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Cheratte fait grise mine


Château de Cheratte - 4602 Cheratte (Visé)



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  • Vu de la route menant de Liège à Visé, le spectacle de Cheratte est affligeant. © Philippe Farcy

  • La cour donnant sur le parc est bordée par la longue façade du château. © Philippe Farcy

  • Ce détail de la tour carrée montre la qualité de l’édification du château de Cheratte. © Philippe Farcy



Official Name Château de Cheratte
Location 4602 Cheratte (Visé)
Construction 1643
Style
Architect
Occupants
Allocation Sans affectation
Protection Bien classé le 20 octobre 1978

Last udpate: 24/03/2013


Coincé entre la route communale, l’autoroute et le chemin de fer, Cheratte attend des jours meilleurs.


À la fin de son ère résidentielle, la s.a. des Charbonnages du Hasard prit possession des clés de ce qui fut un très joli domaine pour en faire d’une part une infirmerie-hôpital pour ses ouvriers et d’autre part afin d’y loger la famille du directeur. Ce changement d’état intervint en 1913 et le parc, qui s’étendait jusqu’à la Meuse, fut alors partiellement transformé en une intéressante cité sociale des années vingt. Triste chose pour la belle propriété, mais tel était le progrès. On vit à Cheratte dans les années soixante le mariage de Mlle Hullin, fille du dernier directeur et actuelle responsable des étoffes anciennes du trésor de la cathédrale de Liège, avec le fils du Dr Pirenne. Ce fut un des derniers jours fastes de cette bâtisse au prestige dégradé. En somme, Cheratte fait mine de tenir, mais il a très mauvaise mine, et sous ses pieds la mine le mine.


Des Argenteau aux Saroléa

Cette propriété avait été engagée pour la première fois par le roi d’Espagne Philippe II, de 1560 à 1574 à Jacques d’Argenteau. La maison n’a été achevée qu’en 1643 pour Gilles de Saroléa qui avait payé 4.100 livres en monnaie de Flandres pour s’en rendre maître. En 1644, Cheratte devint un fief dépendant du duché de Brabant. On sait qu’y vécut Jean-Mathieu Clercx (1706-1788), neveu de l’édificateur d’Aigremont. À la Commission Royale des Monuments et Sites de Liège, on apprend par Pierre Gilissen que le castel fut gravé par Remacle Le Loup pour les fameux Délices du Païs de Liège et qu’il est classé pour ses façades, ses toitures et sa grille de parc, à dire vrai superbe, depuis le 20 octobre 1978.

C’est une bonne chose, mais cela ne sert à rien à partir du moment où les propriétaires ne désirent pas engager de frais de restauration. Se pose alors la question de savoir s’il n’est pas temps de mettre en place un droit d’ingérence pour le patrimoine?

Le ban, le district et l’échevinage de Cheratte étaient régis comme le duché de Limbourg, par l’édit du 12 juillet 1611. La famille Saroléa obtint les faveurs du roi Guillaume Ier. Le 17 octobre 1822, le souverain octroya le titre de baron à Jean-Paul de Saroléa de Saint Rémy de Cheratte, né à Liège le 17 janvier 1792, des oeuvres de son père Paul et de sa mère Anne-Catherine Farcy. Désormais éteinte, la famille conserva Cheratte jusqu’en 1913.

En 1847, les Saroléa débutèrent une activité charbonnière qui ne dura que jusqu’en 1878. Le corps central est disposé en un en double corps sur une longueur de neuf travées qui s’élèvent sur deux niveaux et demi. Le bâtiment compte encore deux ailes dont une est piquée d’une belle tour sommée d’un bulbe et d’une chambre de guet. Le tout est composé de maçonnerie de briques, de calcaire et de tuffeau pour les éléments décoratifs.


Pierre bleue sculptée de feuillages

La façade est, presque intacte depuis le XVIIe siècle, présente un portail d’entrée surmonté d’un exceptionnel panneau en pierre bleue feuillagé, typique des productions liégeoises. Il porte le monogramme GDS. Les baies sont à croisées, sauf exception. Les toitures d’ardoises sont à croupes et à coyaux. Une dame du voisinage qui habite sous le mur de clôture dans un ancien pavillon dépendant jadis de la demeure seigneuriale, nous signalait que le château a été acheté à la fin des années nonante par un habitant de Maasmechelen. Ce monsieur recouvrit de toiles oranges et bleues les toitures béantes, qui se disloquent toujours; il fit et ne fait guère plus. L’intérieur a l’air d’être en piteux état.
Le château des Saroléa attend des jours meilleurs. En cette année 2002, rien n’y a encore bougé. On approche du point de non-retour.


On ne visite pas.



SOURCES
:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 1, Editions Aparté, novembre 2002 
Pierre Lambert de Saumery, Les Délices du Pais de Liège ..., chez Everard Kints 1738