mechtilde de Hamal qui, avec son mari, Servais-François de Baillet-Latour, construisit le vieux château de la Trapperie (aux Merode) à Habay. Charles-Joseph avait cinq mois et le relief fut opéré par son tuteur L.B. de Lochon (Oteppe). C’est dès lors à Charles-Joseph que l’on doit l’aménagement des espaces intérieurs dans leur apparence actuelle. On lui doit aussi les dépendances en briques animées de leurs beaux porches en plein cintre munis de montants harpés en calcaire. À propos des d’Auvin, par ailleurs seigneurs de Lamontzée, Acosse et de la Keusserie, André et Francine Van der Ghinst ont écrit en 2002 un livre passionnant sur Burdinne où les d’Auvin, branche des fameux seigneurs de Blehen, jouèrent un rôle majeur. Charles d’Auvin précité était le fils de Philippe – dont la mère était Cécile de Woestenraedt sis près de Charneux – et de Anne de Bermingham, dame de Frizet, hameau près de Vedrin où la ferme seigneuriale est conservée. Charles eut un frère Philippe qui épousa une Pinchart (Wartet). Sa sœur Anne-Marie épousa un Woelmont, seigneur de Hambraine, Cortil-Wodon et Frocourt. Charles d’Auvin épousa Marguerite de Celles, ce qui allait pousser les d’Auvin vers le Condroz où ils devinrent baron de Perwez (Ohey). Ce château est cité par Saumery en 1742. Marguerite était la fille de Jean et de Jeanne-Ferdinande de Prez de Barchon décédée en 1715. En 1881, les d’Auvin s’éteignirent sans hoirs. Le domaine passa ensuite aux Carlowitz, famille allemande alliée aux d’Oetinghen. Or, Charles d’Auvin épousa Françoise d’Oetinghen, fille de Louis et d’Anne de Coppin de Granchamps. Les Carlowitz furent frappés par la crise agricole et obligé de vendre Hodoumont. En 1893 dans un château vidé des souvenirs ancestraux, Edmond Ysebrant de Difque, décédé en 1929, arrière-grand-père des propriétaires actuels, entra à Hodoumont.

On voudrait en faire autant mais les visites ne sont pas autorisées sauf à certaines occasions comme les Journées du Patrimoine. 



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
André Van der Ghinst & Francine Van der Ghinst-Doyen, Burdinne : un village hesbignon à travers les siècles, Les ed. de l’Aronde 2002

Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738