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La Plante a repris racines


Château de La Plante - 5000 Namur



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  • © Philippe Farcy

  • Posée dans un petit parc où trônent un des plus vieux chênes de Wallonie et un pavillon d’inspiration chinoise, La Plante est redevenue une beauté des bords de Meuse. © Philippe Farcy

  • Totalement restauré par l'ACIS et grâce à l’abbé Tassin, La Plante a retrouvé son prestige. © Philippe Farcy



Official Name Château de La Plante
Location 5000 Namur
Construction 1838; 1855-1860; 1999-2001
Style Néoclassique
Architect
Occupants Association Chrétienne des Institutions Sociales et de Santé a.s.b.l. (ACIS)
Allocation Bureaux
Protection Bien non classé

Last udpate: 04/01/2013


Les quais de Meuse ont retrouvé une de leurs pièces maîtresses dans un théâtre d’ombres.


Le château de La Plante n’est certes pas le plus important des châteaux de la vallée. Pourtant, cette maison néo-classique doit être regardée comme un porte-drapeau. D’abord, parce qu’elle renaît. Ensuite, par sa signification sociologique. En effet, La Plante témoigne de la prospérité économique namuroise entre 1750 et 1850, comme l’illustra l’exposition du musée de Gaiffier d’Hestroy, « Les Intérieurs namurois » organisée par Mme Douxchamps et M. Toussaint. Ensuite, par les misères incroyables que des malandrins de l’immobilier lui imposèrent. Enfin, parce qu’elle a retrouvé – grâce à un abbé hors norme – la prestance qui était la sienne jadis. Si le château de La Plante revit, c’est sur les cendres d’une mort presque acquise car il n’en restait qu’une carcasse vide pourrie jusqu’à l’os. Adieux parquets, adieux stucs délicieusement légers, boiseries délicates et lustres à panier.



Homme politique


Ce château charmant mais modeste fut aménagé par Louis Mohimont (1773-1857), important homme public namurois, époux d’une dame issue de la famille Bivort, dont certains membres étaient des métallurgistes. L’élévation sociale imposant ses règles, il fallait à Monsieur Mohimont une maison de campagne. Très tard, en 1838, il réunit donc deux demeures jointives du siècle précédent et les transforma. Mais plutôt que d’opter pour un style contemporain, il se fit aménager une résidence redevable du style Louis XVI, néoclassique. Sur la gravure de Vasse publiée vers 1860, on voit déjà le charmant pavillon persan toujours en place ainsi que les grilles longeant la chaussée de Dinant.

Le parc d’un hectare possède l’un des plus vieux chênes de Wallonie. Le domaine passa par mariage des filles successives chez les barons Fallon, puis chez les Cartuyvels de Collaert et enfin chez les de Gerlache de Waillimont. En 1971, cette dernière famille cessa d’occuper le château et le loua, semble-t-il, à une princesse de Bourbon-Parme. À sa suite, la province de Namur fut locataire avant d’être suivie par la SRIW (Société Régionale d’Investissement de Wallonie). En 1984, les descendantes de Jean de Gerlache se décidèrent à vendre La Plante à un Koweïtien ayant de gros intérêts au Casino de Namur. Une faillite puis un incendie en 1990 que d’aucuns qualifièrent de providentiel, permirent presque la démolition des bâtiments et l’aboutissement de sinistres rêves d’un promoteur immobilier.



Sauvetage in extremis

L’urbanisme namurois tint heureusement bon face aux prédateurs mais le château et le parc périclitèrent au grand dam du voisinage. En 1998, l’ACIS (Association Chrétienne des Institutions Sociales et de Santé), avec à sa tête son fondateur l’abbé Paul Tassin, entra en jeu. L’association put acheter cette ruine pour 18 millions de francs belges (soit 7 de moins que le château d’Aigremont !). Des travaux considérables furent alors entrepris. La Plante allait revivre. Elle revit. Miracle !


Lignes simples

Pris naguère encore dans les futaies comme un temple aztèque, le château de La Plante a retrouvé ses lignes simples. Cet élégant édifice en U est enduit d’un blanc opposé au gris des pierres bleues et des chaînages. La demeure est composée sur le parc d’une façade centrale de cinq travées et de deux ailes en équerre d’une travée; le tout monte sur deux niveaux posés sur une plinthe en pierre bleue accusant la déclivité du sol.

Trois frontons à oculus circulaires scandent les espaces à parts égales. Celui du centre surmonte la travée la plus large. Celle-ci est composée de trois baies accolées en plein cintre, précédée d’un perron et surmontée d’une terrasse. Les extrémités des ailes en retour sont en pans coupés et ornées de chaînages d’angle. Vers le sud, la petite façade compte trois travées. Vers la Meuse et l’est, neuf travées s’alignent de manière irrégulière. La toiture d’ardoises à coyaux pose sur une belle corniche denticulée. Les baies en triangle sur le parc et les lucarnes sur la Meuse illuminent une grande salle de réunions. Le château, décoré par Fabienne Martin, secrétaire multi-facettes et multi-charmes du grand patron, est désormais relié aux communs redessinés de manière contemporaine pour divers usages, et avec un goût de l’harmonie évident. La Plante est sauvé par la volonté d’un abbé qui « n’est steunin biesse », comme on dit à Lîdge. Grâce soit rendue à M. Tassin.


On ne visite pas. Le château se voit de la rue.


SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003
Jacques-Antoine-Abraham Vassé, Les châteaux, les ruines, les monuments et les sites pittoresques des provinces de Brabant, de Hainaut, de Piamur et de Liége et l'historique de toutes les localités de ces provinces, Bruxelles, 1844-1859