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Enghien voit renaître le domaine d'Arenberg


Château d'Enghien - 7850 Enghien



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Category : Information Business Events
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  • Cet élégant édifice éclectique du XXe siècle ne doit pas faire oublier qu’Enghien est une perle laissée par les princes d’Arenberg. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château d'Enghien
Location 7850 Enghien
Construction 1913; 1924-1926
Style Beaux-Arts
Architect Alexandre Marcel (1862-1935) & A. Verhelle; parc : dessiné par le capucin Pierre dArenberg et le carme Macaire Borlère
Occupants Ville d'Enghien
Allocation Activités culturelles
Protection Parc classé le 20 novembre 1972

Last udpate: 31/12/2013


Domaine princier pour magnat industriel.


Enghien est une entité formée autour d’un château érigé au XIIe siècle par Hughes d’Enghien sur une terre dépendant du duché de Brabant. Détruit dès 1194, le premier château fut reconstruit dans le siècle suivant et il passa à la famille de Luxembourg. Au milieu du XVe siècle, le domaine était aux mains de Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, beau-frère de Louis XI qui en fit un connétable de France. Saint-Pol fut aussi l’ami de Charles le Téméraire. Cette duplicité allait lui coûter sa tête qu’on lui décolla du reste sur la place de Grève à Paris en 1475.


Le Vert-Galant

Laissée en héritage aux ducs de Clèves puis aux ducs de Bourbon-Vendôme, la seigneurie fut en mains du roi Henri IV dit aussi « le Vert-Galant ». Mais en 1606, celui-ci, occupé à de grandes tâches, décida de se défaire d’Enghien contre la somme considérable de 270.000 livres en faveur du prince Charles d’Arenberg. Attristé quand même, le roi créera la petite ville d’eau d’Enghien, au nord de Paris. La descendance Arenberg restera en son domaine jusqu’à la fin de la Grande Guerre et au séquestre qui frappa la famille princière. Louis XIV vint en ces lieux lors du siège d’Ath en 1671. Les jardins et le parc grands de 250 hectares furent admirés par toute la Cour de France qui se rappelait ceux de Vaux-le-Vicomte, plus modernes mais moins intellectuellement élaborés que ceux-ci. Enghien était le reflet de l’Humanisme cher à Erasme. Le château avait déjà brûlé en 1645 et le Roi-Soleil put découvrir un château neuf créé par Duquesnoy et Mercx.



Exil salvateur

Remanié en 1785 par Montoyer à la demande du duc Louis-Engelbert, aveugle, et installé devant le grand canal long de 800 mètres, le château vit sa nouvelle aile brûler à nouveau le jour de son inauguration en 1786. Cela valut à Montoyer de filer en Grande-Bretagne pour un exil salvateur. Il ne reste du vieux château que la tour de la chapelle. Celle-ci avait été rehaussée en 1512 par Philippe de Clèves de Ravenstein. Cette tour abrite les sépultures des princes et les admirables décors datant de 1835 de la chapelle. N’omettons pas les dépendances si belles, qui hébergèrent le duc d’Orléans, futur roi des Français Louis-Philippe mais aussi le général Dumouriez, vainqueur de Jemappes. Il ne faut pas oublier les intéressantes écuries construites sur trois niveaux en 1719 par Héroguelle; l’architecte se servit de colonnes provenant du château de Herchies pour installer ses 78 box.

La Révolution française allait malmener cette illustre propriété. Mais les d’Arenberg reprirent leur bien après les événements et le duc Louis fit ériger par l’architecte Henry (Duras) un porche monumental orné de colonnes récupérées à l’abbaye de Grimbergen.

Le château actuel construit à l’emplacement de l’ancienne orangerie est l’oeuvre d’Alexandre Marcel qui avait déjà travaillé pour le futur baron François Empain et son épouse Ghislaine Descantons de Montblanc (1888-1912), des barons d’Ingelmunster, à Héliopolis. Alexandre Marcel était un maître apprécié du roi Léopold II qui lui commanda le pavillon chinois de Laeken. Les d’Arenberg qui venaient de moins en moins à Enghien proposèrent dès 1913 à Empain de louer le parc (313 hectares quand même) à un prix très modique à condition d’y ériger un château. Un bail emphytéotique fut signé pour quarante ans. La guerre survint et le séquestre permit à l’Etat de mettre le domaine en vente publique. Empain ne fut propriétaire qu’en 1924 contre 3.260.000 francs, après avoir essayé d’éviter la vente publique (le ministre des Finances était son ancien fondé de pouvoir...) et avoir offert un million pour le tout, oeuvres d’art comprises !



Pierre d’Euville

En 1986, la ville d’Enghien qui n’avait put enchérir en 1919, acheta le domaine et un surplus de 185 hectares aux héritiers Empain. Depuis, des travaux et des restaurations en tous genres ont été entrepris avec grand soin. Le domaine retrouve de sa splendeur.

Le château couvert de pierre d’Euville était d’abord composé d’un rectangle de deux fois trois travées organisées de part et d’autre d’un avant-corps central à trois pans coupés placés sous une coupole à bulbe octogonal et à coyaux. Entre 1924 et 1926, François Empain fit agrandir aux extrémités la bâtisse d’une travée en saillie sommée d’une toiture pyramidale plate dont la base est ornée d’un oculus ovale, par l’architecte Ch. Verhelle. C’est à lui que l’on doit les superbes pavillons de l’Alimentation et de la firme Côte d’Or à l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1935. La maison s’élève sur trois niveaux dont un et demi enterré pour les cuisines. Les toitures animées de six lucarnes abritent un étage supplémentaire.

Visites possibles; parc public classé le 20 novembre 1972.



SOURCES
:
Comte Baudouin d’Ursel, Arenberg : Prince d’Arenberg, 1576, Le Parchemin, 72e année, n° 372, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, novembre-décembre 2007

Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003