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Le romantisme éclectique du château Boël


Château Boël - 7100 La Louvière



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  • Le château Boël à La Louvière joue avec habileté sur les volumes et les décrochages de façades. © Philippe Farcy

  • L’éclectisme est roi chez Boël autant que les immenses géraniums qui prospèrent dans la serre. © Philippe Farcy



Official Name Château Boël
Location 7100 La Louvière
Construction Après 1880
Style Néo-Renaissance flamande
Architect Sans doute Gustave Boël
Occupants Entreprises métallurgiques Duferco s.a.
Allocation Formation de cadres et réceptions de l'entreprise
Protection Bien non classé

Last udpate: 04/01/2013


Demeure puissante pour le règne d’un ingénieur.


Outre le château de La Closière construit par Joseph Poelaert entre 1857 et 1862 pour les Boch et outre le petit château du bourgmestre Gilson construit vers 1880, la ville de La Louvière est agrémentée d’un autre château. Il s’agit de celui construit par Gustave Boël, après qu’il eut hérité des Forges et Laminoirs de Boucquéau en 1880. Ce château jamais étudié possède une véritable importance esthétique et patrimoniale à défaut d’une longue histoire. Et pour cause, La Louvière était à l’époque une ville neuve créée en 1869. Le nom de la cité évoque celui d’une ferme située sur le village de Saint-Vaast. Elle dépendait de l’abbaye d’Aulne. Une légende se créa autour des loups et le vocable demeura.



Anciennes terres de Saint-Vaast


Dans cette patrie des peintres Paul Leduc et Taf Wallet et du sculpteur Pol Bury, le village de Saint-Vaast occupa une place centrale. Sous l’Ancien Régime, Saint-Vaast comprenait plusieurs seigneuries foncières sur lesquelles les châtelains du Rœulx, les princes de Croÿ, possédaient la haute-justice. L’extraction de la houille y débuta dès 1390 mais les moines n’aimaient guère que l’on « ouvrisse leurs terres ». Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que l’industrialisation accède à un véritable essor. La métallurgie suivit l’exploitation du charbon au XIXe siècle. La Louvière, idéalement placée, prit alors la mesure de son voisin après avoir vu se multiplier les implantations d’entreprises. Au-delà de la firme Boucquéau dont Gustave Boël était le directeur, l’entité abrita les faïenceries Boch à partir de 1841 et les verreries Daubresse.



Un mayeur éclairé


Le 27 février 1869, le village fut divisé en deux éléments distincts. Mais les aménagements de La Louvière avaient déjà été entrepris par le mayeur très éclairé de Saint-Vaast, Amand Mairiaux. Ce dernier aurait semble-t-il appelé les architectes Jean-Pierre Cluysenaer (1811-1880) et Joseph Poelaert (1817-1879) pour dessiner la nouvelle cité. Or, Poelaert n’était pas un inconnu dans la région. Déjà vers 1857, il avait construit à Saint-Vaast le château de M. Faignart, industriel, cousin des Boucquéau. Ce château stylistiquement proche de celui que Cluysenaer a construit à Kortenberg a été détruit avant la Grande Guerre car il s’est affaissé à cause des galeries de mines en sous-sol, nous apprenait André de Walque. On rappellera que Saint-Vaast est le premier « fief » des barons Coppée qui y possédaient le château d’Avondance. Poelaert ou Cluysenaer seraient-ils intervenus chez Boël ? C’est possible mais il n’y a pas de preuve.



Qui est l’architecte ?


Le dernier occupant privé du château, Jacques Boël, arrière-petit-fils de Gustave, nous disait « ignorer qui était l’architecte ». Et d’ajouter : « il n’y a aucune trace de ce projet, ni plans, ni paiements ». Le comte Boël (Pol) nous confiait cependant : « une tradition familiale suggère que le château a été imaginé par Gustave Boël lui-même assisté par un architecte. Gustave était ingénieur, métallurgiste et industriel. Il avait donc les moyens techniques à sa disposition ». Gustave (1837-1912) avait épousé Mathilde Capitte (1846-1929). Il était le quatrième des sept enfants de Charles-Louis Boël né à Chièvres en 1794 et de Marie Berthe née à Maffle en 1806. Gustave et Mathilde eurent un fils, Pol (1868-1941); marié à Marthe de Kerchove de Denterghem, il est l’aïeul des Boël « bruxellois ».



Entre le Canal du Centre et les Boch


Le château est ceinturé par un superbe parc de 20 hectares clos de murs dont le flanc est s’appuie sur le canal du Centre, alors que le bord opposé jouxte l’ancienne propriété des Boch. La demeure s’organise autour d’un bloc central rectangulaire sous une large toiture en bâtière. Les côtés sont animés à chaque fois par trois éléments de tailles et de formes différentes. Le château est construit sur deux niveaux en briques et pierre bleue; celle-ci est utilisée pour les bandeaux, les encadrements de baies qui sont souvent à croisée et pour animer le soubassement de hautes caves. On accède à la demeure par un perron orienté à l’ouest et placé aux pieds d’une large travée en avancée sommée d’une haute toiture en bâtière. Deux travées supplémentaires amènent le regard sur la gauche vers un pignon et sur la droite vers une tour circulaire engagée de trois niveaux sous une coupole ornée d’un clocheton ouvert. Plus loin vers le sud, se développe une magnifique véranda de fer et de métal où poussent de gigantesques géraniums. Elle s’étire sur toute la largeur du flanc composé de ses trois travées. Celle du centre est sommée d’un pignon à crénelages. La façade est se veut la plus homogène. Outre la véranda, elle s’étire sur quatre travées tandis que le troisième élément placé en avancée sous un pignon partiel à crénelage et débordement compte un niveau et demi. La façade nord a été conçue pour l’accès des cuisines et du service. Des plafonds de nuages ont été peints par Thierry Bosquet pour Jacques Boël.




On ne visite pas. Le parc est sous la surveillance de gardiens armés et de Rosina Girelli qui travailla pour les Boël pendant quarante ans; elle veille comme jadis sur son « enfant ».



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003