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Neufcour entre Histoire et partitions


Château de Neufcour - 4610 Beyne-Heusay



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  • Le château-ferme de Neufcour est d’un très haut intérêt pour le patrimoine liégeois. Le site est toujours remarquable. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Neufcour
Location 4610 Beyne-Heusay
Construction 1525; 1663; XVIIIe siècle; XXe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants Laboratoire d'Analyses Médicales Philippe Ralet s.p.r.l.
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 10/10/2013


L’Histoire valse à Neufcour comme les notes du piano que l’on joue ici en concert.


La seigneurie qui compta longtemps deux maisons distinctes date au moins du XVe siècle. À l’époque, elle était aux mains de Hurkin de Petite Beyne. Elle passa ensuite, après un long procès entre les Falhy et les Barxhon, à la descendance d’Arnould de Barxhon suite à un jugement du 24 novembre 1478. Mais les procès reprirent de plus belle en 1513. Finalement à partir de 1548, le bien de Petite Beyne semble en mains de Guillaume Silkin de Pré de Barxhon. En 1551, il est qualifié sire de Neufménil (au duché de Luxembourg) et châtelain d’Orchimont, outre ceci. Le 3 août 1585, Silkin laissa la maison à son fils Oger qui allait se marier en 1587 avec Marguerite de Rave. Silkin s’était d’abord marié avec Jehenne de Sart. De son second mariage avec Corneille de Crehen, il eut Oger. Ce dernier fit six enfants. Il décéda en 1625. Ses successeurs furent Nicolas, uni à Marguerite de Brialmont et Arnould, mort en 1640, capitaine aux armées de Louis XIII, marié à Catherine de Cambremont. Le sieur Nicolas allait connaître des soucis financiers et il dut vendre son bien. L’acte fut passé le 30 mai 1659. L’acheteur était Lambert de Neufcour né à Liège le 30 avril 1625 et décédé en son château le 17 septembre 1682. Marié en 1647 à Hélène de Sluse, il eut neuf enfants et aménagea le château qui prit son nom.


Pillage des Français

Le domaine fut laissé à leur fils Walthère qui dut subir le 3 janvier 1689 le pillage et l’incendie de sa maison par les forces françaises. Malgré des dommages considérables (pertes des animaux et feu bouté aux meubles), le sieur Walthère répara sa demeure et la mit en location. Quand il décéda, le bien fut repris par son frère Jean-René, chanoine de la cathédrale Saint-Lambert et prévôt de Tongres. Celui-ci donna plus tard le château à ses quatre nièces. Le 16 juin 1722 à la demande d’Hélène de Fayen, épouse d’Henri de Fromenteau, Isabelle, Louise et Lambertine de Fayen, Neufcour fut mis aux enchères. Il n’y eut point d’acheteur. Un peu plus tard, un ami de la famille, Guillaume de Stembier, acheta les droits contre 6 162 florins brabant. Guillaume était le fils d’un ancien bourgmestre de Liège. Il mourut le 20 septembre 1729. Son fils Jean-Nicolas (1673-1725) marié à Hélène de Rosen aurait dû lui succéder, mais il s’en alla trop tôt. Le petit-fils de Guillaume prénommé comme son grand-père (1704-1746) le suivit. Mort sans hoirs de son mariage avec Mlle Hellincx, le domaine passa à son frère Jean-Nicolas (II) resté célibataire (1713-après 1771), baron du Saint-Empire en 1746. Sa fortune était importante : il acheta en effet pour 110.000 florins le comté de Wideux et la seigneurie de Roost à Charles-Nicolas, comte de Berlaymont. En plus, il devint seigneur de Herck-Saint-Lambert.



Bourgmestres de Liège

Ses biens passèrent à son frère Etienne-François de Stembier (1717-1758) marié à sa cousine Anne-Marguerite de Stockhem (des châtelains de Vieux-Waleffe, sires de Heers, de Hepcée et d’Izier) qui devint régente du site jusqu’à son décès en 1771. En 1773, le partage eut lieu entre quatre des sept enfants. Neufcour fut laissé à Marie-Hélène (1749-1818). Elle avait convolé le 8 mai 1780 avec le baron Ignace de Villenfagne (1754-1832), seigneur de Sorinnes, Javelan, Beyne, Chênée, etc. Puis leur fille Florence emporta ce qui restait du lot fort abîmé par les « patriotes » en 1790 et elle le mit dans la corbeille de son union avec son cousin le baron Charles de Stockhem, maire de Verlaine. Leur fils Léopold, né en 1809, hérita du château en 1837, deux ans après avoir convolé avec Gasparine de Rochelée, fille du baron Nicolas et d’Aimée Parfait de Villereau. Léopold, bourgmestre de Fraiture, vendit le territoire le 5 janvier 1871 contre 380 000 francs. Il rendit l’âme à Fraiture en 1875. L’acheteur était le chevalier Antoine de Longrée, uni à Caroline de Lamberts-Cortenbach. Les Longrée étaient déjà châtelains de Schaerbrouck près de Saint-Trond. Quant aux Lamberts-Cortenbach, ils profitaient encore de la très belle abbaye de Hocht à Lanaeken, du magnifique château de la Zangerhey à Eygen-Bilsen (détruit), de celui de Falaën, de celui de la Gotte à Nandrin et de celui de Terkeelen à Saint-Trond. Leur fils le chevalier Auguste de Longrée hérita en 1908. Puis le 9 septembre 1915, il céda à la société des charbonnages de Wérister l’ensemble de son bien de Neufcour. Le directeur-gérant Noël Dessard y résida jusqu’à son décès survenu le 11 mars 1982. Il avait cent ans. En juillet 1986, la société de Wérister mit le château en vente. Il fut alors acquis par les actuels propriétaires.


Fossés comblés

Contre toute attente, les charbonnages remirent le château dans un bon état alors qu’il était presque abandonné. Le château, soutenu par des bases en moellons de grès, est pour le reste construit en briques. La pierre bleue est utilisée pour les encadrements et les chaînages d’angles. On arrive au château en passant une longue drève qui mène à une tour porche colombier carrée. La tour s’élève sur trois niveaux sous une toiture en bâtière à croupettes. Puis on entre dans la cour. La tour fait le lien avec les communs non joints et où émerge une autre tour carrée, et la résidence. Un édicule de deux niveaux conduit vers la tour oblongue qui abrite un escalier. Vers la cour, on compte l’aile d’accès avec ses deux niveaux puis la résidence file sur quatre larges travées dont deux sont sommées d’un pignon plat. Cette aile se termine par une tour carrée en retrait. Vers le parc d’une tour à l’autre, on compte dix travées. Une belle terrasse a été ajoutée sans doute dans les années 1920. Elle est posée sur trois arcs en plein cintre et deux avancées aux coins arrondis. On signalera encore la présence d’une pierre armoriée Longchamps-Neufcour (1623) au château de Longchamps près de Waremme.



On ne visite pas. Les chiens ne sont jamais loin.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005