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Les grâces Louis XVI de La Fraineuse


Château de La Fraineuse - 4900 Spa



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  • La jeunesse de La Fraineuse n’enlève rien à sa grâce et à ses qualités esthétiques inspirées de Versailles. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de La Fraineuse
Location 4900 Spa
Construction Vers 1890-1895
Style Louis XVI
Architect Amédée Hesse
Occupants ADEPS (Administration Générale de l'Aide à la Jeunesse, de la Santé et du Sport)
Allocation Centre Sportif "La Fraineuse"
Protection Bien classé le 3 janvier 1992

Last udpate: 06/01/2013


Un palais en beauté pour la beauté du sport.


Depuis Spa en allant vers le lac de Warfaaz, retenue de 6 hectares des eaux de la Wayai, on voit une belle allée entrer dans un domaine. Il n’y a guère encore, l’accès était agrémenté d’un joli pavillon de gardien de style Louis XVI. Il a été sottement abattu pour une construction moderne sans intérêt. Après 400 mètres de promenade, on découvre sur un plateau le très beau monument laissé par l’architecte Amédée Hesse et édifié vers 1890-1895. Sitôt construit pour Auguste Peltzer et son épouse née Graux (famille de tanneurs), la demeure servit de résidence temporaire à la reine Marie-Henriette qui venait d’acheter sa nouvelle maison à l’entrée de la cité, non loin de la gare.

Les Peltzer, qui avaient acheté les terrains aux Simonis, avaient fait construire une ligne de chemin de fer privée pour arriver à cette maison de grande allure, assortie d’une maison de jardinier de style normand. Le parc actuel compte encore 28 hectares. Il était beaucoup plus grand du temps des lainiers verviétois. Ceux-ci laissèrent le domaine vide pendant quelque temps avant de le louer puis de le vendre au début des années soixante à l’ADEPS (Administration de l'Éducation physique, du Sport et de la Vie en Plein Air) à travers l’actuelle Communauté Française de Belgique. Le parc a été réaménagé en stade d’entraînement multidisciplinaire.

Comme on le devine, ce joli bijou évoque le petit Trianon de Versailles, construit de 1762 à 1768 par le premier architecte du roi Louis XV Jacques-Ange Gabriel pour Madame de Pompadour. Inspiration libre, inspiration réussie, faut-il le dire, pour une commande privée qui recherchait le bon goût des décors extérieurs et intérieurs et la qualité des matériaux. La Fraineuse est une vraie perle de raffinement. Durant la Grande Guerre, la maison devint une partie du G.Q.G. allemand. C’est ici surtout que le kaiser Guillaume II aurait signé son abdication pour se sauver lui-même, filer vers la Hollande et exempter Berlin des risques d’émeutes. L’endroit est donc furieusement historique. Il le fut une fois de plus lorsqu’en 1920 après Versailles, vint se tenir ici la conférence diplomatique de Spa. Celle-ci servit à estimer les dommages de guerre que feu l’empire allemand allait devoir payer à ses vainqueurs.



Classicisme Louis XV


Sur le plan architectural, il est intéressant de noter que cet édifice de la fin du XIXe siècle s’inspire d’un château très classique, géométrique, qui joue sur les lignes droites et les pans coupés d’inspiration antique. La référence à Gabriel montre que, dès les années 1760, le style Louis XV était déjà du style Louis XVI comme on l’entend aujourd’hui. L’architecture était à l’avant-plan de la création, précédant les faiseurs de meubles et les peintres. Le château massé se limite à cinq travées sur les faces longues (elles en valent sept vers le parc grâce au jeu des pavillons à pans coupés) et à quatre travées pour les côtés. La demeure en pierre de France monte sur deux niveaux posés sur un soubassement de pierre bleue. La façade d’accueil présente trois travées centrales en léger ressaut, mises en valeur par des pilastres à chapiteaux plats et des refends aux arêtes.

Ces travées sont précédées du perron. Les baies inférieures sont en plein cintre alors que celles du haut sont à linteaux droits. Cette idée sera reprise sur l’ensemble des quatre façades, sauf aux quatre pans coupés du côté du parc où les linteaux plats sont sommés de cartouches ovales cernés de guirlandes. Deux bandeaux plats séparent nettement les étages. Vers le stade, l’architecte a placé les travées extrêmes en ressaut créant ainsi un effet de tours d’angle. Les travées centrales sont animées d’un perron soutenu par quatre colonnes à chapiteaux ioniques. Un second perron les précède. Les toitures presque plates sont cachées par une balustrade animées de vases. La façade d’accès et son esplanade donnent vers un réseau de terrasses et d’escaliers mal entretenus.




Visites non autorisées mais possibles en étant discret.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005