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Scry, délice sauvé du mépris


Château de Scry - 5640 Mettet



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Category : Information Business Events
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  • Sauvé par Mme Sokal et sa famille, Scry illumine les environs de Mettet de son élégance. L’allée centrale du jardin semble filer à travers la maison pour terminer sa course dans une longue drève de charmes. © Philippe Farcy

  • La façade nord est animée de pilastres et d’un fronton percé d’un oculus à petits-bois rayonnants. © Philippe Farcy



Official Name Château de Scry
Location 5640 Mettet
Construction 1757; 1857
Style Louis XV
Architect
Occupants
Allocation Propriété privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 12/06/2014


Le sauveteur de Scry est une dame de qualité


À proximité de Mettet, jadis terre liégeoise, le petit hameau de Scry abrite un délicieux château posé entre ses deux ailes de communs. Celle de droite par rapport à la façade d’accès actuelle, a été érigée après 1847, comme le précise un beau plan dressé par Desguin. Posée dans son parc muré sur 1 ha, la maison semble n’avoir guère bougé depuis l’Ancien Régime. Et pourtant ! Jusqu’en décembre 1969, date d’arrivée de la famille Sokal-Culot (Laclaireau), l’ensemble était conservé dans un état pitoyable. On sait que le château était transformé en une ferme, occupé par la famille Frippiat depuis 1926. Ensuite, vendu en avril 1941 à Alphonse Anciaux, de Braine-le-Comte, le bien a été loué en partie à un autre fermier, nommé Bourlon. Le sieur Bourlon coupa les plus vieux arbres et bétonna les caves pour y placer ses cochons. De plus, le château était divisé en faveur de Joseph Guyaux, dès 1952. Ces messieurs voisinèrent jusqu’en 1960 avec les Demoiselles Dillie et Leroux. Le calvaire né du mépris pour le patrimoine n’était pas terminé.



Dépôt de petits ferrailleurs


En 1966, le château a été vendu pour moitié à Marcel Evlard et pour moitié à Raymond Degraive, négociant en carrelages. Le premier était ferrailleur. Ils convertirent le jardin en un dépotoir géant. Madame Sokal nous disait qu’à son arrivée sur place « on ne comptait dans cette maison qu’un point d’eau, froide évidemment. Il n’y avait pas de chauffage. Il fallut tout refaire, les gouttières pendaient des toits et on ignorait jusqu’à la présence des terrasses enfouies sous la végétation. Ce fut un travail long et terrible. On a tout enlevé, sac de crasses après sac de crasses ». Le résultat est superbe. La famille Sokal a sauvé cette perle tout en rachetant les terres affermées des environs.

Par ailleurs, ce château semble, comme Beaumont, bénéficier d’un frère jumeau dans le château de Braives, près de Huy. « Je m’y suis rendue jadis quand cette maison appartenait aux barons de Cartier d’Yves », poursuivait Madame Sokal. « J’y ai ressenti l’impression de me trouver chez moi. Les espaces intérieurs et les caves présentent des similitudes étonnantes; les artisans ou l’architecte, étaient-ils le(s) même(s) ? ».


Maison de Doyen


Scry, daté de 1757 dans le stucage du vestibule de l’étage, a été édifié en briques chaulées de blanc cassé et décoré de pierre bleue. Les sources conservées dans la descendance permettent de certifier que le château a été construit par Charles du Pont, dernier doyen du chapitre de Fosses-la-Ville. Son frère Florentin, vicomte d’Ahérée (en 1784, par la grâce du prince-évêque de Liège), bourgmestre de Dinant et seigneur de Weve et de Leignon en hérita, suivi par son fils Jean-Florent (Dinant, 1751 - Leignon, 1820). Ce dernier avait épousé Marie-Agnès Renson, fille de Noël, seigneur de Sanzinne, de Haroy et de Hoviet, dont il divorça. Leur fille Julie épousa Gérard Pirson. Leur fils, Perpète-Florent (1778-1857), sénateur, fait baron en 1849, avait épousé Sophie de Paul de Maibe (1782-1855). Maibe est un hameau par des Hamois dans le Condroz. Leur fille Louise (1814-1871) hérita de Scry, avec 101 ha, 87 a, 48 ca, une ferme et deux maisons. Elle épousa à Mettet le 15 octobre 1834, Amour de Bruges de Gerpinnes (1808-1882). Ils laissèrent le château à leur fille Julia (1851-1913), qui décéda jeune fille au château de Weillen. Menant grand train, ayant laissé Scry à l’abandon dès 1877, elle fut contrainte de vendre ses 102 ha le 22 mars 1893 à Louis Colle. Le château passa au fils de ce dernier, Joseph Colle, qui s’en sépara le 13 janvier 1922. 40,07 ha furent cédés avec le château à Albert Ghidez qui revendit dès le 26 mai 1926 aux Frippiat cités plus haut.



Effets de style Louis XV


Le château s’élève sur deux niveaux sur un soubassement de pierre bleue alors que les annexes en briques et moellons percées de trois baies en arc surbaissé, n’en comptent qu’un seul. Le corps de logis est large de trois travées, sous une toiture en Eternit à la Mansard, percée de deux lucarnes à croupe. Elles sont droites vers l’entrée; elles sont bombées vers le jardin. Deux cheminées en briques s’élèvent des flancs est-ouest. Les lucarnes des ailes sont en bâtière. Sur la façade nord, qui sert à présent d’accès, les travées du corps central sont séparées par d’élégants pilastres aux chapiteaux ioniques. Ils soutiennent un entablement sur lequel s’appuient la corniche et le fronton. Le fronton nord est percé d’un œil-de-boeuf à petits bois rayonnants bordé de stucs Louis XV. Les baies verticales sont harpées. Du côté du jardin, le fronton en pierre bleue triangulaire porte les armes des du Pont d’Ahérée (une main levée sommée d’une couronne). Le fronton singularise la travée du centre, légèrement saillante, qu’isolent des piliers à refends. La porte-fenêtre et la baie de l’étage sont superbement décorées, notamment par une corniche en cavet et par des ailerons.

On ne visite pas. Le château s’aperçoit de la rue.