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Fayenbois est sorti de l'ombre et de la misère


Château de Fayenbois - 4020 Jupille-sur-Meuse (Liège



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  • Fayenbois a retrouvé ses lignes mosanes du début du XVIIe siècle. © Philippe Farcy



Official Name Château de Fayenbois
Location 4020 Jupille-sur-Meuse (Liège)
Construction 1625-1630
Style Traditionnel
Architect 1995-2000; Atelier d'Architecture et d'Urbanisme; gravure: Antoine Vassé (1842)
Occupants Promotion des Aînés La Clairière de Fayenbois a.s.b.l. (Mutualités Chrétiennes)
Allocation Maison de repos et de soins
Protection Bien classé le 29 mars 1968, comme monument et site

Last udpate: 03/01/2013


Fayenbois a retrouvé ses lignes mosanes du début du XVIIe siècle. Un sauvetage entrepris in extremis, réussi et valorisant.


Le château de Fayenbois était, il n’y a guère, encore un exemple dramatique d’abandon du patrimoine classé dans la région liégeoise. Posté sur une hauteur de Jupille, non loin de la route menant au pays de Herve, il domine une vue superbe et un parc de plus de 20 ha. Il vient d’être restauré et remis dans son état des années 1625-1630 quand il fut construit par Guillaume Fayen, seigneur de Jupille, Bellaire et Queue-du-Bois depuis le 18 novembre 1619. Fayen allait donner son nom à cette terre; généralement c’est le contraire. Un nom au demeurant mal prononcé de nos jours puisqu’à Liège, chacun évoque, voire écrit, Fayembois (faille-en-bois) alors qu’il faudrait à l’évidence prononcer Fayen comme païen. Sire Guillaume décida d’édifier un nouveau château sur les restes, disent certains auteurs, d’un ancien castel.

On sait, grâce aux dendrochronologues David Houbrechts et David Trinh Cong qui ont étudié en 1997 les charpentes restantes, que les arbres furent coupés entre 1620 et 1625. La toiture fut donc posée après séchage et édification des murs. Cela nous place dans la même période de construction que le palais Curtius à Liège. Les deux édifices sont érigés en style mosan renaissant, strict et sévère. Toutefois, la sévérité avait été transformée au XVIIIe siècle par la pose de hautes fenêtres sans croisées ni meneaux. Le château de Fayenbois, tout en briques et bandeaux de calcaire, présente une assise de 22,50 m x 13,50 m. En plan massé, il n’offre aucun élément hors ligne sinon une tour d’escalier axiale comme on en trouve une autre plus ancienne au château (en restauration) de Halledet (Clermont-Engis). Celle de Fayenbois est ronde. Celle de Halledet est hexagonale. On pourrait encore rapprocher Fayenbois de ce que fut jusqu’en 1948 le château rasé de Landenne (Andenne), jadis aux comtes de Méan. Le château de Guillaume Fayen monte sur deux niveaux posés sur un soubassement de grès et de calcaire. Ils sont surmontés par un attique. Ce dernier supporte la toiture en bâtière à coyaux couverte d’ardoises. La demeure compte quatre travées sur ses petits côtés et cinq dans ses faces longues. La tour est précédée d’une porte classique à fronton brisé. On accède à la bâtisse par un pont dormant qui enjambe des douves sèches. Les bâtiments de ferme qui se trouvaient devant le château ont été démolis au XIXe siècle. Le château est désormais défendu par trois ailes très esthétiques de chambres pour personnes âgées.


Cousin de Borgharen

L’histoire de Fayenbois faillit se finir bien mal après avoir connu des heures de gloire. Mais ce qui est donné à voir à présent montre qu’avec un peu d’imagination, on peut restaurer des ruines et faire des merveilles en mêlant ancien et contemporain. Fayenbois aura tout perdu de ses décors anciens auxquels travailla le peintre Simon Damery. De Guillaume Fayen, nous ne savons rien de sa fortune ni de ses fonctions. Par contre, sa descendance possédait toujours le bien en 1695. Vers 1730-1740, le domaine fut acheté par le baron van der Heyden a Blisia, sans doute Jean-Guillaume (Borgharen). Cette famille illustre donna des mayeurs à Liège mais aussi à Cologne. Grâce aux van der Heyden, Fayenbois échut aux barons de Rosen qui le conservèrent jusqu’en 1817.

À cette date, Louise-Hélène de Rosen, épouse de Jean-Pierre Jeunehomme, céda Fayenbois à la baronne Marie-Zoé de Floen Adlercrona (1808-1866), fille du baron Pierre et de la baronne née Marie-Victoire de Thiriart de Mutzhagen, dame de Streversdorp. Les barons de Thirirat possédaient en outre au XIXe siècle le château de Flémalle-Grande. Marie-Zoé de Floen allait épouser le baron (titre belge de 1848) Amédée de la Rousselière Clouard (1802-1872). Il était le fils de Jacques et d’Hélène de Latre. Amédée était officier de réserve en France. Il sera président de la Société Littéraire à Liège de 1870 à son décès en 1872. En 1860, Marie-Zoé allait hériter de son oncle Florent de Thiriart une fortune considérable estimée à plus de neuf millions. Amédée et Marie-Zoé eurent un fils aîné Florent (1840-1883). Puis vint un second fils Gaston (1842-1917). Époux de la comtesse Louise de Robiano (1842-1874), fille de Victor (1807-1864) et de Louise de Namur d’Elzée et de Dhuy (1812-1848), il hérita à son tour et racheta dès 1873 le charmant château de Gaillarmont, actuellement hôpital des Bruyères, construit vers 1845 par M. de Favereau, sans doute Louis (1784-1866). Gaillarmont est posé à un jet de pierre de Fayenbois. Gaston vendit Streversdorp en 1908 au chevalier Xavier Janne d’Othée mais il garda le reste.


Don à l’Évêché de Liège


Après son décès, Fayenbois fut vendu le 3 septembre 1922 par Nadine de la Rousselière Clouard (1877-1958), fille de Florent, à la société immmobilière d’Affnay. Mme avait épousé le 22 avril 1901 Guillaume comte de Rohan-Chabot (15/05/1867-13/12/1922), petit-fils du duc de Rohan, prince de Léon. La firme d’Affnay céda les lieux dès 1923 à François Sepulchre (1858-1929). En 1934, sa fille Marthe (1890-1977), épouse de Victor Mikolajczak laissa quelques hectares à la commune de Jupille qui édifia aussitôt des maisons. Victor était le frère de Marcel, époux de Hélène Golenvaux, fille du bourgmestre de Namur et grands-parents de Charlotte Mikolajczak, journaliste à La Libre Belgique. En 1946, Marthe Sepulchre offrit le château et 3 ha 77a 33 ca à l’Évêché de Liège qui affecta les lieux à l’a.s.b.l. Vacances et Loisirs. Le château fut ensuite abandonné et failli être détruit en 1963. S’il n’y avait pas eu une Association des Amis de Fayenbois, le bien eut été perdu. Le 29 mars 1968, le château et le site furent classés. Mais dès 1971, le toit s’effondrait... En 1972, la commune racheta le bien pour 6 millions sans trouver de solution de sauvegarde. Les travaux de sauvetage ne furent entrepris qu’en 1992 et terminés en l’an 2000 sous le contrôle de l’Atelier d’Architecture et d’Urbanisme de Bruxelles.


Visites possibles de l’extérieur; le bâtiment se voit parfaitement de la rue. 


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005