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Sombreffe, défense du Brabant face au Namurois


Château de Sombreffe - 5140 Sombreffe



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Category : Information Business Events
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  • © Philippe Farcy

  • Sombreffe, c’est un chapelet de maison, tour, donjon, dépendances, dans un clos muré que des Anversois ont courageusement sauvé. © Philippe Farcy



Official Name Château de Sombreffe
Location 5140 Sombreffe
Construction Du XIIIe au XIXe siècle
Style Traditionnel et néoclassique
Architect
Occupants
Allocation Mariages & séminaires
Protection Bien classé le 25 novembre 1971

Last udpate: 04/01/2013


Ce château namurois, qui était brabançon, a été sauvé par un Anversois, issu d’un ancien territoire brabançon.


Il aura fallu attendre 1982 pour que ce vaisseau de 700 ans d’âge trouve grâce aux yeux d’un citoyen de l’ancien duché de Brabant au marquisat d’Anvers. Sombreffe fut sauvé par la volonté du docteur Achille Geerts et de son épouse que rien ne liait au château sinon l’amour du passé et des vieilles pierres.

Fiefs des Orbais


Sombreffe faillit mourir. Sombreffe vit et son histoire est une intéressante épopée dont les murs témoignent avec fierté. En 1973, Ghislaine Lemaigre a presque tout dit des gens et des siècles écoulés sur cette terre prestigieuse. Les plus anciens seigneurs de Sombreffe furent les Orbais. Ils régnèrent ici jusqu’au XVe siècle. Jacques, seigneur de Sombreffe, Faverchines, Ottignies et Rixensart eut avec Marie de Roisin un fils, Jean. Ce Jean épousa une veuve, Jeanne de Croÿ, jusqu’alors unie à Jean de Lannoy. Leur fille Marguerite hérita de la terre. Elle allait épouser en 1467 Robert comte de Vernembourg. Leur petit-fils Conon mort en 1545, époux de Jossine de la Marck, laissa le bien à sa sœur Ermengarde qui fut l’épouse du comte Conon de Manderscheydt. Leur fils Thierry devait vendre Sombreffe. L’acquéreur était une dame, Isabeau de Culembourg. Elle allait convoler avec Jean de Luxembourg, seigneur de Fiennes puis avec Antoine de Lalaing. Cet Antoine fut – chose exceptionnelle – couronné comte de Hoogstraeten à Sainte Gudule, par l’archiduc Ferdinand en 1516. Isabeau le vit partir pour l’au-delà en 1540. Alors elle décida d’offrir Sombreffe à son neveu par alliance Philippe de Lalaing. Il était aussi son propre neveu car la sœur d’Isabeau avait épousé Guillaume comte de Rennebourg et que leur fille était justement l’épouse de Philippe. En 1609, la baronnie fut vendue au chevalier Wernier Huyn d’Amstenrade, dont plusieurs parents furent commandeurs teutoniques à la commanderie des Vieux-Joncs (Bilsen), à Gruitrode, Bernissem, Maestricht, Becquevoort notamment.


Alliances françaises


Mais Marie de Ligne – issue des Lalaing – qui avait convolé avec Maximilien d’Ongnies, empêcha la vente et le domaine entra par sa fille Louise dans le patrimoine des comtes de Lannoy par l’entremise de Philippe, comte de la Motterie, seigneur de Conteville et d’Espierres. Il était général et gouverneur d’Ypres. Il fut tué à la bataille des Dunes en 1658. Louise était sa seconde épouse. Philippe avait pris d’abord pour femme Anne-Jeanne de Dave, fille de Warnier, seigneur de Merlemont et de Bois-Seigneur-Isaac. Les Lannoy restèrent maîtres de Sombreffe 200 ans, sans y demeurer.

Son petit-fils Eugène de Lannoy (1686-1755) allait prendre comme épouse Lambertine du Faing (1708-1786), comtesse de Hasselt et baronne de Jamoigne, fille héritière d’Alexandre et de Marie de Gand-Vilain, comtesse de Liberchies. Des Lannoy, Sombreffe passa par alliance à des Français. D’abord il y eut à travers Pauline, Anne-Henry de Montmorency, duc de Châtillon, fils d’Antoine, duc de Piney-Luxembourg et de Madeleine d’Argenson. Né en 1772, il fit naufrage en 1799; le duc périt. Du râle au souffle ultime, Pauline se trouva veuve. Elle se remaria avec le comte Antoine de Bérenger, fils de Charles et de Marie de Villemorien. Décédée en 1826, Pauline laissa le domaine à sa fille unique Marie-Elisabeth qui prit le cœur de Charles comte de Voguë (1808-1874), issu d’une famille d’Ardechois bien connus. Enfin, les enfants d’Arthur de Vogüe et de Marie (des comtes) de Contades vendirent leur lointain domaine.

On ne sait qui s’en empara, mais un jour de la fin du XIXe siècle (après 1874) arrivèrent les barons de Crawhez (Warfaaz), originaires de Clermont, dans le pays de Herve. Ils s’emparèrent du bien et le parèrent de mille éclats. Sans doute s’agissait-il du futur baron (1878) Théodore, époux de Flore Pirmez. Dans les années septante du siècle dernier, Sombreffe appartenait à leur petite-fille, la baronne Marcel de Giey, née Yvonne de Crawhez. Marcel de Giey était le descendant des Goethals-Malfait (Vurste). Les Descampe qui suivirent la baronne après 1973, faillirent démolir le corps de logis. Le classement de 1971 produisit ses effets, mais il fallut attendre encore près de 10 ans avant que les travaux de restauration ne commencent.



Château de plaine

La première forteresse datait du XIIIe siècle et comportait un donjon central, des courtines, des tours d’angle et un château qui a disparu lors d’un incendie vers 1600. De cette époque, il reste la base du donjon central et une partie des murs d’enceinte. Au XIVe siècle, la surface de défense sera doublée et l’enceinte fut alors renforcée par dix tourelles engagées. Les douves avaient été reculées, ensuite elles furent comblées. À la fin du XVIIIe siècle, semble-t-il, on construisit un nouveau corps de logis au centre de la parcelle. Le donjon central en moellons et briques et pierre bleue est une construction de plan carré de sept mètres de côté. Il est percé d’un passage charretier où se trouve toujours la herse. L’unique entrée actuelle à la cour se trouve vers le donjon nord.

L’accès est piqué de deux tours rondes coiffées de poivrières à pans coupés. L’auvent comme toutes les toitures a été superbement restauré. La base des tours était jadis plus large mais le comblement des fossés rend leur effet évasé moins perceptible comme il a placé les défenses (archères et meurtrières) à des niveaux illogiques. Le château à l’air d’être sur un terrain plat alors qu’il était posé sur un monticule. L’enceinte conserve six des dix tours. Aucune n’est identique. Le donjon nord orné de sa toiture à clocheton (sans doute du XVIe siècle) fait partie de la seconde campagne d’édification. Il fait un peu penser à celui de Beusdael avec ses quatre échauguettes d’angle en encorbellement.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel II,  Hobonia 1987