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Coup de folie sur Écaussinnes


Château de La Follie - 7190 Ecaussinnes-d'Enghien (Ecaussinnes)



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  • Dans la cour d’honneur, jadis ceinturée par des bâtiments défensifs sur trois côtés, on remarque les restes de la barbacane. La tour centrale, jadis de guet, est percée de hautes baies. La Follie évoque alors Andoy, en plus grand. © Philippe Farcy

  • La façade donnant sur la Sennette est d’une rigueur parfaitement classique d’esprit Louis XVI, alors que son changement d’apparence date du début du Ier Empire. © Philippe Farcy



Official Name Château de La Follie
Location 7190 Ecaussinnes-d'Enghien (Ecaussinnes)
Construction XVIIIe et XIXe siècles
Style Louis XVI
Architect
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Classé le 7 juillet 1976

Last udpate: 03/01/2013


Écaussinnes entend le chant des amoureux et les concerts classiques.


Le temps est passé sur Écaussinnes, vaste localité du Hainaut au double visage. Dans le village, trône un imposant castel; c’est le château haut, demeure ancestrale des Lalaing, Croÿ et autres van der Burch, sauvé en ce début de XXe siècle par le chanoine Puissant, de Mons. Au nord de la commune, se trouve l’autre maison seigneuriale, le château bas, dit « La Follie », « fief » des comtes de Lichtervelde. Ils le reçurent par le mariage d’un des leurs, Gontran, avec une marquise de Rodes, dernière de son nom, lorsqu’elle décéda en 1920.


Marquis d’origine portugaise

Les marquis de Rodes étaient nés Lopez Rodriguez d’Evora y Vega. Ils furent de puissants négociants anversois d’origine portugaise et séfarade, établis chez nous au XVIe siècle. Les Lopez s’éteignirent entre autres chez les Lichtervelde et les comtes d’Ansembourg. Ils possédèrent notamment, outre « La Follie », les châteaux toujours existants d’Oosterzele, de Dikkelvenne et de Beerlegem.


Des vues anciennes montrent que cette maison fut un château fort de plaine bordé de toutes parts par la Sennette et précédé d’une virile barbacane. Des fouilles encore récentes ont permis de fixer précisément les contours de cet avant-poste. L’ensemble castral était disposé en retrait d’un corps de logis en U de deux niveaux dont il ne reste qu’une aile dans laquelle prend place une petite tour de guet haute de 23 mètres. Le rez était alors occupé par une très élégante galerie. Les seize arcades en anse de panier subsistantes reposent sur d’admirables et fines colonnes prismatiques gothiques. Aujourd’hui, elles abritent des véhicules divers et sont closes par de grandes portes de bois. Le château proprement dit a été transformé de multiples fois et ses fossés furent asséchés. Des XVe et XVIe siècles, la bâtisse conserve la tour-porche de quatre niveaux, la cour carrée dans laquelle se déroulent les concerts du festival annuel fixé au mois de juillet. La charmante chapelle Saint-Christophe qui borde un de ses côtés avait été désirée par Françoise d’ Argenteau, descendante directe des Enghien. Françoise était l’épouse de Bernard Ier d’Orley. Les décors renaissants de la demeure et de la chapelle, sont dus à leur bru, Isabeau de Witthem, fille d’Henri, seigneur de Beersel et d’Yssche, épouse de Bernard II d’Orley.


Siège de Louis XIV

À leur suite, les seigneurs de « La Follie » furent les Rubempré puis les Renesse de Warfusée. Le château, on le voit, a perdu ses quatre tours d’angle. Trois furent dynamitées lors du siège des troupes de Louis XIV en 1692. Et d’un carré imprenable de 34 mètres de côté, les barons de la Barre de Flandre puis les comtes de Spangen (on prononce Span) firent à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle un rectangle d’esprit Louis XVI, rythmé de nombreuses baies. La forteresse devint maison de plaisance. La façade sur la rivière fut remodelée entre 1807 et 1811 pour faire de ce bâtiment, non plus une pièce de défense hennuyère aux marches du duché de Brabant, mais une résidence mêlant avec tact la brique à la pierre bleue et aux moellons de calcaire. La demeure se fit élégante et raffinée. Elle l’est toujours. Dans le parc et à ses abords, on trouve encore une belle ferme et le vieux moulin dont la Sennette fit jadis tourner la roue.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002