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Plaidoyer pour la renaissance d'Havré


Château d'Havré - 7021 Havré (Mons)



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  • Cette ruine est la honte de la province du Hainaut. Le château ne survit que par la volonté de quelques centaines de bénévoles et amoureux du patrimoine local. Gloire à eux ! © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château d'Havré
Location 7021 Havré (Mons)
Construction XIVe, XVIe et XVIIe siècles
Style Traditionnel
Architect Jardin : baron Paul Rolin
Occupants Les Amis du Château du Duc d'Havré
Allocation Restaurant, musée, organisation d'événements et séminaires
Protection Bien classé le 15 septembre 1936

Last udpate: 12/01/2013


Le coûteux désintérêt d’une province.


S’il est un château important en Wallonie, c’est bien celui d’Havré. Par son histoire et la puissance des seigneurs qui le fréquentèrent pendant de nombreux siècles, il est l’alter ego du château de Grimbergen en Brabant flamand ou d’ Alden Biesen dans le Limbourg. Ses six cents ans d’histoire sont peuplés de gens illustres (Van Dijck, Rubens, la reine de France Marie de Medicis, le duc de Marlborough, le prince Eugène de Savoie, la reine Marie de Hongrie vécurent ici), de faits épiques, tragiques ou heureux. Son rôle politique fut indéniable. Au jour d’aujourd’hui son rôle culturel devrait être majeur, or Havré n’est qu’une sorte d’immense fantôme décharné. Le château est pourtant animé par des gens chaleureux, intelligents et enthousiastes, regroupés depuis 1978 en une association : Les Amis du Château du Duc d’Havré a.s.b.l.


Abandon lamentable

Ce château en ruine, classé depuis 1936, est la propriété de la province du Hainaut. Elle l’avait acheté au fameux chanoine Puissant, déjà sauveteur du château d’Ecaussines-Lalaing. Cela fait bientôt septante ans que les pouvoirs publics contrôlent ce site jadis admirable, sans y avoir jamais rien entrepris. Havré vit au ban de la culture hennuyère alors qu’il devrait en être le fleuron. Question de choix politique, on le devine. Le château fut aux princes de Croÿ, de 1518 à 1919. On constate en lisant la littérature abondante au sujet de cette illustre maison que son état permettait encore de la sauvegarder intacte avant 1930. La province n’en faisant rien, le castel s’écroula au fur et à mesure des pillages dont il fut l’objet. Il y a vingt ans, l’île sur laquelle est posé le château était une sorte de forêt sauvage.



Initiatives privées


Mais aujourd’hui Havré respire car le site, géré avec rigueur par l'a.s.b.l. Les Amis du Château du Duc d’Havré, a été nettoyé. Grâce à des initiatives privées, on prend soin du château comme Ambroise Paré, médecin du roi de France Charles IX, était venu ici pour sauver Charles-Philippe de Croÿ, blessé à la bataille de Montcontour. Au XXe siècle, Havré aura manqué de veine. Le XXIe siècle sera peut-être celui de sa renaissance et pourquoi pas de sa reconstruction partielle. La Région Wallonne serait bien inspirée de se servir d’un endroit aussi prestigieux pour en faire un chantier-école du patrimoine quand l’abbaye de la Paix-Dieu (Amay) sera achevée en 2005. Les éléments historiques (archives, gravures, dessins, photographies) sont réunis pour atteindre ce but qui redonnerait un sens à ce navire dépouillé. D’autant plus que l’historien et grand défenseur du patrimoine qu’était Emile Poumon, né à Havré et y décédé en 2001, a légué sa bibliothèque au château.


Histoire


Le domaine d’Havré est connu depuis le XIIe siècle. Il fut dévasté par les Liégeois, les Brabançons et les Flamands. Les seigneurs d’Enghien en étaient propriétaires déjà au XIVe siècle. En 1423, Gérard d’Enghien céda le château-fort à Christophe d’Harcourt. Puis par échange, Havré arriva à Philippe de Croÿ en 1518. À nouveau détruit en presque totalité en 1578, le château fut relevé et habillé à la mode renaissante par Charles-Alexandre de Croÿ. À l’exception de la très belle « Tour d’Enghien » porteuse de ses bulbes, plus aucun toit ancien n’existe. Du coup, on a l’impression que les vestiges, exception faite de l’aile où se trouve la chapelle, sont ceux d’une ancienne usine. Ce serait oublier que ces bâtiments de briques étaient recouverts de moellons de calcaire. 




SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel I,  Hobonia 1985
Emile Poumon, Les châteaux de Wallonie, Institut Jules Destrée pour la Défense et l'Illustration de la Wallonie 1973