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L'avenir incertain du château des Villers à Chin


Château de Chin - 7520 Ramegnies-Chin (Tournai)



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  • Mais qui donc se cache depuis 1876 derrière cette bâtisse extraordinaire où foisonnent les détails. Langerock comme à Rethy, Van Assche ? Qui sait ? © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château de Chin
Location 7520 Ramegnies-Chin (Tournai)
Construction 1876
Style Eclectique, néorenaissance flamande
Architect
Occupants Château d'Allain
Allocation Chambres d'étudiants et bientôt chambres d'hôte; salon de séminaires, réunion ou banquets privés
Protection Bien non classé; mais il ne peut être détruit

Last udpate: 04/01/2013


Une merveille d’éclectisme.


Ce château admirable par la distribution de ses volumes mêle les styles renaissant et baroque flamand. José Douxchamps, dans son Répertoire des châteaux de Wallonie, le cite comme « château de Pont-à-Chin ». Il a été érigé en briques et pierre bleue et son aspect est typique de l’état d’esprit nationaliste qui régnait dans notre royaume à la fin du XIXe siècle. L’art flamand était alors la seule référence.

Construit en 1876, il aligne les mouvements donnés par le jeu subtil des lignes droites et des courbes où s’opposent les tours circulaires couvertes de toitures en poivrière, les corps en avancée, les travées en retrait et les séparations marquées des étages. Il est remarquable par l’effet hautement décoratif des bandeaux et autres moulures de pierre blanche crayeuse ? ou de pierre calcaire. Ces éléments strient les façades avec légèreté, animent les encorbellements et les piédroits des baies, etc. À cela, il faut ajouter la fantaisie des pignons à volutes sommés d’obélisques flanquées de boules, sans oublier les colonnes cannelées disposées sur les deux niveaux de la façade d’accès. Ces colonnes sont dignes d’un arc de triomphe. Et comme tel c’est surtout le triomphe de l’éclectisme. Malheureusement, des malandrins volèrent vers 1950 les garde-corps baroques de l’escalier monumental menant au seuil de cette résidence de qualité princière.


Abandon virtuel


Situé au carrefour de la nationale 50 menant de Tournai à Courtrai et de la rue d’Allain, il faisait partie d’un domaine géré avec économie par les religieuses de Saint-André et est bordé par les voies d’accès de l’école. L’Ordre de Saint-André fut fondé au cœur de Tournai au XIIe siècle. Ce n’est qu’en 1945 après les bombardements, que la communauté se déplaça vers Ramegnies-Chin pour y poursuivre sa vocation éducatrice auprès de la jeunesse hennuyère. Le territoire des religieuses comptait encore treize hectares, mais la partie réservée au château et à un bâtiment de dépendances situé contre la voie routière se limitait à un demi hectare. Ce château encore en très bel état a été repris en 2005 par Olivier Debruyne qui l'a renommé Château d'Allain pour des raisons commerciales et y a aménagé des chambres d'étudiants et des salles de séminaires et de banquets partout ailleurs. Les toitures furent restaurées il n’y a guère tout comme une partie des châssis de fenêtre qui ont été remplacés par des boiseries neuves.



Faute de dommages de guerre


À la vérité, comme nous disait la sœur Delva, mère supérieure, « quand l’Ordre a acheté ce terrain en 1945, l’idée n’était pas de conserver le bâtiment mais de le supprimer pour reconstruire les ailes de la nouvelle école avec les sommes versées par l’Etat au titre des dommages de guerre. Le siège de notre communauté avait été dévasté par le conflit mondial et nous avions droit à réparation. Mais l’argent n’est jamais arrivé dans les proportions attendues. Nous dûmes nous résoudre à conserver le château. Par la suite, nous avons construit les ailes modernes qui sont toujours d’usage dans l’ancien parc ». Voilà qui explique le manque d’isolement du château.



Fief des Sourdeau de Chin


Comme le signale de Seyn, on sait que Gauthier de Croÿ, évêque de Tournai, avait fait construire un château et une tour à Ramegnies. Les Brugeois les rasèrent en 1325. Le duc de Gueldre fut tué à Chin le 27 mai 1477 dans un combat entre Tournaisiens et Flamands.

Sous les Habsbourg, Chin était une baronnie. Les barons furent d’abord les Chin, puis les Saint-Aubert et ensuite les Busignies. Les derniers seigneurs furent les Sourdeau. Si aucun des fils n’épousa une baronne Reille, ce qui eut été amusant sur un bristol, on sait qu’Edmond de Villers Grandchamps (1820-1903) épousa à Chin le 28 octobre 1846 Léopoldine de Sourdeau de Chin (1827-1920). Elle était fille de Joseph et de Léopoldine (de barons) del Fosse et d’Espierres. Ce sont eux les constructeurs du château où leur chiffre VS flirte avec le vent aux sommets des girouettes; il figure aussi en mosaïques dans le grand hall d’entrée. Le château passa ensuite à la soeur d’Edmond, comtesse du Breil de Pontbriand. Les descendants des Villers s’en séparèrent à une date inconnue (avant 1937) en faveur de Louis Glorieux.




SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 

José Douxchamps, Répertoire des châteaux de Wallonie 2002
Eug. de Seyn, Dictionnaire Historique et Géographique des Communes Belges, Etablissement Brepols, Turnhout, 3e édition non datée (après 1945)