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La Falize, une montagne de pierre pour contrer le Temps


Château de La Falize - 5080 Rhisnes (La Bruyère)



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Category : Information Business Events
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  • La Falize est centrée sur son puissant logis cantonné d’une tour de guet. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • L’arrivée à La Falize s’effectue par un long chemin privé à travers bois. L’approche de la plaine laisse émerger tour et pignon de la ferme. Ils annoncent l’importance du lieu. © Philippe Farcy

  • L’accès aux cours est surveillé par un porche charretier et un passage piéton latéral surmonté d’une pierre aux armes des anciens propriétaires. Plus loin dans le parc, une tour isolée conserve le souvenir d’un périmètre totalement clos. © Philippe Farcy



Official Name Château de La Falize
Location 5080 Rhisnes (La Bruyère)
Construction Du XVe au XVIIe siècle puis aménagements au XXe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants
Allocation Ferme et résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 06/01/2013


La Falize profite d’un isolement complet dans la vallée du Houyoux


Ici Chronos n’a, semble-t-il, aucun avenir. La Falize dans sa superbe prestance est tout droit sortie du XVIIe siècle, voire plus tôt encore. Cette seigneurie assortie de sa puissante ferme est en quelque sorte la cousine de Corroy-le-Château. Au premier titre car les comtes de Nassau-Corroy furent héritiers au XVIIIe siècle des derniers comtes de Glymes-Brabant, seigneurs de Samart et de La Falize. Il s’agissait du chanoine Jean-Alexis de Glymes, « ultimus familiae », abbé de Dinant, archidiacre de Famenne, fils d’Ignace-François et de Marie-Françoise d’Anneux de Warigny. Il légua en 1769 tous ses biens et tous ses papiers à Guillaume-Adrien de Nassau, deuxième comte de Corroy. Son frère aîné, Honoré, comte de Glymes-Brabant, seigneur de La Falize, grand d’Espagne de première classe, était mort sans enfants de Marie-Théodore, fille du prince de Gavre.

Les seigneuries d’icelui allèrent surtout à leur sœur unique, la comtesse de Chassonville. Warnier de Glymes-Brabant, seigneur de La Falize, veuf d’Isabelle de Nassau-Corroy, était le fils d’Angélique de Hylle, petite-fille d’Anne de Waldhausen et de son premier mari. Warnier mourut en 1676. Il a laissé au-dessus de la poterne menant à la cour une très belle pierre gravée à ses armes et à celles de son illustre épouse.  Westerloo


Pierre tombale et mausolée


Warnier est enterré dans l’église de Rhisnes où l’on voit contre le mur du chœur à gauche sa magnifique pierre tombale. C’est un morceau de choix dans la sculpture mosane du XVIIe siècle car le beau sire eut trois épouses : Marie-Isabelle de Nassau, Claude de Havrech et Angélique de Hylle (qui descendait des comtes de Tyrol et de l’empereur Maximilien Ier) et que l’œuvre compte, outre le personnage en haut-relief, les soixante-quatre quartiers de ses fiancées et de lui-même. Voilà qui évoque en qualité la pierre tombale de Hubert de Corswarem (à l’époque, la famille n’avait pas encore repris le patronyme de Looz) à Longchamps, enclave du duché de Brabant en comté de Namur – aujourd’hui sur Eghezée –et de ses deux épouses dont Marie-Anne de Glymes.

Il faut aussi comparer cette œuvre superbe avec le mausolée du seigneur de Gulpen et de sa dame née Anne de Heyenhoven, conservé en l’église de Harlue (Bolinne-Eghezée). La mise en parallèle vaut au second titre car La Falize présente comme à Corroy une homogénéité architecturale remarquable quoique nettement plus jeune. Cette maison forte est totalement érigée en moellons de calcaire et possède des éléments de défense nombreux posés sur un promontoire partiel. Si un agresseur pouvait arriver par l’est via les champs, les autres faces étaient bien défendues par une nature protectrice. Dans cette vallée du Houyoux, très boisée et encaissée, l’attaque du château devait être délicate. Il semble, vu son état, n’avoir jamais souffert d’agressions militaires. La relation entre ces deux domaines s’arrêtera là.


