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Tromcourt, terre de France, ne manque pas de pêche


Château de Tromcourt - 5660 Boussu-en-Fagne (Couvin)



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  • Le château des maîtres de forges de la famille d’Arche n’a rien perdu de son charme. © Philippe Farcy

  • L’entrée de Tromcourt annonce déjà une certaine élégance. © Philippe Farcy



Official Name Château de Tromcourt
Location 5660 Boussu-en-Fagne (Couvin)
Construction 1660
Style Traditionnel
Architect
Occupants Château Tromcourt
Allocation Hôtel-restaurant
Protection Bien classé le 29 janvier 1988 comme monument et site

Last udpate: 03/01/2013


Pour le plaisir d’un maître de forges


Dans la Thiérache belge, non loin de Couvin et de Mariembourg, se cache un joli et fort manoir construit et habité jadis par un maître de forges. Au Moyen Âge, les terres environnant Couvin appartenaient à l’évêché de Liège. Marie de Hongrie acheta plusieurs hameaux en 1546 et créa la ville qui porte son nom. Elle était gouvernante des Pays-Bas du Sud et désirait défendre son flanc sud face à la France. Elle n’avait pas tort de craindre ses voisins qui vinrent assiéger et prendre la nouvelle placeforte dès 1554. Celle-ci lui fut rendue en 1559 lors de la signature du Traité de Cateau-Cambrésis. Elle fut reprise en 1659 par Louis XIV lors du Traité des Pyrénées. Mariembourg comme Frasnes devinrent jusqu’en 1815 des enclaves françaises. Tromcourt subit le même sort.


Petite demeure de plaisance

Tromcourt apparaît dans ces époques troublées en 1660, comme en témoignent les ancres fichées dans un mur. La tradition locale raconte que le premier gouverneur de Mariembourg, le comte Charles de Bryas, châtelain de Morialmé depuis 1633, a fait édifier cette demeure sur la vallée de la Brouffe. Le ruisseau émerge de la profonde forêt de Senzeilles avant l’aller rejoindre le Viroin. Le logis construit en moellons de calcaire se présente comme un double corps et grimpe sur deux niveaux. L’aile centrale, large de seulement trois travées, se termine de part et d’autre par un petit pavillon carré large et profond d’une travée. Le corps central est couvert par une belle et haute bâtière d’ardoises à croupettes, percée de trois lucarnes, elles aussi à croupettes. Les baies sont chaînées. Certaines ont été refaites et ont perdu leur croisée.



Maison d’industriels

Une fois la paix revenue, cette demeure devint la résidence du fils d’un entreprenant maître de forges. Il se nommait Ambroise d’Arche ou Darche selon les documents cités par le baron van der Rest. Ambroise est signalé dès 1675, vivant à Virelles. Il mourra en 1702 après avoir construit une fortune considérable. Maître de forges à Virelles, il acheta les forges de Seloignes en 1689.

Il avait une fonderie à Chimay, une autre à Nimelette et encore une autre à Mariembourg. Son fils Nicolas (1671-1728) reçut en 1696, en arrentement de Philippe Megrode de Liedermans, la maison et la cense de « Tromecoutte » contre 50 patacons. Il finit par racheter le bien. Du coup, Nicolas se fit nommer d’Arche de Tromcourt. C’était une particule de complaisance, nous confiait naguère le chevalier Puissant d’Agimont d’Heer et Herlette dont une aïeule épousa un Darche au XIXe siècle.


Mystères post-révolutionnaires

D’après Madame Hervé Coenrats, de Gallaix, cette dame Darche qui était son arrière-grand-mère, était prénommée Emilie, native de Hautmont. Elle était la fille de Valentin et d’Augustine de Lormoy de Paillot. Elle épousa Edmond Puissant d’Agimont etc..., fils de Ferdinand et d’Adélaïde Licot de Nismes (Couvin, Nismes, Wolvendael). Cette petite ajoute décorative devint gênante lors des troubles révolutionnaires.

Les descendants de Nicolas en revinrent à un Darche plus sobre, y compris Charles, frère d’une autre Nicolas qui fut député d’Avesnes à la fin du XVIIIe siècle. De Valentin Darche déjà cité, on sait que le parrain fut le comte Valentin Esterhazy, gouverneur de Rocroy. Valentin fut maître-verrier et fournisseur de bouteilles chez Moët et chez Cliquot depuis l’abbaye d’Hautmont qu’il venait d’acquérir car une grande partie de la famille Darche émigra au début du XIXe siècle vers Hautmont et Maubeuge. On en trouve encore du côté de Chimay et de Virelles.

Personne ne sait à qui échut la demeure dans la suite de la Révolution française. Un baron de Pesche ou la famille Pêche, on ne sait, en fut propriétaire tout en louant le bien à des fermiers. L’exploitation dura jusqu’en 1975. Madame Thérèse Hautier, aidée par Ingrid et Eric Patigny, a repris le château en 1975. Le logis servait de réserve à grains. Les nouveaux propriétaires transformèrent Tromcourt en un hôtel-restaurant de charme. Tromcourt fait surtout les délices des chasseurs qui traquent chaque automne le cerf et s’y reposent sans doute en lisant et relisant Labiche. Le château a été gravé vers 1830 par Sturm.




SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Baron van der Rest, Darche de Tromcourt, Le Parchemin, n° 202, Office Généalogique et Héraldique de Belgique juillet-août 1979
Baron van der Rest, Notices sur quatre familles de l'Entre-Sambre-et-Meuse : Baillet (de Persche, Nîmes, etc), Félix de la Motte, Darche de Tromcourt et Duwooz, Le Parchemin, n° 200, Office Généalogique et Héraldique de Belgique mars-avril 1979