FR - NL - EN
HOME AGENDA CONTACT FAQ CHATEAU OWNER LOGIN

Duras, des architectes de rois pour une terre jamais vendue


Kasteel van Duras - 3803 Duras (Sint-Truiden)



Contact

Category : Information Business Events
First Name
Last Name
E-mail
Phone
Please enter CASTLE in the below field:

  • Les quatre rangées d’arbres s’alignent sur près d’un kilomètre et Duras surgit des ramures comme le Printemps de Botticelli © Philippe Farcy

  • Le néo-classicisme joue sur les droites et les courbes en ce château magnifique des comtes de Duras © Philippe Farcy

  • Stella Artois, Année des Châteaux 25

  • Carte postale ancienne, ed. Nels, série 66, n° 14



Official Name Kasteel van Duras
Location 3803 Duras (Sint-Truiden)
Construction 1789; 1825; 1875; 1903; 1960
Style Néoclassique
Architect Ghislain-Joseph Henry (Dinant 1754-Bruxelles 1820); François Verly (1760-1828); A. Balat;  De Backere; 1960-1962: baron Francis Bonaert
Occupants
Allocation Résidence privée
Protection Bien non classé

Last udpate: 16/07/2013


Un domaine type de l’immuabilité.


À la limite du Limbourg et du Brabant flamand, Duras est un havre de paix. Ici tout est espace et grandeur, immuabilité. Seuls les messieurs et les dames changent. En légère pente, la drève de quatre rangées d’ormes que coupe la route communale atteint allègrement le kilomètre, comme à Mielmont. Publié à de nombreuses reprises, ce château jouit de la gloire qu’il mérite. C’est un des dix domaines de Belgique qui n’a jamais été vendu. Parfaitement entretenu, c’est aussi un des bâtiments majeurs du néoclassicisme belge.


Affaire d’architectes réputés

Le château a été construit en 1789 à la demande du comte Jean-Joseph-Philippe van der Noot, baron de Meldert, par Ghislain-Joseph Henry (Dinant 1754 - Bruxelles 1820), auteur de la famille des Henry de Hassonville. Enfant de la principauté de Liège comme son collègue Laurent-Benoît Dewez avant lui, il fut formé à Rome (1779). Il travailla ensuite à Valenciennes, à Paris et à Nantes ?, avant de devenir dès 1785 une figure éminente dans nos contrées. Ce château est sa première oeuvre en Belgique. De ces apports au patrimoine liégeois, on ne sait presque rien si ce n’est qu’il donna un temple au parc des Vieux-Joncs (Bilzen). Il en fit de même dans le parc de Wespelaer (pourJan Baptist Plasschaert). Pour le duc d’Arenberg, il agrémenta celui d’Enghien d’une entrée monumentale puis fut appelé par Napoléon pour ériger le théâtre de Laeken (1805). En 1815, il se vit charger de concevoir le monument théâtral de la prestation de serment de Guillaume Ier. Il revint ensuite à Laeken pour proposer une orangerie et un nouveau théâtre. Alors qu’il travaillait aux dessins de la façade du palais royal de Bruxelles, il décéda et céda la place à ses collègues Vander Straeten et Suys. À Duras, Henry donna l’ensemble des plans mais sa disparition fit venir ici son ami François Verly (1760-1828) pour la décoration du salon ovale donnant vers le parc et les ailes de communs. Un parc que Verly va aménager à la demande du nouveau propriétaire le comte Charles d’Oultremont, marié à Louise comtesse van der Noot de Duras, comme il l’avait fait trois ans plus tôt au château de Bazel pour le vicomte Vilain XIIII. Ensuite Verly s’en alla en Bavière reconstruire un château du prince de Loewenstein-Rosenberg qui depuis 1801 n’était plus seigneur de Cugnon, Herbeumont, Agimont, d’un tiers de Neufchâteau, de Chassepierre enfin. Mais c’est une autre histoire.


