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Fin de calvaire programmée pour Mouscron


Château des Comtes - 7700 Mouscron



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Category : Information Business Events
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  • Entouré d’eau sur trois côtés mais aussi de bâtisses issues de la cité toute proche, ce qui reste de Mouscron se bat pour sauver son indépendance face aux tentacules de la modernisation © Philippe Farcy

  • Du château ancien, clos, il ne reste qu’une aile et de menues adjonctions © Philippe Farcy

  • Carte postale, ed. Roussele-Castel

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill & Nels n° 318



Official Name Château des Comtes
Location 7700 Mouscron
Construction Fin XVIe siècle-début du XVIIe siècle et façade avant du XVIIIe siècle
Style Traditionnel tournaisien pour la façade principale
Architect
Occupants Ville de Mouscron
Allocation Service administratifs
Protection Bien classé le 22 janvier 1973

Last udpate: 03/01/2013


Un ancien château fort transformé à la Renaissance.


Jadis isolé de la ville de Mouscron, le château des Comtes de Mouscron est à présent englobé dans une zone d’habitations. Il lui reste près de deux hectares pour respirer, c’est peu. Les façades arrière (est) et latérale (ouest et nord) sont bordées d’une eau marécageuse, empêtrées de vase et de branches hirsutes d’une nature trop sauvage. Du temps de Sanderus en 1641, l’antique castel carré était toujours complet de ses trois ailes et possédait deux petites tours cornières. Il n’en existe plus qu’une, circulaire à toiture en poivrière à côté du pignon sud; elle abriterait un puits. Du vieux château, on ne voit plus qu’une aile et c’est la moins attrayante. À voir la gravure de Sanderus, Mouscron avait des airs de Bossenstein, près d’Anvers. Le château était totalement isolé de la partie ferme. La haute cour et la basse cour n’étaient alors reliées que par un pont en dur, terminé par un sol en bois dont on imagine qu’il fut amovible. Il a germé dans les esprits des édiles locales l’idée de rétablir cet état. On s’en réjouit déjà car, pour l’heure, Mouscron fait pâle figure d’autant que les corps de ferme du XVIIIe siècle ne sont plus fermes et manquent à dire vrai de corps.



Souvenir d’une tour-porche


Là aussi, la commune rumine plein de bonnes idées. On se demande seulement pourquoi il a fallu attendre si longtemps. L’entrée se fera bientôt par le sud, là où se trouvait une tour porche. Le logis actuel repose sur des restes de murs en moellons de calcaire recouverts depuis la dernière campagne de restauration par des briques. Il se présente comme un quadrilatère de deux niveaux sous une haute toiture en bâtière couverte d’ardoises. La face avant est percée de cinq travées inégales. Les baies en arcs surbaissés à trois clés sont bordées de chaînages. Leurs seuils et le sommet des arcs sont reliés par des bandeaux. Au-delà, vers la toiture dont les pignons débordent, on aperçoit une corniche en pierre taillée en quart-de-rond. Le toit est animé par trois lucarnes. Les deux pignons sont percés de quatre ouvertures carrées. Le pignon du nord compte par ailleurs une sorte de tourelle engagée qui abrite l’escalier. Il est bordé par la latrine posée en encorbellement. L’arrière du bâtiment compte en outre une aile en retour percée de rares baies et joliment animée par un pignon à gradins.



Cousinages de prestige


En ce qui concerne l’histoire de cette bâtisse jadis prestigieuse, on s’en référera aux recherches de Robert Vandenberghe, publiées à Mouscron en 1981. On y vit les d’Audenaerde avant 1244. Les Louvain, seigneurs de Gaesbeek (› p. 58) et de Herstal, leur succédèrent entre 1244 et 1332. Ils étaient issus d’un fils puîné du duc de Brabant Henri Ier. Vint ensuite par acquisition du 19 janvier 1332, la famille tournaisienne des de la Barre, seigneurs de Mouscron jusqu’en 1592. Par alliance en 1562 avec Louise de la Barre, Mouscron échut aux comtes de Liedekerke, vicomtes de Bailleul, barons de Heule, Moorsele et Gracht. En 1627, Ferdinand de Liedekerke devint le premier comte de Mouscron. De 1645 à 1682, le domaine appartint aux Basta, comtes d’Hust, originaires de l’Épire. Ils laissèrent bien vite ce lieu aux d’Ennetières, barons de la Berlière (1664) (› p. 106) et marquis des Mottes (1680). Les d’Ennetières résistèrent au temps et surtout aux diverses armées françaises. Le dernier et onzième comte de Mouscron, Frédéric, marquis d’Ennetières, mourut au château de Duras en 1875 (› p. 164). Il avait épousé Félicité de Draeck (› Vol. 1, pp. 78 et 88), fille du baron Louis et de Colette de Lauretan. Leur fille Marie-Rose, dernière du nom, convola avec le comte Octave d’Oultremont de Duras (1815-1898). À la mort de ce dernier, le château fut vendu à la famille Six, de Tourcoing, qui l’a conservé jusqu’au début des années 1960 quand elle le céda à la commune de Mouscron.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003