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Longchamps dans ses impériales apparences


Château de Longchamps - 4300 Waremme



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  • © Philippe Farcy

  • Rigueur et perfection à Longchamps. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Longchamps
Location 4300 Waremme
Construction Vers 1810
Style Néoclassique
Architect A. Dubois et Duckers; entrepreneurs : Duckers et J. Robert (maçon); architectes de jardin : Fuchs, Michaux et Poidevin
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé; la drève du château est classée depuis le 3 avril 1979

Last udpate: 04/01/2013


Modernité et unité stylistique en guise de programme architectural


Longchamps apparaît presque comme une exception par la rareté des châteaux construits sous l’occupation française dans l’ancienne principauté. Cela lui donne d’autant plus d’importance car les Sélys qui se firent construire un nouveau château, étaient en phase avec ce qui se produisait de plus récent à Paris. Aimé Dubois en est l’architecte. Les archives le prouvent. Il était installé dans la capitale française. Vinciane Meulders-Draguet, dans son célèbre article de 1989, constate les relations fréquentes entre le commanditaire Michel-Laurent de Sélys (1759-1837) et son architecte. Elle signale aussi que Dubois donnait les plans que Duckers (sans doute Thomas-François 1765-1823)) transformait en construction avec l’aide du maître maçon J. Robert. Quant à Duckers, il faisait partie d’une famille d’artistes stucateurs liégeois qui travaillèrent entre autres à Seneffe et à Mariemont, pour l’architecte Dewez.



Neuville-Longchamps


Le premier propriétaire signalé ne remonte qu’au XVe siècle. Il s’agit de Fastre de la Neuville dit de Longchamps. Les Longchamps restèrent maîtres de leur seigneurie et sans doute du château jusqu’en 1650 quand le domaine fut transmis à Charles de Fabritius (1626-1685), seigneur de Vieux-Metz. Par son mariage avec Anne-Françoise de Longchamps, dernière de son nom, le bien passa à sa fille Marie-Catherine de Fabritius, décédée en 1748. La damoiselle fut unie en 1700 à Walthère de Sélys (1663-1711), seigneur de Frère, Heure et Wihogne, fait baron du Saint-Empire le 26 juillet 1699. Walthère était le fils de François (1626-1681) et de Jeanne de Liverlo, fille de Jean et de Catherine Gompart. Les Liverlo, alliés aux Trappé, seigneurs de Losange, furent une puissante famille de merciers et de juristes liégeois où l’on collectionnait les peintres contemporains comme Douffet, Flémalle et Damery. Quant aux Sélys, bourgeois de Liège dès 1575 (Zélis, Célis, Zeilis quand ils arrivèrent du pays de Maestricht), ils étaient comme les Trappé des maîtres de forges et l’une de leurs plus belles affaires fut de cuivre – en association avec les Grisart –, à Chênée. On les trouva comme fèvres à Trooz, à Quareux, à Dieupart et à Sottrez (dépendance non localisée de Nandrin), comme le signale Pierre Hanquet. Walthère était le cousin sous-germain de Jeanne de Sélys, épouse d’Herman de Beringhen, receveur général du comté de Hornes, seigneur de Beaufraipont et résidant au château Brunsode.

Le seul fils de Walthère de Sélys et de Marie-Catherine de Fabritius, Michel-François (1701-1771) hérita. Il épousa Marie-Thérèse de Bormans d’Hasselbroeck. Ce sont les aïeux de tous les actuels barons de Sélys. Le château est resté dans leur descendance et est toujours habité par la baronne Hélène de Sélys-Longchamps qui l’a laissé à ses enfants.



Simplicité néoclassique

La sobriété est de mise au-dehors. Elle n’exclut en rien un raffinement des plus délicieux à l’intérieur. C’est le cas ici où le château nouveau est un programme complet comprenant parquets, boiseries, miroirs, lustres, escaliers, stucs jusqu’aux meubles.

Le château, enduit, compte sept travées de long sur deux niveaux et demi, sous une toiture en bâtière à croupes couverte d’ardoises. Les étages sont séparés par des bandeaux plats et les arêtes sont décorées de chaînages. La façade donnant sur la cour d’accès est agrémentée d’un portique à colonnades et médaillons, en avancée. Elle est bornée à l’est par une aile de retour d’une travée d’épaisseur et de deux travées de large. Les baies sont à linteaux droits et à volets. En profondeur, le château compte trois travées, mais ici et sur la face ouest, les baies du rez sont en plein cintre et surmontées de linteaux moulurés poursuivis par des bandeaux jointifs. Il n’y a pas de volets. Le rez est décoré de refends sur trois côtés. Les baies intermédiaires possèdent des linteaux droits, mais au sommet, les baies sont à nouveau en plein cintre imitant alors des lucarnes. Sur le petit côté à l’occident, se trouve une des excentricités les plus charmantes de Wallonie.

Il s’agit d’une fausse tente à drapés, souvenirs des campagnes de Napoléon. À l’orient, démarre derrière un appentis l’aile des communs de l’ancien château en briques et pierre bleue sous toiture à brisis et à coyaux. Elle date du début du XVIIIe siècle (1720, date donnée par une pierre armoriée Sélys-Fabritius) et aboutit sur une autre aile parallèle au château. Cette aile est un peu plus jeune que la maison (1850-1860). Ici se trouvaient les collections ornithologiques du baron Michel-Edmond de Sélys au XIXe siècle finissant. Les archives familiales font état de travaux aux châteaux en 1707, 1717-1724, 1762 et 1805 à 1815. Le parc qui avait été projeté par le Français Poidevin, fut remodelé par l’Allemand Eugène Fuchs. Les arbres venus d’Amérique du Nord avaient été commandés par l’architecte Michaux.



On ne visite pas. Le château se voit de la rue.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 


HOMONYMIE:
Château de Longchamps, 5310 Longchamps (Eghezée)