Rigueur néo-classique

Henry a imaginé un grand vaisseau rectangulaire comme d’autres à Manage ou à Mariemont (avant son incendie), mais il assortit l’ensemble d’un avant-corps à usage de vestibule inspiré de Bramante et de son « tempieto » de San Pietro in Montorio, à Rome. Le château s’étire sur onze travées. Les travées externes sont en léger ressaut. La maison repose sur un soubassement de pierre bleue percé de jours fort minces puis elle s’élève sur deux niveaux dégressifs sous un attique précédé d’une large corniche. Une toiture basse en tuiles achève de couronner un bâtiment austère comme l’imposait le style néo-classique. Mais à cette raideur répond toujours une très belle invention dans les volumes intérieurs mêlée à des stucages superbes et à une fraîcheur de coloris qui coupe souvent le souffle, comme à Froyennes. Le logis est précédé de deux ailes de communs d’un seul niveau précédées par une suite de piliers créant une galerie. À l’arrière, le dispositif est plus encore exempt de décors superflus. Trois jeux de volumes donnent de l’animation à la façade centrée sur un demi-cercle de trois travées. À l’ouest, un appendice d’un niveau sous une toiture mansardée permet depuis 1875 de résister dans de petits salons aux rigueurs de l’hiver. Il faut noter que le château avait vu ses toitures élevées et mansardées sans doute vers 1875 et vraisemblablement par A. Balat, l’architecte préféré de Léopold II. Un incendie en 1902 allait encore renforcer -lors des réparations- le côté éclectique des ajouts sous la plume de l’architecte bruxellois De Backere. En 1945, après qu’un V1, sans doute attiré par la beauté du site, ne vienne finir sa course dans les combles, il fallut reconstruire à nouveau. Cela donna l’occasion à Francis Bonaert de rendre au château son apparence primitive.


Historique

Intégré au comté de Looz vers 1193 puis absorbé par la principauté de Liège, Duras resta aux Looz durant deux siècles. Par son mariage le 2 janvier 1426, Catherine de Duras fit entrer le domaine dans la maison des barons d’Oyenbrugge, plus tard barons de Thynes et de Meldert, seigneurs de Seilles. Ceux-ci conservèrent le bien jusqu’au mariage de leur ultime représentante Antoinette-Anne avec son cousin le comte Philippe van der Noot, baron de Carloo, seigneur de Duyst, en 1705. C’est le fils cadet de ces deux-ci qui appela l’architecte Henry. Du mariage de Jean-Joseph avec Florence de Ruysschen, comtesse d’Elissem près de Landen, naquit entre autres la petite Louise. Cette Louise, baronne de Carloo qui ne mourra que le 4 mars 1864, allait se marier le 27 avril 1803 avec le prince Louis de Ligne, fils de Charles et de la princesse Hélène, de la maison polonaise des Massalska. Louis et Louise eurent trois enfants dont deux morts jeunes et un fils prénommé Eugène; il sera le prétendant au trône de Belgique. De la mort de son mari le 10 mai 1813, Louise se consolera en épousant le comte Charles d’Oultremont dans la famille desquels le château se trouve toujours.


On ne visite pas. Un berger allemand arrivé à maturité hurle au moindre bruit et monte la garde toutes dents dehors sans jamais se lasser.


SOURCES:
Jozef Croughs & Liliana Casagrande, Kasteel Duras mikt op evenementen, Het Belang van Limburg 15 juli 2009 http://www.hbvl.be/limburg/sint-truiden/kasteel-duras-mikt-op-evenementen.aspx
François de Pierpont, Le château de Duras, in Le Parchemin, 74e année, septembre-octobre 2009, n° 383, Office Généalogique et Héraldique de Belgique
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003 
Kasteel van Duras (ID: 84280), De Inventaris van het Bouwkundig Erfgoed, Onroerend Erfgoed https://inventaris.onroerenderfgoed.be/dibe/relict/84280
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel II,  Hobonia 1987
Baron van den Branden de Reeth, A propos de deux tableaux de quartiers Oyenbrugge, Le Parchemin, n° 182, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, mars-avril 1976