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Loverval, un fief de hautes lignées


Château de Loverval - 6280 Loverval (Gerpinnes)



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  • Loverval n’est pas le val des « lovers » mais le siège d'une imposante école © Philippe Farcy

  • Privé de son enduit mais toujours affublé de ses tourelles qui enserrent la chapelle, Loverval a quelque chose d’un bric-à-brac charmant © Philippe Farcy

  • Carte postale envoyée en 1927, ed. Guilmin Lemal & Nels

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill & Nels n° 158



Official Name Château de Loverval
Location 6280 Loverval (Gerpinnes)
Construction Fin XVIIIe siècle; 1839; 1870 à 1910; 1954
Style Néoclassique et éclectique
Architect
Occupants Institut Notre-Dame de Loverval
Allocation Trois écoles sont installées dans le parc
Protection Bien non classé

Last udpate: 10/05/2013



Une terre fréquentée par des loups.


Nous voici à une sortie d’école par un après-midi d’automne. Une jolie église du XVIIIe siècle en moellons de calcaire, la seule du Hainaut à être dédiée à saint Hubert, pointe sa flèche vers le ciel. Construite entre 1724 et 1742, elle dépendait de l’abbaye de Beaurepart (l’actuel séminaire), à Liège. Depuis le 24 juillet 1125, nous sommes en terre liégeoise.



Marbais chez les Ligueurs


En 1390, Englebert de la Marche ou de la Marck, seigneur de Lovervaulx, chevalier fit ici relief. Ensuite et en passant sur ses héritiers Dourlers, on voit arriver en ces lieux Gérard de Marbais. Il apparaît comme seigneur de Loverval dès 1440 car sa mère, Barbe de la Tour de Hannut était dame de Loverval. Gérard avait épousé Laurence de T’ Serclaes le 16 janvier 1439 (Cruquenbourg, Neuville-sous-Huy, Samart), fille d’Everard et de Catherine Taye. Cinq générations de Marbais allaient tenir cette maison. L’avant-dernier, Philippe II releva la seigneurie en 1563, alors que son frère héritait de Fernelmont. Philippe, IIe du nom allait être décapité à Bruxelles car il avait signé le Compromis des Nobles dans le salon rond du château d’Antoing. Il avait épousé Jeanne de Merode (+après 1585), fille du baron Guillaume, seigneur de Waroux, de Voroux et d’Ossogne, maïeur de Liège en 1576 et de sa première épouse Marguerite de Bocholtz (+après 1541). Les Merode allaient revenir à Loverval mais bien plus tard et sans le faire exprès.



De Loverval à Monaco et Madrid


D’après Bormans, Arnold de Marbais vendit Loverval en 1609 à Jean Robaulx. Mais en 1612, Arnold racheta cette maison pour la donner en 1619 à Charles de Hille, son gendre. En 1670, Philippe de Henry, seigneur de Fosteau, arrivé là on ne sait comment, vendit Loverval à François de Blavier, seigneur de Dampremy. En 1691, apparaît Jacques de Florennes, seigneur de la Raudière; il releva le bien issu de son grand-père (de Henry) pour son fils aîné Philippe.

Le patronyme de Florennes n’est plus cité par la suite. La même famille se nomme de Flaveau de la Raudière. Ses membres mâles devenus barons de Loverval en 1729 relevèrent Loverval en 1768. En 1789, d’après Jean Calcus, bibliothécaire d’une des trois écoles implantées sur le site, le châtelain est François de Spangen (on prononce Span). Il avait épousé Louise-Xavière de Flaveau. Louise-Xavière (1773-1833) était la fille de Jacques baron de Flaveau de la Raudière de Loverval (1734-1795) et d’Ernestine de Cassal (1726-1793) (Soy). La fille unique des Spangen, Louise-Victoire (1799-1845), épousa le comte Werner de Merode (1797-1840) le 18 juin 1818. Werner fut élu bourgmestre de Everberg de 1825 à 1840; il le fut dans le même temps à Meerbeek. Ils eurent sept enfants dont cinq filles. L’une d’elles, Antoinette (1828-1864), deviendra princesse de Monaco et sa dot permit aux Grimaldi d’acheter le château de Marchais en 1854. Une autre, Louise, épousa Alphonse dal Pozzo, prince de la Cisterna; une de leurs filles épousa Amédée de Savoie et devint reine d’Espagne.



En passant par Habay


En 1939, Louis, devenu prince de Merode (25 avril 1930), et son épouse Elisabeth, née de Moustier, à Cannes le 8 mai 1892, préférèrent vendre leur domaine aux Soeurs de la Charité de Gand. Cette branche des Merode se « replia » sur Habay et son magnifique château dit de la Trapperie en souvenir de la famille des maîtres de forges liégeois Trappé. Louis, né le 28 décembre 1882, mourut à Uccle le 25 décembre 1939. C’est à la Trapperie que décéda Elisabeth le 19 mars 1983. Elle était la fille du comte Edouard (à travers les Moustier, on retrouve à nouveau le château de Ny car une princesse de Ligne avait épousé un Moustier) et de Marie-Octavie de Curel.



Plusieurs fois transformé


Le château de Loverval a été construit en U à la fin du XVIIIe siècle à l’aide de briques, de moellons de calcaire et de pierre bleue sur les restes d’un vieux château du XIIIe siècle. Il est orienté est-ouest. Du côté ouest, il a vu son élévation augmentée d’un niveau sur les deux ailes en retour de la cour intérieure en 1954 de manière à agrandir l’école. L’ensemble est couvert par une toiture plate ou en bâtière, en ardoises ou en feuilles de zinc. Au cours du XIXe siècle, de nombreuses adjonctions ont été érigées par les comtes Louis-Ghislain et Werner de Merode, à commencer par les très intéressants communs. On leur doit aussi la transformation de l’aile est; elle ne manque pas de charme, à défaut d’harmonie. Elle a été affublée de trois pignons à gradins avant 1876, séparés plus tard (vers 1900) par deux tours carrées non engagées. Celles-ci sont posées sur des soubassements en moellons et montent sur deux niveaux, séparés par trois cordons-larmier. Elles enserrent la verrière de la chapelle (vers 1900). À gauche, l’alignement est assuré par un bâtiment en moellons de deux niveaux et six travées. À droite de cette aile, vers le nord, un corps de bâtiment en moellons précède une puissante tour carrée engagée haute de cinq niveaux, soubassement compris. Avant 1910, les pavillons d’entrée ont été construits aux différentes portes du parc (26 ha, comme en 1939). Lors de récentes restaurations, l’enduit néoclassique du château a été malheureusement supprimé pour des raisons d’économie. À l’ouest, le bâtiment se compose de deux niveaux et demi limités par trois cordons. Au centre, on compte sept travées séparées par trois pilastres verticaux. La travée centrale est légèrement placée en exergue par l’attique qui la couronne. Les murs-pignons sont éclairés par une travée sur trois niveaux; un oculus a été installé lors de l’exhaussement de 1954.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867