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La vie sans tourment de Vertryck


Kasteel Kwabeek - 3370 Vertrijk (Boutersem)



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  • Au flanc d’un grand étang, le château très bien tenu sert de résidence communale au milieu d’un parc très élégant. © Philippe Farcy

  • Harmonie et simplicité caractérisent le château de Vertryck. © Philippe Farcy

  • Les armes des comtes de Liedekerke © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1907, ed. Soc.An.Belge de Phototypie



Official Name Kasteel Kwabeek
Location 3370 Vertrijk (Boutersem)
Construction Milieu du XVIIIe siècle; fin du XIXe siècle
Style Classique Louis XV
Architect
Occupants Gemeentehuis van Boutersem
Allocation Maison communale
Protection Bien classé le 17 décembre 1981

Last udpate: 04/01/2013


La commune au château, un rêve de mayeur


À Boutersem, depuis vingt ans, la maison communale est installée au château de Vertryck dit aussi de Quabeeck. La propriété qui comptait 133 hectares, était à prendre lors de la vente publique du 24 juin 1980. « Personne n’en voulait après le drame qui s’y déroula six mois plus tôt », nous confiait le baron (Thierry) Ernst de Bunswyck; il était à l’époque un des quinze héritiers. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, l’ultime châtelaine, Thérèse Ernst de Bunswyck, y fut assassinée. Elle avait 59 ans. La commune saisit la balle au bond, si on peut dire. Thérèse avait hérité du domaine de son père, Antoine, secrétaire général du Ministère de la Justice, marié à Anne de Volder. On voit leurs armoiries sur la façade principale. Le château fut retiré de la vente par manque d’enchère puis vendu un peu plus tard à la commune contre neuf millions avec six hectares. Les terres agricoles partirent contre 60 millions alors que les pâtures obtinrent sept millions.



Retour en arrière

En 1922, Antoine Ernst de Bunswyck avait lui-même acheté le domaine assorti d’une ferme et d’un moulin, à la descendance de Charles Jacmart (+1922) et de Marie Staes.
Comme on l’apprend grâce à l’étude approfondie du généalogiste Hervé Douxchamps sur la famille de Wouters, les Jacmart ne pouvaient être insensibles devant Vertryck mis en vente par les héritiers du comte Robert de Liedekerke (1867-1903), dont Guy de Liedekerke qui était marié avec Christiane (des barons) Pycke de Petegem.

En effet, le comte Robert avait pris en charge le domaine en 1893 par achat auprès des descendants d’Alphonse de Wouters d’Oplinter (1814-1880) et de sa femme Sidonie de Wouters de Vroenhoven. Sidonie devait défuncter en 1886 à l’âge de quarante-neuf ans. Alphonse était, comme sa soeur Marie et ses frères Léon et Werner, un des nombreux enfants de Philippe de Wouters (1783-1856) et de Marie-Thérèse Lunden de ter Elst (1794-1851). Et pour sa part, Charles Jacmart était le fils de Marie de Wouters, épouse de Camille Jacmart, lieutenant-général de son état. Le château resta en indivision depuis la mort d’Alphonse en 1880 jusqu’en 1893.

Durant la période des Jacmart, le château eut à subir la présence allemande lors de la Première Guerre mondiale. Les meubles furent pillés et le restant fut transféré au château de Roosbeek, situé à cinq kilomètres de l’autre côté de la nationale menant de Louvain à Tirlemont. Roosbeek appartenait aux de Wouters car Léon, frère d’Alphonse, Marie et Werner, avait épousé Théonie (des barons) de Loën d’Enschedé (Fouron-Saint-Pierre). La mort de Théonie en 1852 provoqua la transmission de Roosbeeck aux Wouters.


Cousinages entre Wouters

Si les Jacmart ne devaient pas être insensibles à Vertryck, les Ernst ne pouvaient l’être non plus. En effet, Antoine Ernst de Bunswyck était le frère d’Alexandre, président de la Cour d’Appel de Bruxelles. Or, Alexandre avait épousé Valentine de Wouters d’Oplinter, fille de Werner et donc nièce de Marie, d’Alphonse et de Léon. Comme on le voit, Vertryck cousinait avec les domaines du voisinage. Pour remonter encore dans le temps, on sait que Philippe de Wouters acheta le bien vers 1813 à Joseph-Jacques Goupy, vicomte de Quabeeck (depuis 1738), époux de Marie-Caroline de la Barre. Quabeeck est l’autre nom de cette seigneurie sous l’Ancien Régime. Les Goupy étaient contrôleurs généraux des postes et originaires de Touraine. Ils arrivèrent ici par mariage de Joseph avec Marie-Thérèse de Kerpen, fille de Dominique-Pierre (1677-1706). Les Kerpen (Colonster) avaient hérité Quabeeck de Pierre Bosch (+1698). Celui-ci, créancier du châtelain qui le devançait, devint le maître de céans. Il succéda aux Gasparini (Octavio), Houthem (Antoine) et autres van der Ee. Jean van der Ee avait été au début du XVIe siècle mayeur de Cumptich. Il était le fils de Barthélemy, le plus ancien seigneur connu en ces lieux, et de Catherine de T’Serclaes de Tilly.



Jadis enduit

Le château érigé en briques fut un moment enduit. Le volume principal s’étire sur neuf travées. Un massif axial en avancée se compose de trois travées. Les deux ailes de trois travées inégales sont posées sur un épais soubassement de pierre blanche (Gobertange ?) tandis que la pierre sableuse rythme verticalement l’édifice grâce à des pilastres entre certaines travées et aux angles des façades limités par des pilastres à refends. Il faut y ajouter des cordons qui relient les baies aux trois-quarts de leur hauteur, plus les encadrements des fenêtres et jusqu’aux trous de boulin. À propos du corps central, on remarquera qu’il est plus haut par rapport aux ailes latérales et sommé d’une toiture à la Mansard. Cela permit de placer au troisième niveau une baie en plein cintre sur la face d’accueil et de la surmonter d’un fronton triangulaire. Ce fronton répond à celui qui surmonte la porte d’entrée du château. La corniche à modillons est scandée par des lucarnes passantes sur le côté d’accès; ces lucarnes sont en bâtière ailleurs. Elles viennent fleurir une toiture d’ardoises elle aussi en bâtière adoucie par des coyaux. Une terrasse limitée par un garde-corps d’esprit baroque complète le décor de pierre blanche depuis 1850 environ. À l’arrière, la façade compte d’un seul tenant neuf travées mais, entre la septième et la neuvième, a été construite une aile en équerre et en L. La première partie n’est qu’un passage couvert de deux niveaux tandis que le bloc final est l’égal d’une tour carrée où l’on a placé les cuisines. Aux abords du château se trouve une autre petite tour en briques couverte d’une toiture de tuiles. Plus bas, la ferme et le moulin alimenté par la Velpe finissent de combler le regard.


Visites possibles. Le parc décoré de beaux vases est ouvert au public.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel VIII,  Hobonia 1999
Hervé Douxchamps, La famille de Wouters d’Oplinter-Bouchout, Association familiale de Wouters 1994
Roger Franquet, avec la collaboration de Georges de Haveskercke, Complément aux Propos généalogiques autour des Goupy de Beauvolers, Le Parchemin, supplément au n° 234, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 1984
Roger Franquet, avec la collaboration de Georges de Haveskercke, Propos généalogiques autour des Goupy de Beauvolers, Le Parchemin, n° 227-228, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, octobre-décembre 1983