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Aigremont attend le retour de ses fastes d'antan


Château d'Aigremont - 4400 Awirs (Flémalle)



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  • La cour intérieure précédée par un mur orné de grottes et de fontaines est d’un classicisme évident et souple. Le raffinement se trouve aussi à l’intérieur. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy

  • Au loin, posé sur son rocher, Aigremont observe la vallée en espérant retrouver la sérénité du temps passé. © Philippe Farcy



Official Name Château d'Aigremont
Location 4400 Awirs (Flémalle)
Construction 1717
Style Louis XIV
Architect
Occupants Carrières et Fours à Chaux Dumont-Wautier (Groupe Lhoist-Bénélux)
Allocation Futurs lieux de réceptions pour l'entreprise
Protection Bien et site classés les 16 janvier 1978, 21 décembre 1979 et 12 février 1985

Last udpate: 04/01/2013


Aigremont ou Aigre-Mont attend que les travaux de sauvegarde commencent.


Aigremont a toujours été une belle histoire d’amour entre des Liégeois amoureux de leur passé et un site remarquable quoique abîmé par les industries de la vallée mosane qui gâtent la vue depuis ce promontoire. La famille Frésart de Clercx de Waroux, dernière héritière des lieux, décida en 1971 de se séparer de ce patrimoine majeur. Les amateurs de vieilles pierres virent alors avec bonheur l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique prendre la relève. Celle-ci acheta le bien grâce à la générosité d’Alice van Zuylen (1909-1999). Cette grande dame, déjà propriétaire d’un petit château à Hollogne-aux-Pierres donné à la commune pour la jeunesse locale, offrit la totalité de la somme demandée pour ce domaine de six hectares, soit 6 millions de francs belges. L’association avait déjà en portefeuille Beersel qu'elle sauva et Laarne. Aigremont fut entretenu en bon père de famille.



Vente récente

Le temps a passé et avec lui, la vogue des châteaux s’est estompée au profit d’une certaine perversion du tourisme qui attire le monde vers les amusements d’un jour sur un site unique où les esprits se fatiguent moins que les jambes. De nos jours, quand une demeure prestigieuse comme Beloeil revendique plus de 10.000 visiteurs par an, on se réjouit. On en était à 25.000 en 1980. Les châteaux plus petits, comme Aigremont, sont depuis longtemps bien en dessous de ce quota. Les coûts d’entretien ne pouvaient plus être supportés par l’asbl, pauvre comme Job et elle s’est résolue à vendre cette perle en mars 2001 aux carrière Dumont-Wautier, dépendants du Groupe Lhoist-Benelux, contre plus ou moins 25 millions de francs belges. Ce fut un des derniers actes majeurs de feu le prince Alexandre de Merode, président de l’association.



Un site immortel ?

Du haut de sa falaise, Aigremont regarde la Meuse avec des airs d’éternité. Il ressemble à son voisin Chokier dont s’est heureusement épris le fils Florani. Ces châteaux sont comme des soleils dans les grisailles métallurgiques et électriques. Aigremont a été publié cent fois mais cela n’enlève rien au plaisir de le revoir. Le castel actuel ne doit pas faire oublier qu’il fut précédé par une forteresse digne de la défunte Argenteau et de ce qui reste de la vieille tour de Saive. Il appartenait alors au Sanglier des Ardennes, Guillaume de la Marck. En 1474, Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège, fit démanteler ce vaisseau du Moyen Âge. Quoique Guillaume de la Marck fut décapité, son bien resta dans sa famille. Ses héritiers furent entre autres seigneurs de Rochefort, Seraing-le-Château, Harzée, Agimont, Mirwart, Neufchâteau, Longpré, Villance, Lummen, Bouchout, Humbeeck, etc.



Mathias Clercx

Les Ligne, princes de Barbençon et d’Arenberg, vicomtes de Dave, seigneurs de Jeneffe et de Villemont, héritiers de la comtesse d’Oostfrise (d’après Stanislas Bormans, 1868), prirent possession de ces terres, de 1583 à 1660. Ensuite, pour des causes juridiques diverses, on vit arriver là vers 1663 les Graty, puis les Nuvolara, puis les Schockart (Gaesbeek et Boetfort) et consorts. Pour accéder au château, il faut atteindre le plateau hesbignon. Au sud, il n’y a qu’une falaise et ses perles de calcaire que découpent quelques terrasses en bastion. Mathias Clercx, chanoine tréfoncier de Saint-Lambert, archidiacre du Condroz, prévôt de Fosses-la-Ville acheta ce territoire aux derniers cités entre les 13 février et 7 août 1715. Par héritage, le bien arriva aux Frésart de Clercx de Waroux qui le vendirent en 1971, dix ans après la disparition de leur tante Marthe, dernière de son nom, à l'Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique.


Cour pavée

Le chanoine entreprit dès 1717 l’édification du bâtiment actuel. Après avoir traversé une drève de marronniers, on entre dans une cour pavée de granit et de grès fermée par un mur aux allures baroques constitué de briques et de pierre bleue. Il est animé de deux superbes fontaines de plomb et percé de canonnières. Le château se présente en forme de U, en briques jadis peintes et pierre bleue (calcaire), sur neuf travées en longueur. Les extrémités des ailes en saillies sont garnies de chaînages harpés de même que les flancs du léger avant-corps central de trois travées sommé de son fronton; il est percé d’un oculus animé d’une horloge. L’élévation est de deux niveaux. Les encadrements des baies sont plats. Les toitures en bâtière à coyaux ornées de lucarnes sont couvertes d’ardoises. Sur Meuse, le fronton présente les armes des Clercx que l’on retrouve sur le faite de la grille d’entrée.



Faire face

M. Vanhove, responsable de la société Dumont-Wautier, affirmait qu’il est parfaitement possible de concilier les intérêts industriels avec ceux de la protection du patrimoine. Un périmètre de sécurité sera établi de manière à ne pas affecter le parc. La firme assumera tous les travaux de restauration en collaboration avec la Commission Royale des Monuments et Sites et la Région Wallonne. Enfin, l’accès lors des Journées du Patrimoine sera toujours d’application. Le château va magnifier l’image de marque de la société, sans craindre, disait Marcel Vanhove, le gisement périphérique qui représente au moins vingt-cinq ans de travail d’après les premières analyses. Pourvu que l’on ne creuse pas sous le château lui-même !


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003
Paul Arren, Van Kasteel naar Kasteel I, Hobonia 1985
Stanislas Bormans, Les Seigneuries allodiales du Pays de Liège, avec une introduction historique, J. Gothier 1867