Donjon médiéval


La Falize était d’abord un puissant et haut donjon datant sans doute du XVIe voire du XVe siècle autour duquel au XVIIe siècle vint se greffer une résidence seigneuriale datée de 1626; elle était plus agréable à vivre. Un article du « Patriote illustré » de décembre 1951 annonce que le plus ancien maître de céans connu était Henri de Rhisnes. Il vivait en 1211. Godefroid de La Falize lui succéda de 1239 à 1252. Puis l’auteur retrouve le chemin habituel et en vient à la fameuse date de 1626. Le premier Glymes cité est Gilles, échevin de Namur et époux de Jeanne de Cerf (Oteppe). Warnier que l’on a déjà évoqué, était leur fils. Warnier fut suivi par son fils Gilles-Alexis, marié à Marie-Agnès de Campenne, puis par leur fils Ignace-François, marié à Marie-Françoise d’Anneux de Warigny, fille de Philippe-Jean d’Anneux, marquis de Warigny (ou Wargnies), terre héritée d’une autre branche des Glymes, titrés princes de Barbançon et de Claire-Honorine de Bryas.

Le domaine passa à Paul-Gilles de Glymes, chanoine du chapitre Saint-Lambert de Liège. Douxchamps ajoute que leur sœur Brigitte hérita de La Falize en 1755; elle était chanoinesse d’Andenne. La seule sœur mariée avait épousé Maximilien-Joseph, comte Fugger zu Zinneberg. Brigitte fit don du lot à leur neveu le comte Honoré de Glymes, seigneur d’Arthey depuis 1748 et grand d’Espagne de première classe, déjà cité. Ceci permit de joindre les deux seigneuries voisines. Il faut monter jusqu’en 1897 pour savoir, à travers Cécile Douxchamps-Lefèvre, que le bien était en possession du marquis de Sastago et de son épouse née Fernandez de Cordoba. Une autre source évoque les marquis de Monistrol, alliés depuis le XVIIIe siècle aux Glymes et donc propriétaires des lieux en une indivision finale de trente-sept héritiers, durant le XIXe siècle. C’est à cette nombreuse famille et à travers le notaire Hambÿe, de Mons, que l’arrière-grand-père du propriétaire actuel acheta La Falize en 1903. Les Monistrol, originaires de Catalogne au village de Sant Sadurni d’Anoia, possédaient les trois-quarts de Rhisnes. Ils vendirent encore des terres en 1955 au père de l’actuel maître de maison. Les Monistrol ne possèdent plus rien en région namuroise.



Baies à croisées


Le logis du seigneur est constitué d’un bloc oblong de six travées sur quatre. L’aile ouest est assortie d’une tour carrée engagée qui monte sur quatre niveaux sous une toiture en pavillon. La maison est couverte d’une toiture en bâtière à coyaux irréguliers. C’est par l’ouest ou le nord que les invités entrent dans la demeure. Les baies sont généralement à croisées ou à meneaux. Les faces sud et est donnent vers la cour de la ferme, partiellement pavée. La ferme est à dire vrai l’élément de défense principal du château. Elle enserre celui-ci en presque totalité à l’exception d’un mur qui fut enlevé vers la vallée à l’ouest. Cela explique qu’une tour circulaire à toit pyramidal se trouve esseulée. De plus il n’existe guère de protection au nord vers Emines. Une plaine file sur les champs là où devait se trouver le mur du potager. Vers l’est et le sud, les murs de la ferme animés de divers bâtiments de grange, remises et fenil reliés par un seul portail en plein cintre agrémenté de sa poterne (déjà évoqués), sont scandés de tours circulaires engagées. Le déroulement des façades est un régal pour les yeux. Les bâtiments ont été restaurés en totalité ces vingt dernières années. La Falize n’est plus cette ferme mal tenue que des images anciennes montrent. Ici aussi il était moins une, comme à Baya. Le château n’est pas classé.




La puissance oubliée des Glymes


Les deux branches aînées des Glymes sont plus connues : les marquis de Berghes (Bergen-op-Zoom) – le titre date de 1533 – et les princes de Berghes et de Grimbergen – le titre date de 1686. Nous avons vu que la principauté de Grimbergen finit par échoir aux Ongnies, d’abord à l’héritière de la branche de Coupigny qui avait épousé le duc de Croÿ, comte du Roeulx (le couple ne laissa point d’enfant), puis à son cousin Othon d’Ongnies, qui épousa l’héritière des Merode-Deinze et des Jauche-Mastaing. Leur fille unique apporta ce gigantesque patrimoine aux Merode en épousant le marquis de Westerloo.



On ne le visite pas.






SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
José Douxchamps, Répertoire des châteaux de Wallonie 2002
Cécile Douxchamps-Lefèvre, Châteaux de la province de Namur 2002