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Le retour à la vie d'Alensberg


Château d'Alensberg - 4850 Moresnet (Plombières)



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  • Le portail d’Alensberg ne sert plus. Il attend des armées de visiteurs quand la tour sera devenue un restaurant. © Philippe Farcy

  • Le donjon est ce qu’il reste du vieux château soufflé par la destruction du viaduc. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Official Name Château d'Alensberg
Location 4850 Moresnet (Plombières)
Construction XVe siècle
Style Traditionnel
Architect
Occupants L'Auberge de Moresnet
Allocation Restaurant
Protection Bien non classé

Last udpate: 24/03/2013



Un donjon perpétue le souvenir d’une ancienne seigneurie.


La guerre, cette chose terrible pour les hommes, ne l’est souvent pas moins pour le patrimoine. Les châteaux de Belgique payèrent leurs dus à ces effroyables événements depuis des centaines d’années. Le dernier conflit du siècle passé n’a pas permis à Alensberg de perpétuer sa discrète gloire. Depuis 1944, seul le donjon a survécu, de même que les fermes posées en contrebas. Or, comme l’indique Guy Poswick dans ses délicieux Délices du duché de Limbourg, le donjon était accolé à une bâtisse de grande et fière allure.



Explosion fatale

Elle ne survécut pas aux dégâts engendrés par la retraite des forces germaniques face aux Alliés. Les Allemands voulurent faire sauter l’immense pont de chemin de fer qui fait face au domaine; il surmonte la vallée de la Gueule. C’était en septembre, le 10. Le pont sauta avec une telle violence que les immeubles avoisinants furent soufflés et ébranlés. Les fermes posées en contrebas, plus trapues, résistèrent mieux. Le château perdit sa toiture et ses fenêtres.

Deux années plus tard, faute de moyens, son propriétaire dut se résoudre à démolir la vénérable bâtisse. Le donjon fut conservé. Vu sa position dominante et sa situation dans une région hautement touristique, ses propriétaires, M. et Mme De Rouck-Willems qui animent l’hôtel restaurant « L’Auberge » à Moresnet ont décidé de lui rendre vie. Une maison de bouche y a été créée et le sommet du donjon sert de terrasse panoramique en été. Cette terrasse avait déjà été aménagée en 1947 mais elle s’était effondrée, faute d’entretien. La restitution de l’antique toiture, très élancée et courbée, n’est pas à l’ordre du jour.



Un burg du Moyen Âge

Dans son état actuel le donjon ou « burg » date du XVe siècle. La ferme divisée en deux propriétés remonte au XVIIe siècle. La bâtisse oblongue, que l’on voit précédée par les fondations de l’ancienne résidence, est construite en moellons de grès; une adjonction de unniveau se trouve à l’arrière et dans le même appareillage. La tour s’élève sur quatre niveaux. Le dernier étage est décoré d’un léger encorbellement soutenu par des consoles (corbeaux) en calcaire. Diverses baies à linteaux droits animent les façades.



Belles familles dont les Cockerill

Pour ce qui est de l’histoire, Poswick la relate avec force détails. Alensberg était l’une des six seigneuries foncières de Moresnet. Son plus ancien maître connu se nommait Jean d’Alensberg en 1467. Il était sans doute membre de la famille des Tzevel. Au début du XVIe siècle, Jeanne de Tzevel était dame d’Alensberg et d’Eynebourg. En épousant Jean de Dobbelstein, elle fit entrer ces domaines dans sa nouvelle famille. Vers 1650, Alensberg passa par mariage à Alexandre de Straet(en), à qui l’on devait le château démoli en 1947. Ensuite le bien passa à son neveu Michel-Henri Schuyl de Walhorn (+1687), sire de Crapoel et mari d’Anne de Budier, dame de Gemmenich.

En 1690, les Straeten récupérèrent le domaine. Par héritage, Alensberg passa à Pierre de la Saulx (1695-1767). Son petit-fils Arnold de la Saulx (1774-1863) en hérita mais il le vendit le 24 juin 1823 à Charles-James Cockerill, frère de John. Charles eut une fille Caroline qui convola avec Charles Suermondt, d’Aix-la-Chapelle, industriel lui aussi. Leur fils Armand décéda ici en 1921. Le frère de ce dernier, Arthur, en hérita mais il défuncta dès 1922. En 1923, la descendance d’Arthur morcela le domaine qui passa, pour le château seul, au notaire Gustave Ernst. Il fut repris par ses enfants en une indivision Ernst-Pirrée puis chez les Pirrée uniquement, via Edith. Celle-ci se maria à Robert Thiéron; ils étaient les châtelains lors de l’explosion de 1944. Le château ruiné appartint depuis lors à diverses familles et est entre les mains porteuses d’avenir des De Rouck-Willems. Deux portails aux armes des Ernst accueillent les chemins d’accès. L’un d’eux porte la date de 1879.





Visites souhaitées.


SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 2, Editions Aparté, novembre 2003

Guy Poswick, Les délices du duché de Limbourg, Archives verviétoises, tome IV, Verviers 1951