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Villers, une puissante maison fragilisée par l'abandon


Château de Villers - 4831 Bilstain (Limbourg)



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  • Villers-Bilstain est une maison forte tristement abandonnée. Son classement est un leurre. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Villers
Location 4831 Bilstain (Limbourg)
Construction 1636-1640; XVIIIe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants
Allocation Sans
Protection Bien classé le 8 août 1994 comme monument (façades, pignons et toitures)

Last udpate: 30/10/2014


Le château vidé de ses décors tient le coup par habitude. Jusqu’au jour où...


Au nord de Dolhain-Limbourg, perdu dans de belles campagnes, le château de Villers porte toujours le nom de sa seigneurie. Nous sommes sur la commune de Bilstain. Le château et la ferme font cour commune à peu de choses près. Cette dernière en son état actuel, date pour partie du XVIIIe siècle et, pour le reste, elle fut reconstruite après la Seconde Guerre mondiale.


Donjon ?


Le château monte sur deux niveaux et demi ; il tient presque plus du donjon que de la résidence de plaisance. À cet égard, il évoque le château de Fayenbois, de style mosan. Tous les deux sont caractérisés par une volumétrie presque carrée et des travées étroites. On pourrait les comparer à ce que fut le château des comtes de Méan à Landenne (près d’Andenne), détruit par abandon après 1948.

Mais Villers n’est pas constitué comme ses deux contemporains de briques et de pierre bleue. Il est élevé uniquement en pierre bleue. La relative sécheresse de l’édifice est adoucie par la modestie du bâti. La façade sud présente cinq travées distribuées autour d’un axe central en légère avancée limité par des pilastres terminés par des consoles. Cette partie contient la porte d’entrée échancrée et sommée d’une clé. Elle est suivie au deuxième niveau par une haute baie qui éclaire le corridor central. Enfin on trouve sous le fronton une baie surbaissée. Les deux consoles soutiennent un fronton armorié en tuffeaux comme au château de la Grande Borsu, à Saint-Georges.

Celui de Villers date des années 1750 quand la maison était aux mains du baron de Goër de Herve. Son épouse était une Borlez, signale Guy Poswick. Sur la gauche, les baies du bas, protégées par des barreaux, subsistent bien seules. Les autres sont obturées de briques. À droite, les deux travées irrégulières sont bouchées. La façade nord a été construite à l’identique. L’état de conservation y est meilleur, à la différence près que le fronton armorié comme le précédent a été enlevé. Il se trouve à Tilff dans les dépendances du château Brunsode, dit aussi « château Lieutenant ». Edmond Lieutenant, mort en 1929, possédait les deux bâtisses. À l’est, la façade compte six travées. Il devait y en avoir autant à l’ouest mais au XVIIIe siècle, les Goër, seigneurs de Forêt et de Bierset, établirent une ferme – une des ailes est ancrée 1754 – qui supprima trois travées en bas et deux travées en haut. Le couvrement du château est en bâtière d’ardoises artificielles à quatre pans.



Incurie coupable

Seule la ferme est occupée par Robert Van Wissen, propriétaire depuis 1997, ses enfants et ses chiens. Tout ce petit monde veille (les bestioles le font d’un seul œil) sur un château abandonné. Le château de Villers fut érigé vers 1636-1640 par le marquis Gillion-Othon de Trazegnies qui avait reçu la terre au nom de son fils Albert-François à la première date de 1636. Gillion était alors tout occupé à la reconstruction de Trazegnies .


Le plus ancien seigneur du lieu fut Frédéric Roe ou Henri de Gulpen, selon les sources. En 1515, on y trouvait Pierre Huprecht puis son gendre Jean de Stembert. En 1586, on vit arriver par achat Gaultier Willem qui revendit le lot dès 1587 à Claude de Wittem, seigneur de Ruysbroeck et gouverneur du duché de Limbourg. Il était le deuxième fils de Georges et de Jeanne de Jauche de Mastaing (Poucques). Il avait d’abord épousé Anne de Waldhausen, veuve de Georges de Brimeu, comte de Meghem, fils d’Eustache et de Barbe de Hylle et arrière-petit-fils par sa mère de l’empereur Maximilien Ier d’Autriche. Par ailleurs, Georges et Anne eurent une fille, Marie de Brimeu qui allait épouser Charles III de Croÿ, celui des Albums. La veuve de Claude de Wittem, Marguerite de Robles, convola une seconde fois avec le marquis de Malespina, comte de Monti. Il fit relief du bien pour Madame en 1607. Veuf, il combla son ennui en se remariant avec Françoise de Gavre qui lui donna deux garçons. Ils devinrent jésuites.



Rixensart

La gente dame de Gavre-Malespina, née de l’union de Charles et d’Honorine de l’Esclatière, dame d’Aiseau avait un demi-frère, Jean-Charles. Il était comte de Frésin et de Peer, baron d’Inchy, de Hamal, d’Elsloo et de Diepenbeeck, seigneur d’Ollignies et de Heetvelde. Il était le fils de Charles et de Marguerite de la Marck, dame de Lummen. Gouverneur du Quesnoy, il fut l’édificateur du château de Rixensart, hérité par sa femme née Renty. Françoise de Gavre fit alors donation de Villers à son neveu Gillion-Othon de Trazegnies, vicomte d’Armuyden, époux de Jacqueline de Lalaing mais surtout fils de sa sœur Adrienne de Gavre et du mari de celle-ci, Charles, comte d’Autreppe, baron de Silly, etc. Gillion-Othon déjà cité fit relief de Villers en 1640 au nom de son fils Albert-François, signalé comme vicomte de Bilstain, seigneur de Petit-Rœulx et de Hombourg.

Cet Albert-François allait vendre son domaine le 26 juin 1680 à François de Borlez (1639-1705). Trois générations de Borlez tinrent Villers. Odile (1715-1780) fut la dernière. Elle s’allia à Jean-Joseph de Goër de Herve (1707-1770). Le bien passa à leur fils qui vendit l’année de sa mort en 1809 à Henri Le Pas. Parti sans hoirs, il laissa Villers à sa soeur Marie (1767-1857) unie à Pierre Neef (1768-1845). Leur fils Henri hérita à son tour. Allié devant Dieu à Octavie Collet, ils eurent cinq enfants. Edmond Lieutenant, cité supra, était leur petit-fils. Marié à Justine Hauzeur, il eut un fils Henri qui plût à une demoiselle Zurstrassen. Henri se défit de Villers en 1923 en faveur de sa cousine Fernande Neef qui avait convolé avec André Peltzer. En 1950, leur fille Marie-Thérèse laissa le bien aux Legrain, originaires d’Argenteau. Ensuite, le château passa dans diverses mains dont une dame Kirchbaum, d’Aix puis à la nièce de celle-ci, nommée Gisèle Matutschka. Cette dernière, de nationalité autrichienne, a vendu la bâtisse à Erich Mazurck en 1998.


On ne visite pas.



SOURCES:
Jean-Jacques Jaspers, Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Racine 2011
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005
Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951