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Les pouvoirs spéciaux de Boetfort


Kasteel Boetfort - 1820 Melsbroek (Steenokkerzeel)



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  • Perdu dans les campagnes non loin de Zaventem comme Meerbeke, Boetfort joue entre ses tours et ses tourelles en échauguette. © Philippe Farcy

  • Boetfort est un château de qualité où des ministres bien pensants sont venus souvent se ressourcer. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Kasteel Boetfort
Location 1820 Melsbroek (Steenokkerzeel)
Construction 1610, 1663, 1767 et 1773; aménagements au XIXe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants Thermae Boetfort
Allocation Centre thermal, hôtel, restaurant
Protection Le parc est classé

Last udpate: 03/01/2013


Maison de bouche, on y vit défiler des ministres dont l’ancien premier, venu de Vilvorde.


Sur l’entité de Steenokerzeel dont dépend Melsbroeck, Boetfort se cache sans le faire exprès. En ces lieux, on prie sainte Pharaïlde (Veerle en flamand) du côté du lieu-dit de Wambeek. Pharaïlde était soeur de Rainilde et de Gudule, elles aussi élevées au rang des intercédents célestes et soeurs de saint Emebert, évêque de Cambrai. La tante de ce quatuor était sainte Gertrude. Rien que du beau monde. Boetfort bénéficie en outre d’un parc classé de quatre hectares et demi piqué de communs d’époque Louis XV.



Amende, châtiment, expiation

Ce château trop méconnu eut toutefois l’heur de plaire aux chefs de file de l’ancien CVP, Jean-Luc Dehaene en tête. Il faut dire que le maître de maison de cette demeure construite en 1610, puis aménagée en 1663, 1767 et 1773, si on en croit les ancres et les pierres gravées, est lui aussi de Vilvorde. Et c’est ici que le premier et son gouvernement se réunirent pour décréter des pouvoirs spéciaux en 1996. Mis à l’amende par la nation, ayant subit le châtiment des urnes, le CVP s’en alla en cure pour une longue période d’expiation. Amende, châtiment et expiation sont à dire vrai les trois significations du mot flamand « boete », d’où Boetfort. Fallait-il y voir un signe ? À en croire l’actuel propriétaire, au Moyen Âge la région était couverte de marais desquels surgissaient de forts monticules où les paysans venaient souvent prier jusqu’au jour où un seigneur inconnu du célèbre archiviste Alphonse Wauters (1855) y éleva un château-fort.



Haute bourgeoisie locale

Il n’en restait que des ruines en 1594 lorsque Henri Madoets releva les hypothèques de Jacques Hannibal qui avait repris en 1587 cette terre à Jean Thielman. Les Madoets constituaient une famille de la haute bourgeoisie locale ayant occupé des charges scabinales à Bruxelles et à Haeren entre autres. Wauters nous apprend que l’un d’eux, Henri, eut des prétentions nobiliaires qu’il signifia publiquement à travers une pierre tombale fort bien ornée.

Mais la raillerie des gens du village l’obligea à retirer en 1656 la pierre sculptée par un lointain collègue du sculpteur Marc Gruslin, sous laquelle gisait son père. C’est pourtant les Madoets qui élevèrent l’actuel château ce dont nous leur sommes fort gré. Toutefois, ils durent s’en défaire en 1728.



Le comte de Tirimont

L’acquéreur fut le deuxième comte de Tirimont, né Schockart, haut et puissant seigneur, sire en ses châteaux de Gaesbeek, Aigremont et de Dilbeek. Il fut un des signataires de la Paix de Rijswijck en 1697. Au début du XIXe siècle, le domaine était aux mains des comtes de Lalaing avant de passer par héritage dans le patrimoine des O’Kelly. Ces derniers étaient des Irlandais. Ils donnèrent le premier président à la République d’Irlande. Tous ces éléments furent publiés par Wauters mais ni l’aide de l’actuel comte de Lalaing ni nos recherches n’ont permis de recouper ces affirmations. Vers 1890, le château fut vendu à l’avocat Armand Steurs, mayeur de Saint-Josse-ten-Noode. Il décéda le 16 octobre 1899. Sa fille Marguerite allait épouser Henri Dereine et hériter de cette propriété qu’elle conserva jusqu’à sa mort.



Sauvé par un chef-coq

Ensuite, le bien connu une période sans vie de dix années et ce n’est qu’en 1988 que la famille Pieders en devint maître. Depuis 1992, le domaine est accessible. En ce qui concerne l’édifice proprement dit, il est caractérisé par l’emploi de petits moellons de grès irréguliers. Il se compose d’un quadrilatère assez trapu élevé sur deux niveaux et précédé par un avant-corps. Le massif central est orné de quatre tours circulaires engagées. Celles-ci montent sur deux niveaux et demi et sont sommées de toitures en poivrière couvertes d’ardoises. L’avant-corps n’est décoré que de deux tours cornières en échauguette accrochées en encorbellement, partant du deuxième niveau. La plupart des baies sont à croisées ou à meneaux; elles ont été restaurées ou placées là dans la seconde moitié du XIXe siècle. Une lucarne passante orne chaque façade principale.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003
Alphonse Wauters, Histoire des Environs de Bruxelles ou description historique des localités qui formaient autrefois l'ammanie de cette ville 1855